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Politique

Réforme des retraites

Blanquer se moque des enseignants en leur promettant qu’ils ne seront pas perdants

Interrogé par France Bleu, Jean-Michel Blanquer a assuré que les enseignants ne verraient pas leurs pensions de retraite baisser avec l'application de la réforme. Il s'y serait même engagé. Pourtant, tout porte à croire le contraire...

lundi 25 novembre 2019

Crédit photo : AFP/ARCHIVES - LUDOVIC MARIN

Dans cette interview, le ministre a une nouvelle fois ressorti la rhétorique favorite du gouvernement à propos de la réforme, à savoir que cette dernière était « juste ». Une justice justifiée par le fait qu’avec l’introduction du système par points « plus simple et beaucoup plus juste », pour reprendre ses mots, chaque travailleur aura le droit au même montant pour chaque euro cotisé. Sauf qu’en réalité, c’est bien un véritable nivellement par le bas que promet cette réforme.

Tout d’abord parce que le montant du fameux point n’a toujours pas été fixé et que la Macronie entretient le flou le plus total sur le sujet. Car à elle seule, cette valeur du point – adaptable selon la conjoncture économique notamment – peut permettre de faire baisser le niveau des pensions à n’importe quel moment !

Et les professeurs dans tout ça ? Ils ne seront pas concernés par cette baisse généralisée, à en croire M. Blanquer, qui défend donc un principe de justice, central dans la réforme, mais qui « pourrait faire perdre les professeurs ». Avant de se reprendre : « on en est complètement conscients. Donc nous travaillons actuellement (…) pour qu’ils n’y perdent pas ». Un travail qui aboutirait – s’il était voué à être mené à bien – à la rupture du principe même de justice entre tous les corps de métier.

Autre problème : le montant des pensions des enseignants est aujourd’hui calculé en fonction de la rémunération des six derniers mois de carrière – et non pas les six dernières années, comme semble le croire monsieur le ministre. Or la nouvelle réforme prévoit que ce montant sera désormais calculé sur l’ensemble de la carrière puisque chaque mois de cotisation de la vie d’un enseignant équivaudra à un nombre de points. Ce qui tend bien sûr à pénaliser les travailleurs ayant connu des périodes de chômage, d’arrêts maladie ou autres.

Mais cela concerne particulièrement les enseignants qui, comme un certain nombre d’autres métiers, voient leur salaire augmenter au fil de leur carrière et seront donc particulièrement impactés par ce nouveau calcul. Mais une nouvelle fois, M. Blanquer affirme qu’il a la parade en promettant étudier la possibilité d’une augmentation des salaires en début de carrière. Une promesse qui reste toutefois très vague, à la fois en terme de temps et de montant. Ce pourrait-il alors que les salaires augmentent au point d’être équivalents à ceux d’une fin de carrière ? Car c’est là la seule solution pour que les enseignants ne soient pas perdants.

Des améliorations « qui ont trop attendu » selon lui, reconnaissant que certains salaires « ne sont pas à la hauteur de ce qu’ils devraient être ». Problème ? Cette possible augmentation des rémunérations a déjà été démentie par Emmanuel Macron lors du débat sur la réforme organisé en grande pompe à Rodez le 3 octobre dernier. « Si je revalorisais, comme je veux le faire, l’ensemble des enseignants […], c’est 10 milliards. On ne peut pas mettre 10 milliards demain, ce sont vos impôts. »




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