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Boiron : grève nationale contre la fermeture de 13 sites les 646 suppressions d’emplois

Ce mercredi 16 septembre, suite à une initiative intersyndicale CFE-CGC, CFDT et FO, les salariés des laboratoires Boiron était appelés à une grève nationale face au projet de la direction de supprimer 646 postes ainsi que de fermer 13 des 31 sites français. Le laboratoire invoque le prétexte du déremboursement de l’homéopathie pour justifier son offensive contre les salariés.

mercredi 16 septembre

Crédit photo : Le Dauphiné Libéré / Grève à l’usine Boiron du Pontet

Une entreprise française en mauvaise santé, vraiment ?

En juillet 2019, l’ancienne ministre de la santé Agnès Buzyn annonçait un déremboursement progressif du traitement homéopathique en France, de 30% à 15% puis à 0% en 2021. Une décision vivement critiquée par Boiron, leader mondial du secteur de la vente de produits homéopathiques. En mars dernier, les laboratoires Boiron prenaient le prétexte d’une baisse dans leur chiffre d’affaires pour annoncer la suppression de 646 postes et la fermeture de 13 des 31 sites français.

Or, si l’annonce de la suppression de plus de 600 postes (face à la création dérisoire de 134 emplois) fait suite à une baisse du chiffre d’affaire global de… 1,2%, due en grande partie à une baisse du chiffre d’affaires en France de 8,6%, l’entreprise, fait aussi état d’un chiffre d’affaire à l’export en hausse de 20,8% permettant non seulement d’amortir le chiffre global mais aussi de prévoir un avenir économique prospère pour le groupe.

En outre, les syndicats rappellent que l’entreprise décide aujourd’hui d’un plan de licenciements sans même connaître les véritables conséquences du déremboursement comme le souligne Stéphanie Leleu, déléguée CFDT, à France Bleu Normandie : « Ce qu’on ne comprend pas, c’est que l’entreprise n’attend même de savoir quel sera réellement l’impact du déremboursement, et aujourd’hui elle fait un plan qui supprime jusqu’à 25% des effectifs par anticipation, alors que les résultats économiques de l’entreprise auraient permis d’attendre de voir quel était l’impact. »

En outre, les syndicats dénoncent le prétexte utilisé. La baisse du chiffre d’affaire des laboratoires, amorcée avant le début des déremboursements, ne seraient que les conclusions de « mauvais choix stratégiques » selon Valérie Truch, responsable syndicale CFDT, notamment au regard des chiffres positifs à l’international.
Prétexte également pour Martine Grimm, salariée et syndiquée à FO, qui signale à l’AFP que « le déremboursement a accéléré les choses mais je pense que les choses étaient déjà prévues et c’est l’excuse qui permet d’aller plus loin ».

Même son de cloche du côté de Alain Cohard, à la CFE-CGC, qui affirme à France 3 Auvergne Rhône-Alpes : « ce plan de licenciement massif est dû avant tout à des mesures purement financières dictées par l’actionnariat ». Symbole du caractère fallacieux des arguments de l’entreprise ? Celle-ci a versé 17 millions d’euros de dividende à ses actionnaires l’année dernière et enregistré un bénéfice net de 40,6 millions d’euros cette année.

Face à l’offensive de Boiron, les salariés mobilisés et en grève

Face à cette situation, les salariés de nombreux sites de France ont répondu à l’appel de l’intersyndicale hier. Au Pontet, à Canejan, à Pérols, et dans bien d’autres sites Boiron les salariés se sont ainsi rassemblés pour dénoncer le plan de licenciements. Devant le siège de l’entreprise à Messimy, près de Lyon, ce sont près de 300 salariés qui se sont rassemblés pour exprimer leur colère.

L’annonce des licenciements de Boiron d’un quart de ses effectifs s’inscrit dans une vague de plans sociaux ces derniers mois. Si l’on ne peut que dénoncer le manège patronal emblématique du capitalisme, et sa volonté de faire payer les salariés, il devient urgent d’unir les luttes salariales isolées pour faire face à une véritable offensive du côté du gouvernement et du patronat.

En ce sens, la question de la coordination des secteurs et d’un programme de refus radical des licenciements, mais aussi du chômage ou des attaques contre les conditions de travail, doit être posée de façon brûlante. Seule des initiatives en ce sens permettront de dépasser l’isolement qui affaiblit les mobilisations. A l’image des travailleurs de l’aéronautique qui ont choisi de se rencontrer ce jeudi 17 septembre pour discuter de leurs situations et poser les jalons d’une lutte commune, la construction d’une riposte commune devrait devenir une priorité dans les semaines et mois à venir.




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