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Grève du bac

Blocage des E3C : la mobilisation monte d’un cran

Aujourd’hui, début d’une semaine qui s’annonce mouvementée, la mobilisation dans les lycées semble se développer. Dans plus de 40 lycées le déroulement des épreuves anticipées du bac, nées de la réforme des E3C, a été perturbé et souvent les épreuves ont dû être annulées.

lundi 27 janvier

Depuis la rentrée on observe une ébullition du mouvement lycéen. La jeunesse, qui jusque-là avait joué un rôle très discret dans le conflit social en cours, semble progressivement sortir de sa torpeur, aux côtés des enseignants mobilisés. Dans plusieurs établissements, lycéens, professeurs et parents d’élèves ont décidé de se mobiliser contre le maintien des épreuves anticipées du bac Blanquer.

Une mobilisation polymorphe s’est donc mise en place ce matin. Du blocage au débrayage en passant par le « die-in », le flashmob de professeurs ou le refus de composer des élèves, les opposants à la réforme du Bac ont été créatifs.
A Ravel par exemple, une centaine de lycéens, professeurs et parents d’élèves ont organisé un « die-in » en s’allongeant symboliquement devant le lycée avec des pancartes qui disaient « Blanquer nous piétine, et vous ? » avant que les élèves ne refusent de composer, quittant les salles de cours en renversant tables et chaises.

A Bergson un blocus s’est tenu, auquel se sont joints habitants du quartier et grévistes. Là aussi les élèves ont obtenu l’annulation des épreuves. C’est un véritable pied de nez qui est fait à Blanquer, dont les récents propos ont été interprétés comme un mépris envers les professeurs mobilisés.
Massivement critiquée du côté des professeurs comme des étudiants, la réforme du Bac qui instaure les E3C, bute sur une mobilisation coriace.

La mobilisation ne semple pas partie pour s’arrêter. La journée d’aujourd’hui n’est que le point de départ d’une semaine qui se promet d’être chargée. Et ce même dans les lycées ordinairement peu perméables aux agitations sociales. Louis le Grand a ainsi été bloqué deux fois ces deux dernières semaines quand Sainte Louise, un établissement privé, a réussi à obtenir le report des E3C après la mobilisation conjointe des lycéens et de leurs professeurs. Toute la semaine, blocages et manifestations en tout genre sont appelés dans de nombreux lycées contre le maintien de ces nouvelles évaluations.

Si la jeunesse a beaucoup de mal à retrouver sa force passée depuis les échecs des dernières mobilisations en 2016 comme en 2018, les réformes cumulées des retraites, du bac et même de la recherche (LPPR) à l’université lui offrent la possibilité d’enfin se recomposer en tant que mouvement social. La dynamique des professeurs dans les lycées et dans les facs semble lui avoir ouvert la voie pour entrer dans la danse quand le combat des travailleurs en grève depuis plus de 50 jours lui a montré qu’une victoire était possible. Un réveil de la jeunesse pourrait être une incontestable locomotive pour permettre au mouvement de repartir.




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