^

Jeunesse

Mobilisation lycéenne

Blocus et manifestation : les lycéens mobilisés malgré la répression

Ce mercredi 4 décembre au matin, une dizaine de lycées parisiens ont été bloqués par des jeunes mobilisés contre la réforme des retraites et pour appeler à la grève générale du 5 décembre. Certains blocages ont été durement réprimés par la police comme au lycée Colbert où les lycéens se sont fait frapper et où deux personnes ont été emmenées en garde-à-vue. Une convergence lycéens-étudiants a pris forme lors d'une manifestation sauvage dans le quartier latin.

mercredi 4 décembre 2019

Crédit Photo // AFP

Alors que plusieurs universités sont mobilisées contre la précarité étudiante et la réforme des retraites, avec de nombreuses assemblées générales pour préparer la journée du 5 décembre, les lycéens sont rentrés dans la danse ce matin en bloquant leurs établissements. C’est avec une grande détermination que les lycées Hélène-Boucher, Maurice-Ravel, Maximilien Vox, Colbert, Racine, Bergson, Victor Hugo, Decour et Monet étaient mobilisés ce matin donnant un avant-goût de ce que la jeunesse peut montrer ce jeudi 5 décembre. Tous les lycéens mobilisées se sont données rendez-vous aux halles de Paris à 11h et une manifestation sauvage est partie pour rejoindre le site du Panthéon de l’Université Paris 1 où devait se tenir une assemblée générale étudiante initialement prévue à Tolbiac avant que la présidence ne décide de fermer le site pour empêcher les étudiants de se mobiliser.

Les lycéens et étudiants scandant « Macron t’es foutu, la jeunesse est dans la rue » se sont dirigés vers l’Université Paris 3 où une AG devait aussi se tenir mais l’université a fermé ses portes devant la manifestation qui a alors rebroussé chemin. Sur la place du Panthéon une AG étudiante rejoint par des lycéens s’est tenu et a voté qu’un cortège jeune se forme dans la manifestation du 5 décembre.

Les forces de l’ordre sont intervenues devant plusieurs établissements ce matin notamment au lycée Colbert où la police a tenté de débloquer le lycée en frappant et gazant les lycéens mobilisés. Un étudiant de Paris 8 venu soutenir le blocage du lycée Colbert s’est fait interpeler et placer en garde-à-vue par les policiers présents sur place. Deux jeunes se sont fait rouler dessus par un camion de police, l’une d’entre eux s’est fait écraser le pied par le pneu du véhicule, elle a été emmenée à l’hôpital avec une cheville cassée. Un rassemblement étudiant et lycéen avait d’ailleurs lieu ce soir devant le commissariat du 10ème arrondissement pour demander la libération de l’étudiant de paris 8, enfermé sans aucun motif depuis ce matin. Au lycée Monet, la police est aussi venue tenter d’empêcher le blocage, elle a relevé les identités de toutes les personnes présentes.

Aujourd’hui, ce sont des centaines de CRS et gendarmes qui ont été mobilisés pour empêcher les blocages à coups de gaz, matraques et interpellations. Une véritable fébrilité de la part du gouvernement, celle de voir entrer la jeunesse dans la bataille. C’est cette même crainte qui a poussé les présidences d’université à fermer tous leurs centres « jusqu’à nouvel ordre » pour empêcher que des assemblées générales, des comités de mobilisation ou des actions ne se déroulent à quelques jours du 5 décembre. Car en effet, ce qui se prépare demain, c’est qu’une jeunesse qui a tout à gagner à lutter pour son avenir rejoigne la colère des travailleurs. C’est aux lycéens de continuer à relever la tête, aux étudiants de les rejoindre, et de participer massivement à ce mois de décembre explosif.




Mots-clés

5 décembre   /    Lycées   /    Répression   /    Jeunesse