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Bluff de Macron au Mali : la France suspend les opérations militaires conjointes

La décision de suspendre les opérations militaires conjointes avec les forces maliennes témoigne de la pression que Paris tente d’exercer pour garder sous sa houlette les dirigeants maliens.

vendredi 4 juin

Presque deux semaines après le nouveau coup d’État au Mali, plaçant au pouvoir le colonel Assimi Goïta, Paris a annoncé mettre fin temporairement aux opérations conjointes menées par l’armée française et les forces maliennes. Cette mesure fait suite à la suspension du Mali de l’Union Africaine et la CEDEAO et aux menaces de la part d’Emmanuel Macron contre le nouveau régime selon lui trop « proche des groupes islamistes », mais surtout peu garant des intérêts impérialistes français dans la région.

Concrètement cela se traduit par une mise en pause des opérations conjointes entre les forces armées maliennes et françaises, sans pour autant que ces dernières ne se retirent du théâtre des opérations, ainsi que la suspension des formations effectuées par l’armée française auprès des soldats maliens. Cependant, cette mesure ne concerne pas les opérations menées par la force Barkhane toute seule. Autrement dit, le plus gros des troupes françaises et des alliés de la France restent sur place et continuent à agir sur le terrain.

La mesure du gouvernement français a plus d’effet d’annonce mais d’effet concret sera assez relatif car l’objectif réel de Macron c’est de faire pression sur Goïta pour imposer un régime plus stable pour les intérêts des grands groupes impérialistes français dans la région. Dans un contexte de grande concurrence dans la région avec d’autres puissances, Paris tente de s’assurer la soumission du nouveau gouvernement d’un pays que la France a toujours considéré comme faisant partie de sa « zone d’influence ».

Ainsi, cette suspension se veut être « à titre conservatoire et temporaire » et « ces décisions seront réévaluées dans les jours à venir au regard des réponses qui seront fournies par les autorités maliennes », ce qui témoigne de l’impossibilité pour l’impérialisme français de tirer un trait sur son influence dans la région et sur la fin de l’opération « Barkhane ». Les intérêts sont trop grands pour une intervention impérialiste en perte de vitesse importante et de plus en plus contestée dans la région ainsi que sur le territoire français. En effet, la position de Macron sur ce dossier répond sans nul doute également à des impératifs de politique intérieure, notamment à l’approche du début d’une année électorale centrale. C’est pour répondre à l’impopularité de cette guerre en France même que Macron tente un « bluff » sur un potentiel retrait de la France du pays et qu’il prend une mesure limitée comme la suspension des opérations conjointes.

Que le régime de Goïta cède à la pression ou qu’il mette des bâtons dans les roues au contrôle de la France dans la région, il est central de se positionner contre toute issue réactionnaire à la situation au Mali. Les classes populaires sont et seront encore les premières victimes de l’armée française, dont nous réclamons le retrait immédiat de toute l’Afrique et du Moyen-Orient, ainsi que de la junte dictatoriale au pouvoir, qu’il s’agit de dégager dans un mouvement d’ensemble puissant enjoignant la lutte contre les militaires maliens et français. Au Mali comme en France : À bas la dictature militaire ! À bas l’impérialisme français !




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