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Bolsonaro l’ultralibéral : « nous allons privatiser 50 entreprises d’Etat en un an »

Dans son premier discours après le résultat de l’élection au premier tour, l’ultra droitier Jair Bolsonaro, accompagné de son gourou libéral Paulo Guedes, fait appel du pied aux intérêts du marché et du capital impérialistes en évoquant la privatisation des entreprises d’Etat brésiliennes.

« Parmi les 150 entreprises d’Etat environ, au moins 50 seront privatisées ou simplement liquidées, dès la première année ». Voilà ce qu’a déclaré le candidat d’extrême-droite arrivé en tête au premier tour. C’est un signal clair pour les marchés qui, ces derniers jours, exigeaient des garanties sur le programme néolibéral défendu par son économiste Paulo Guedes pour s’assurer qu’il serait mené à bien par le candidat du Parti Social Libéral. Bolsonaro a également fait un clin d’œil au président des États-Unis, Donald Trump qui avait menacé cette semaine le Brésil, critiquant la soi-disant dureté brésilienne dans les relations commerciales avec les États-Unis. Sans citer le président américain, Bolsonaro a toutefois déclaré que « nous allons nous rapprocher des grandes nations, nous allons mener une politique extérieure sans biais idéologique ». Implicitement, cela revient à subordonner encore plus la politique extérieure brésilienne aux intérêts impérialistes.

Le discours de Bolsonaro a été empreint de beaucoup de démagogie et a essayé d’atténuer le poids de toutes ses déclarations racistes, sexistes et LGBTphobes. Face à la polarisation en cours au sein du pays, il a tenté d’utiliser sa base d’ultra droite en présentant le PT, et la gauche en général, comme les grands responsables de la crise capitaliste et en se désignant comme la seule alternative capable de sauver le pays. Il a également mis en évidence sa proximité avec la majorité des députés à Brasilia et le soutien que lui ont apporté plus de 300 parlementaires. Des coordonnées politiques qui devraient lui ouvrir la voie à la mise en oeuvre des attaques annoncées.

Il devient de plus en plus clair que l’opération anticorruption « Lava Jato » plutôt que de lutter contre la corruption, endémique au sein des institutions politiques brésiliennes, était destinée à promouvoir le candidat capable de mettre en œuvre les réformes et les ajustements du système capitaliste. Manipulant ouvertement les informations au service de la continuation de ce putsch, Bolsonaro a déclaré tout son soutien à cette opération, « notre juge, Sergio Moro [un des principaux instigateurs du coup d’Etat institutionnel contre Dilma Rousseff et Lula en 2015] ne sera pas écarté ».

La stratégie du PT qui a consisté à canaliser la puissance de la classe ouvrière et de la jeunesse vers la voie électorale s’est d’ores et déjà montrée impuissante à faire face à une extrême-droite qui devient chaque jour plus forte, avec un discours et des pratiques radicales contre la gauche et les secteurs progressistes. Face à ces élections manipulées, l’alternative, comme le PT l’a signalé juste après le premier tour, ne peut pas être celle de renouveler un pacte avec les mêmes putschistes qui ont ouvert l’espace pour que Bolsonaro et l’extrême droite se renforcent.

Pour lutter contre cette extrême-droite qui déteste les travailleurs, les femmes, les LGBT, les noirs et les indiens, il est nécessaire de s’organiser dans chaque lieu de travail et d’étude, en construisant une grande force anticapitaliste, capable de faire, par la voie de la lutte de classe, que ce soit les capitalistes qui paient pour la crise.




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