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Politique

Blanquer recule partiellement pour calmer la colère mais maintient le cap sur le Bac 2021

A l’approche du Bac, les lycéen.ne.s se mobilisent contre ce qui sera la première version du « bac Blanquer », en dénonçant une année marquée par des conditions d’enseignement dégradées et une gestion sanitaire catastrophique. Face à la colère Blanquer a lâché des « aménagements ».. qui ne répondent pas aux exigences des lycéen.ne.s mobilisé.e.s.

jeudi 6 mai

Crédit photo : Ludovic MARIN / AFP

Depuis la rentrée des vacances de printemps, on assiste dans plusieurs lycées à une mobilisations des élèves face aux bacs blancs et par extension contre le bac qui doit se dérouler en juin. Après un an de pandémie de covid-19, les lycéennes et lycéens ont alterné de période de cours à distance et de cours en demi-jauge, force est de constater que la préparation à l’examen est loin d’être optimale. Le bouclage des programmes est loin d’être homogène suivant les lycées.

En cette fin d’année Blanquer doit non seulement faire face au bilan d’une année passée à mépriser élèves et enseignants, mais il doit également affronter le premier test de la réforme du bac qu’il a imposé depuis son arrivée au ministère. Au cœur de ce nouveau bac il y a le « Grand Oral ». Une nouvelle épreuve 100% orale qui cherche expressément à évaluer les capacités des élèves à prendre la parole en public et à faire preuve de « culture générale ». Par essence, cette épreuve est un outil de discrimination contre les élèves issus des classes populaires, elle a été largement inspirée de ce qui se fait à l’entrée des grandes écoles.

Face à la mobilisation de lycéen.ne.s sur les réseaux sociaux puis aux blocages de plusieurs lycées, le ministre a été obligé de consentir à des aménagements. Ces derniers restent cependant largement insuffisant. Pour la philosophie, la note du contrôle continue sera gardée si elle est meilleure que celle de l’examen et quatre sujets seront proposés à la place des trois sujets habituels. Pour le grand oral, une partie de l’épreuve portera pour moitié sur un support préparé par l’élève, de plus il pourra... informer le jury des sujets qui n’ont pas pu être abordé en classe. Pour les épreuves de français, les lycéens pourront choisir parmi deux textes à l’oral de français.

Ces aménagements restent bien faibles et passent totalement sous silence un autre volet, les problèmes liés au présentiel des épreuves où on a pu voir chez les BTS, que si des élèves sont testés positifs au covid-19 ils sont contraints de passer quand mêmes les examens ou condamnés à avoir un 0.
Ces miettes risquent de ne pas suffire aux lycéen.ne.s qui exigent le retrait des épreuves du bac en faveur du contrôle continu. Comme nous l’expliquait une lycéenne mobilisée : « On est là parce déjà normalement on a un bac inégalitaire, en situation de pandémie on est très mal préparés, les cours en distanciel n’ont pas pu être assuré, on a pas eu des cours adaptés, on veut une annulation des épreuves ou un passage en contrôle continu, on ne peut pas garder des épreuves normales, dans une situation anormale, ce bac est inégalitaire, on ne peut pas ne rien faire » Et c’est dans ce sens là, en pointant une situation particulière due au covid, mais au-delà un examen qui a pour fonction de sélectionner et de jouer un rôle d’écrèmage social que la mobilisation doit aller. Et pendant que Blanquer s’inquiète de préserver la « valeur du diplôme » -et donc la sélection- il casse activement le service public et les conditions d’enseignement. C’est contre le bac Blanquer, la sélection, et pour des moyens dans l’éducation que doivent se battre les élèves et les enseignants qui les soutiennent.




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