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Boeing veut 60 milliards de dollars d’argent public tout en supprimant 7000 emplois

Boeing veut supprimer 10% d'emplois dans sa branche aviation civile et même temps la direction demande 60 milliards d’aide à l’État.

jeudi 23 avril

Crédit photo : DR

Selon une information de l’AFP, le géant états-unien de l’aéronautique Boeing va supprimer 10 % de ses emplois dans le civil. La pandémie en est la cause première avec la baisse drastique des commandes et des vols. D’après l’Agence France Presse se sont « les programmes long-courrier 787 et 777 et le monocouloir 737 MAX » qui seront principalement impactés. Il faut rappeler que le 737 MAX est cloué au sol depuis plus d’un an après deux accidents ayant fait 346 morts.

Boeing emploie plus de 160 000 personnes dans le monde dont 70 000 dans l’État de Washington où sont assemblés la majorité de ses avions civils. Cela serait donc près de 7000 suppressions de postes majoritairement dans cet État.

Boeing met en avant le fait qu’il s’agira de départs volontaires. « Nous proposons un programme de départs volontaires pour permettre aux employés américains (...) qui veulent quitter l’entreprise de le faire avec une rémunération des prestations sociales » explique le groupe. Mais ce n’est qu’une première étape puisque Boeing explique ensuite que « ce programme vise à réduire la taille de nos effectifs via des mesures volontaires et, plus important, de minimiser de futures mesures concernant les effectifs » d’après l’AFP.

Si Boeing met en avant des départs volontaires c’est avant tout pour tenter d’éviter un scandale. En même temps que le groupe prépare ces licenciements, il négocie avec l’État des aides publiques. Le plan économique des États-Unis prévoit 2 200 milliards de dollars pour stabiliser l’économie dont 17 milliards de dollars pour les entreprises dîtes essentielles à la sécurité nationale. Or, Boeing a pour principal client le Pentagone. Ce n’est pas pour rien que le groupe ne touchera pas à sa branche militaire. Selon les experts, Boeing touchera la plus grosse partie des 17 milliards.

Auquel il faut ajouter 600 milliards que l’avionneur a demandés sous forme de prêts dans le cadre du plan d’aide du gouvernement. Mais ces aides sont conditionnées au fait que les entreprises s’engagent à ne pas procéder à des licenciements une fois l’argent touché. C’est pourquoi Boeing doit licencier rapidement. Le groupe avait déjà fermé ses usines et les a rouvert cette semaine mais elles tournent au ralenti. La direction doit dégraisser avant les négociations avec le gouvernement fédéral.

La situation économique mondiale est catastrophique avec la pandémie. Les États-Unis ont vu leur taux de chômage exploser, avec plus de 22 millions de nouveaux chômeurs depuis le début de la crise. Les aides de l’État servent à renflouer les caisses des entreprises et les poches des actionnaires mais elles ne sont pas là pour aider les salariés. On le voit avec Boeing aux USA ou Daher en France, le patronat n’hésite pas à sacrifier la vie des ouvriers pour leur profit.

Ces suppressions de postes et licenciements vont propulser des milliers d’ouvriers dans la précarité la plus totale. C’est d’autant plus catastrophique aux États-Unis du fait du système social quasiment inexistant. Ce n’est qu’un début. Plus la crise économique va s’aggraver suite à la pandémie, plus les patrons licencieront, bien évidement après avoir touché grassement de l’argent public.




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