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Politique

#BloquonsBlanquer

Blanquer utilise des moyens illégaux pour noter les élèves, les profs bloquent les jurys !

Notes basées sur la moyenne de l’année, notes mises au hasard, élèves notés absent, Blanquer ne recule devant rien, mais les profs bloquent les jurys en masse et les syndicats vont saisir la justice.

jeudi 4 juillet

Un mouvement radical et inédit

Aujourd’hui 4 juillet 2019 restera, quelle que soit l’issue du bras de fer engagé avec Blanquer, une journée où les enseignants auront relevé la tête et tenu bon contre les intimidations et les menaces agitées par le gouvernement. La détermination des enseignants à faire plier Blanquer avec la rétentions des notes et des copies du bac était palpable à la veille du premier jour de remise des notes et des copies. Elle s’est confirmée après la journée du 3 juillet où près de 125 600 copies n’ont pas été rendues. Elle se voit une fois de plus en ce jeudi où, pour la première fois, les jurys ont été perturbé de manière significative et massive sur tout le territoire.

À la veille des résultats du bac prévu pour vendredi, les jurys de délibérations attribuant les résultats, décernant les mentions ou envoyant aux rattrapages les candidates et candidats du bac se tiennent traditionnellement dans les établissements. En fonction des résultats obtenus sur l’ensemble des matières, le jury délibère et arbitre le cas de chacun des lycéens. Or, il manquait à l’appel ce matin quelques 126 500 copies qui rendent donc les résultats des candidats partiels et interdisent donc le jury de statuer.

Face à cette menace de voir des dizaines voire des centaines de jury ne pas pouvoir délibérer, et que « le petit risque » dont parlait Blanquer cette semaine de ne pas voir les résultats du baccalauréat proclamés vendredi se réalise, le ministre de l’éducation a déclaré la veille au soir sur le plateau de BFM-TV que les notes manquantes seront remplacées par la moyenne de l’année dans la matière concernée, moyenne qu’on peut consulter dans le livret scolaire du candidat. Cette « solution technique », comme l’appelle le ministre de l’éducation, vise à pouvoir provisoirement publier les résultats du bac dans les temps en attendant de pouvoir donner les vrais résultats une fois les copies rendues par les enseignants « preneur d’otage ».

Grève des jurys : le contrôle continu de Blanquer ne passe pas

Or, cette mesure décrétée dans la précipitation ne fait pas l’unanimité et les AG des profs en grève ainsi que les syndicats ont immédiatement fait circuler par mail une motion a faire voter dans les jurys le lendemain pour s’opposer à cette manœuvre. En effet, de nombreux enseignants refusent cette décision qui constitue une véritable « rupture d’égalité » entre les candidats. Comment donner le bac à certains sur la base des épreuves finales tandis qu’on donne le bac aux autres sur la base du contrôle continu ? Quel valeur aurait le bac, corrigé de manière anonyme et sur la base d’une épreuve par matière, s’il comportait pour certain des notes corrigées de manière non anonyme et sur la base de plusieurs devoirs ? Blanquer ne semble pas avoir réfléchis à ce problème d’égalité entre tous les futurs bacheliers. Mais il semble bien que l’égalité ce soit le cadet de ses soucis comme en témoignent les réformes de parcoursup, du bac et du lycée.

De nombreux commentateurs se sont amusés de cette situation d’« arroseur arrosé » : les enseignants en grève ont réussi à faire appliquer le contrôle continu dès le bac 2019 alors même que c’est contre cette formule du bac qu’ils se battent. Pourtant, au vu des implications que peut avoir cette introduction du contrôle continu dans le bac de nombreux candidats, il semblerait que Blanquer ait perdu ici des plumes. La violence et l’arbitraire de la démarche fait voir toutes les conséquences que la notation des élèves en contrôle continu peut avoir en terme d’inégalité.

Cette situation, inédite dans les mobilisations enseignantes, a donné lieu à des scènes inimaginables il y a encore peu de temps : des jurys refusent en bloc d’appliquer le contrôle continu, certains enseignants quittent les jurys qui appliquent à la lettre les recommandations de Blanquer, des AG votent une grève reconductible jusqu’à la fin de la semaine... En l’absence d’un mouvement de masse des enseignants ces derniers mois, malgré de nombreuses mobilisations, de tels actes de grève et d’insubordination apparaissent comme inouïe et inespérés. Ils existent pourtant bels et bien.

L’autre point important de la journée, c’est le nombre incalculable pour l’heure de fautes dont Blanquer est responsable en ayant voulu forcer les jurys à proclamer les résultats du bac sans une seconde de retard. Nombre de témoignages abondent de la part de collègues assistant à des jurys où des notes sont attribuées arbitrairement, où des élèves sont marqués absents fautes de notes disponibles, où sans livret scolaire ni note du bac on invente des moyennes imaginaires pour boucler coûte que coûte les jurys. Un recensement de toutes ces atteintes à l’égalité et de toutes ces irrégularités est en cours par les syndicats enseignants afin de documenter au maximum ce sabotage et cette falsification du bac par le gouvernement lui-même et de le porter devant la justice.

Une dignité retrouvée

Les menaces de retenue de deux semaines de salaire et de sanctions que Blanquer n’a cessé d’agiter n’auront pas entamé la détermination des enseignants à lutter jusqu’au bout contre les réformes de sélection sociale et de casse du service publique. Les intimidations et les solutions arbitraires imposées d’en haut et contre la souveraineté des jurys n’auront pas découragé des collègues à quitter leurs jurys et à boycotter les solutions de force que veut nous imposer le gouvernement. Même un Jean-Christophe Lagarde qui soutient que les professeurs grévistes doivent être sanctionné « jusqu’à la radiation » ne paraît pas crédible.

En attendant, les AG d’enseignants continuent de se dérouler partout dans les académies et atteignent des proportions non négligeables rassemblant jusqu’à 600 personnes en AG à Paris. Des milliers de copies restent entre les mains des enseignants opposés aux réformes conduites par Jean-Michel Blanquer, des grèves reconductibles sont votées et l’idée que la peur peut changer de camp s’est installé dans le paysage. Quoi qu’il advienne du mouvement, c’est un acquis de cette journée du 4 juillet 2019.




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