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Politique

Interdiction des flashballs

Blessure de Jérôme Rodrigues : une vidéo montre qu’un LBD a bien été utilisé

Le Quotidien revient sur la polémique de la blessure de Jérôme Rodrigues, figure des Gilets Jaunes. Si le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’intérieur Laurent Nunez dément « l’usage du lanceur de balle de défense à cet endroit », la vidéo récupérée montre l’exact contraire.

mercredi 30 janvier

Jérôme Rodrigues a été éborgné lors de l’acte XI, samedi 26 janvier, place de la Bastille alors qu’il était en train de filmer une intervention policière. Lui et ses proches ont affirmé que cette blessure a été causée par un tir tendu de flashball le visant au visage.

Le soir même, par la voix de Laurent Nunez, secrétaire d’Etat auprès du ministère de l’Intérieur, l’exécutif nie les faits : « je n’ai aucun éléments qui me permet de dire qu’il y a eu usage du lanceur de balle de défense à cet endroit là […]A ce moment là, nous n’avons pas de tir de balle de défense » a-t-il affirmé sur le plateau de LCI. Sauf que les vidéos que s’est procurées le Quotidien montrent le contraire et confirmeraient la version de Jérôme Rodrigues.

La première vidéo diffusée par le Quotidien a été tournée par un documentariste, Florent Marcie, présent place de la Bastille : un groupe de policier s’avance sur la place pour charger des manifestants. On y entend deux sons qu’il analyse : le premier, une déflagration reconnaissable qui dénote l’usage d’une grenade ; le second, un « poc » sec comparable selon Florent Marcie « au bruit d’un bouchon de champagne qui saute ». Pour lel documentariste, il n’y a pas de doute : un tireur de balle de défense a bien été utilisé quelques secondes avant que Jérôme Rodrigues soit blessé.

La seconde vidéo provient d’un live Facebook : sur ces images, c’est la fumée que dégage le lanceur LBD qui est visible et qui est attestée par un membre des forces de l’ordre témoignant sous l’anonymat.

Deux vidéos qui contredisent les propos du secrétaire d’Etat Laurent Nunez et qui mettent un peu plus dans l’embarras l’exécutif. Critiqué sur la question des violences policières, sous pression d’une opinion publique qui dénonce l’usage des grenades et des flashballs, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner avait tenté ces derniers jours de désamorcer la grogne. D’abord, avec une « fuite » orchestrée d’une note de bonne conduite envoyée aux forces de l’ordre, puis par son annonce de l’instauration de caméra sur les policiers pour contrôler les usages de cette arme dite « non-létale ».

La blessure de Rodrigues révèle que les intentions de l’exécutif ne sont nullement de mettre un frein aux violences policières. Les vidéos du Quotidien, qu’il est prêt à mentir pour affirmer le contraire.




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