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Blanquer veut sanctionner les « profs décrocheurs »

Jean-Michel Blanquer a trouvé la parade pour masquer sa gestion plus que contestable du confinement et de la continuité pédagogique : taper sur les « profs décrocheurs » et jouer sur le registre des profs feignants.

jeudi 11 juin

Offensive générale contre les profs ces derniers jours ! Après le reportage à charge de France 2 sur « ces profs décrocheurs qui mériteraient parfois un bonnet d’âne... » mardi dernier, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, en remet une couche au micro de RTL en évoquant des sanctions pour les profs décrocheurs. Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage.
 
Tout commence avec une « enquête » de France 2 sur 40 000 enseignants décrocheurs pendant le confinement qui n’auraient pas donné de nouvelles. Dans ce reportage à charge, on filme une collégienne, visage flouté et voix trafiquée « pour ne pas nuire à la scolarité » de la jeune fille comme dans les reportages à sensation. Les enseignants sont présentés comme des terroristes qui peuvent user de menace et se venger sur leurs élèves en toute impunité. Toute une profession est salie en quelques minutes, traitée de « tire-au-flanc qui profitent du système » et ce alors même qu’elle a été mis devant le fait accomplie du confinement du jour au lendemain.
 
Si Blanquer rend hommage rapidement aux enseignants mercredi soir au micro de Thomas Sotto sur RTL, c’est pour mieux asséner un coup aux enseignants décrocheurs « pas à la hauteur de leur devoir » dans la foulée. Se faisant le relais du prof bashing généralisé qui se déchaîne depuis quelques jours dans les médias, le ministre de l’Education nationale promet des sanctions contre les profs « décrocheurs ». Attirant l’attention sur l’exception, Blanquer envoie un message clair et net de reprise en main de l’institution scolaire fortement mécontente de ses réformes et de la gestion désastreuse qu’il en fait.
 
En renversant la vapeur ainsi, Blanquer passe l’éponge sur des semaines de cacophonie dans les annonces gouvernementales sur la continuité pédagogique et les conditions sanitaires de la reprise, continuant de marteler que la reprise est essentielle alors même que les écoles servent davantage de garderie au Medef que de lieu d’enseignement. Le système de prime qu’il veut allouer aux enseignants en fonction de leur implication dans la gestion de la crise du Covid-19, avec des sommes pouvant aller jusqu’à 1000 euros, montre à quel point Blanquer entend gérer de manière managériale la crise en divisant les « bons » et les « mauvais » profs autour des questions d’argent alors que, comme les soignants, ce n’est pas de primes dont nous avons besoin mais de moyens et d’augmentation de salaires.




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