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Bolsonaro ordonne la commémoration du coup d’état militaire de 1964

A l’approche du 31 mars, veille des évènements qui ont résulté le 1er avril dans un coup d'état militaire, Bolsonaro ordonne la commémoration dans les casernes de la date qui marque les 21 ans de la dictature militaire.

mardi 26 mars

Les positionnements nostalgiques de Bolsonaro envers la dictature est déjà connu, mais il a franchi un cap ce dernier lundi 25 mars à travers son porte-parole qui a annoncé les ordonnances du président au Ministère de la Défense d’organiser les « commémorations qui se doivent » pour le 55e anniversaire du coup qui a donné lieu à la dictature militaire au Brésil. Ce gouvernement, qui est celui qui compte le plus de militaires depuis la dictature, est allé loin dans déclarations honteuse – et même revisionnistes– de son gouvernement. Cette déclaration, en plus de déshonorer les morts, les disparus et les torturés de la dictature, expriment bien une politique à l’instar des années sombres au Brésil, anti-travailleur et soumise aux intérêts impérialistes étatsuniens.
Encore en 2016, dans le contexte du vote de la destitution de la ex-présidente du Parti des Travailleurs, Dilma Rousseff, Bolsonaro a dédié son vote « à Dieu, à la famille, aux forces armées, contre les communistes et à la mémoire du colonel Carlos Alberto Brilhante Ustra », ancien tortionnaire de la dictature, connu pour torturer l’ex-présidente. Et plus récemment, dans un évènement, Bolsonaro a conférée aux forces armées le droit de définir, en dernière instance, le destin du régime politique dans le pays avec ceux qui « aiment la patrie, la famille et qui veulent l’approximation des pays avec une idéologie similaire à la nôtre » . Qu’est-ce qui se cache derrière ces déclarations ?
La nostalgie et l’exaltation des forces armées est lié à son projet politique réactionnaire d’alignement politique aux intérêts impérialistes étatsunien, comme l’on a pu voir récemment avec le rencontre de Bolsonaro avec Trump, et des attaques encore plus profonds à la classe des travailleurs telle que la réforme de retraites, mesure-phare de son gouvernement. Il est sous-entendu l’emplois de mesures plus répressives contre tout mouvement sociaux qui s’opposent aux réformes tant attendu par la bourgeoisie.

Mais derrière la rhétorique agressive, qui rappelle une idéologie « guerre froide », farouchement anti-communiste, des contradictions continuent de parcourir la politique de Bolsonaro. Par ce discours nostalgique de la dictature militaire, il s’agit d’offrir des gages symboliques à l’armée, composante clé des classes dominantes. Car outre sa côte de popularité qui chute avec ses attaques anti-populaires, contre la jeunesse, les travailleurs et les minorités, c’est l’appareil d’état et militaire qui s’impatiente, voyant que Bolsonaro semble plus enclin à traquer une imaginaire menace communiste qu’à mener à bien les réformes pour lesquelles il a été élu – sans compter les affaires de corruption qui entachent son image de président « anti-corruption » construire au cours de la campagne présidentielle. « Mais fin février, une étude de l’institut CNT/CMA révélait que les Brésiliens n’étaient plus que 39 % à avoir une opinion positive sur le président, écrit un article du Monde. Aux affaires de détournement de fonds visant sa formation politique – le Parti social-libéral (PSL) – se sont ajoutés les soupçons de malversations visant son fils, Flavio. Jair Bolsonaro a aussi suscité le malaise au sein de la communauté financière, qui s’est affligée de sa prestation au Forum économique mondial de Davos (Suisse). En politique étrangère, ses accents belliqueux envers le Venezuela de Nicolas Maduro ont obligé les militaires, présents en masse au sein de son gouvernement, à reprendre en main le dossier de la crise vénézuélienne pour éviter au Brésil de se lancer dans un conflit coûteux, impopulaire et incertain. Impulsif, agressif, médiatique, Jair Bolsonaro laisse planer le sentiment d’être débordé par sa fonction. « Il est peu probable que Bolsonaro soit, à ce stade, victime d’un impeachement. Mais il est clair qu’il perd peu à peu le contrôle de la situation au profit des militaires », observe le politologue Ruda Ricci. »




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