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Notre classe

« Seine-Saint-Senis style » contre Blanquer

Blocus et report des E3C dans trois lycées de Saint-Denis

Serrés comme des pingouins devant les grilles ou avec quelques poubelles, c’est avec beaucoup de détermination que les lycéens d’Angela Davis, de Suger et de Paul Eluard ont bloqué leurs établissements mardi 28, mercredi 29 et jeudi 30 janvier… avec succès : un premier report des épreuves de contrôle continu du Bac Blanquer (E3C) a été arraché. La mobilisation se poursuit en dépit de l’attitude du Rectorat de Créteil qui joue le pourrissement.

jeudi 30 janvier

Le réveil des lycéens dionysiens

Le premier coup d’essai, lancé mardi 28 janvier, par les élèves du lycée Suger a été un franc succès. C’était partie remise pour ce jeudi avec un nouveau blocus contre la mise en place des épreuves du Bac Blanquer (E3C) : après avoir lâché le report d’une semaine, la direction du lycée a finalement cédé pour reporter après les vacances.

Même résultat au lycée Paul Eluard : deux jours de blocus et de mobilisation, mercredi 29 et jeudi 30 janvier, auront eu raison de la direction et du Rectorat. Sauf pour les épreuves de langues, l’ensemble des E3C sont reportées à après les vacances.

A Angela Davis, les « panthères » se sont réveillées mercredi : un blocus bon enfant, dans la convergence avec la RATP, les parents d’élèves, les enseignants, avec prises de parole, chant et musique de 7h30 du matin jusqu’à midi a permis d’empêcher la tenue des épreuves de langues. Ici aussi, les épreuves de maths et d’histoire-géo ont été reportées à après les vacances. Les épreuves de langues, elles demeurent prévues pour la semaine prochaine.

Après les lycées Feyder (Epinay-Sur-Seine), Gustave Eiffel (Gagny), de Blaise Cendrars (Sevran), Jean Zay (Aulnay-sous-Bois), trois lycées de Saint-Denis rejoignent la mobilisation des élèves du 93 contre le Bac Blanquer.

Le jeu de pourrissement du Rectorat : multiplier les reports, éviter l’annulation

C’est un premier camouflet pour le recteur de Créteil, Daniel Auverlot, qui affirmait lundi 27 janvier que les épreuves se tiendraient bien avant les vacances. Mais une vraie victoire pour les lycéens dionysiens qui maintiennent leur mobilisation. La stratégie du Rectorat est claire : dans l’Académie de Créteil comme ailleurs, elle consiste à ne rien céder, si ce n’est le report, et faire en sorte que les épreuves se tiennent à tout prix. En attendant, elle joue le pourrissement et n’hésite pas à envoyer la police sur les blocus lycéens.

Pourtant, le Bac Blanquer est contesté de toute part, non seulement pour son organisation – fuites de sujets et inadéquation aux savoirs enseignés, grilles de correction variables – que pour sa philosophie - la mise en place d’un bac local, renforçant les inégalités d’accès aux études supérieures. Mais le Rectorat de Créteil, à l’image de Jean-Michel Blanquer, fait l’autruche et cherche à enliser le conflit.

Obtenir l’annulation des épreuves d’E3C

Déjà des convergences s’organisent sur la ville de Saint-Denis entre les parents d’élèves des trois établissements concernés : une réunion des parents d’élèves des trois établissements demande le report des E3C après les vacances de février et compte bien le faire savoir à la direction Académique.

De même, des convergences se font entre les lycéens des trois établissements concernés qui prévoient de se réunir ce jeudi soir à l’université paris 8.

La demande de report qui porte sur les modalités d’organisation des épreuves est bien légitime. Mais c’est l’esprit global du Bac Blanquer qui pose problème. Les enseignants-correcteurs du bac avaient alerté en retenant leurs notations et leurs copies lors de l’inédite grève du baccalauréat de juin 2019 pour s’opposer à la réforme du lycée.

Avec la mobilisation des élèves, des parents et des enseignants, il devient possible de faire annuler le « Bac Blanquer », d’exiger une épreuve commune à tous les lycéens mais aussi des moyens à la hauteur des besoins pour tous les établissements de Seine-Saint-Denis dont les Dotations Globales sont encore une fois en baisse.

A Créteil comme ailleurs sur le territoire, la mobilisation contre les E3C et la politique de Blanquer ne faiblit pas mais se répand comme une trainée de poudre dans l’Education. Un véritable "climat anti-Blanquer" quoiqu’en dise le ministre...




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