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Politique

Un programme ouvrier face à la hausse des prix !

« Blocage » des prix : Castex veut nous enfumer ! Suppression immédiate de la TVA et réquisition des superprofits !

Le premier ministre était ce jeudi sur le 20h de TF1 pour réagir sur la hausse généralisée des prix en France (énergies, alimentations, matières premières). Résultat ? La hausse des prix du gaz des six derniers mois est entérinée, y compris celle de 12% au mois d’octobre ! Tandis que la hausse des prix futurs sera étalée dans le temps… Castex veut nous enfumer ! Les profits records des entreprises restent intacts, les travailleurs paieront !

jeudi 30 septembre

Opération communication sur le plateau de TF1 ce soir, le premier ministre était l’invité du 20h pour réagir aux nombreuses hausses des prix de l’énergie. Le premier ministre a notamment annoncé la mise en place d’« un bouclier tarifaire », pour « prémunir [les Français] contre ces hausses de tarifs » reposant sur deux mesures centrales. D’une part, le blocage du prix déréglementé du gaz, de l’autre la promesse de contenir la hausse du prix de l’électricité en février prochain à 4%.

Des mesures qui ne sont en réalité ni plus ni moins qu’un report des hausses dans le temps. Si l’on prend le cas du gaz, depuis janvier 2020, c’est 57 % d’augmentation à ce jour, alors qu’une nouvelle hausse est prévue dès le 1 octobre. Or le blocage des prix ne serait prévu qu’à partir de cette dernière hausse qui est par-là même entérinée par le gouvernement. Au total, c’est pourtant déjà près de 600 euros supplémentaires depuis un an qui pèsent déjà sur la facture d’un ménage moyen. Une flambée exceptionnelle qui vient s’ajouter à celle de l’électricité et du carburant, qui alourdissent encore la note avec 12 % de plus également.

Pire, le « blocage » des prix s’avère en réalité être un lissage, misant sur les baisses « supposées » (!) de prix…au printemps 2022. L’opération consiste à contenir les prix pour les sept mois à venir, puis à répercuter cela sur les factures à venir. Les hypothétiques diminutions de prix à l’international seront donc plus lentes en France. Une mesure « auto-financée » donc, qui se répercutera finalement sur les consommateurs un jour où l’autre. La hausse est en réalité quoiqu’il en soit différé, ce qui ne change rien au pouvoir d’achat. Autant dire que Castex chercher à nous enfumer !

Concernant l’électricité, la nouvelle augmentation est prévue début février 2022, mais l’accumulation poussant à la colère, Castex a annoncé qu’elle serait contenue à 4 % « seulement », avec une baisse des taxes énergétiques. Ce sont
donc malgré tout tout 4 %, qui viendront s’ajouter à l’ensemble des autres hausses. Sur ce terrain, le coût reporté sur les consommateurs est particulièrement scandaleux lorsque l’on sait qu’EDF, entreprise dont l’État reste le principal actionnaire, va réaliser des bénéfices records en 2022.

Enfin, Castex a insisté sur le « geste » préalable du gouvernement : le chèque énergie, qui devait déjà augmenter pour certain foyer dans les mois à venir. Mais le premier ministre l’a lui-même confié, cette mesure est financée par les entrées d’argent supplémentaires à travers la TVA : en effet, l’augmentation des prix a engendré une augmentation des recettes relatifs aux taxes. Sur la TVA, le gouvernement maintient par ailleurs sa position, il n’y aura pas de baisse sur les différentes ressources énergétiques, que ce soit le gaz, l’électricité ou les carburants. Une orientation qui maintient le prélèvement étatique le plus injuste de tous, une taxe qui s’applique de la même façon à l’ensemble de la population quels que soit les revenus. Par-delà la hausse des prix, à l’heure où les inégalités se creusent toujours plus, il faudrait plutôt supprimer immédiatement cette taxe qui ne fait qu’aggraver la situation !

Sur les raisons des augmentations, plusieurs facteurs sont avancés, allant de la reprise économique à l’échelle internationale, dont la France est dépendante sur de nombreux aspects, ainsi que le dérèglement climatique qui augmente les consommations d’énergie l’hiver. Mais ce que ne discutent évidemment pas les médias et les représentants du gouvernement venant faire leur pirouette habituelle, c’est que dans le même temps, des milliards sont distribués aux grands patrons qui engrangent des profits records.

Le cas d’EDF est emblématique sur ce terrain, une taxe sur les bénéfices de ce groupe mais aussi des autres fournisseurs d’énergie permettrait de revenir immédiatement à des prix raisonnables. Certains estiment que seulement 10 % de prélèvement suffirait à ramener le prix du gaz à celui de janvier 2020. Une ponction immédiate même minimale des superprofits que les grandes entreprises se sont fait sur le dos de la crise sanitaire permettrait d’absorber en urgence ces hausses de prix historiques sur un bien de première nécessité.

Les travailleurs de l’énergie seraient les mieux placés pour déterminer réellement la manière dont nous pourrions produire l’énergie dont les grandes entreprises ont pour la plupart été privatisée, générant des profits pharamineux. Si le service public de l’énergie a été ruiné depuis des dizaines d’années, un grand regroupement coordonnant l’ensemble des réponses aux besoins énergétiques sous le contrôle des travailleurs serait la seule réponse permettant de ne pas affronter si régulièrement des hausses de prix astronomiques comme aujourd’hui.

Face à un gouvernement qui cherche à nous enfumer, et alors que les prix ne cessent d’augmenter, il est nécessaire d’opposer un plan d’urgence comprenant à minima les mesures suivants :

-  Suppression IMMÉDIATE de la TVA sur l’énergie, qui est un bien de première nécessité pour les travailleurs

- Réquisition immédiate et rétribution aux consommateurs de l’ensemble des superprofits accumulées par les grandes entreprises de l’énergie

-  S’orienter vers la nationalisation sans indemnité ni rachat des grandes entreprises de l’énergie qui pour la plupart sont en voie de privatisation comme EDF, pour aller vers la création d’un grand service public de l’énergie géré directement par les travailleurs et les usagers.




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