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Bordeaux. 200 personnes à la Marche des Solidarités pour la régularisation de tous les sans-papiers

Ce vendredi a eu lieu à dans plusieurs villes de France l’acte 4 de la Marche des solidarités. A Bordeaux environ 200 personnes étaient présentes au rassemblement pour témoigner leurs solidarité à la cause des migrants, écouter les prises de paroles et marcher aux cotés des Sans-papiers.

samedi 19 décembre 2020

Malgré un mouvement d’ampleur réunissant des dizaines de milliers de personnes lors des premiers actes, et ce malgré l’interdiction d’une partie de l’acte 3 de la marche du 17 octobre dernier à Paris, force est de constater qu’en matière d’immigration et de droit aux immigrés l’offensive sécuritaire de Macron et son gouvernement constitue une attaque de plus pour les migrants, dans un contexte sanitaire où ils sont d’autant plus vulnérables.

Un Acte 4 était donc nécessaire pour rappeler au gouvernement que les immigrés existent bel et bien sur le territoire et qu’ils luttent avec acharnement pour survivre, pour vivre ; pour obtenir des droits aux “pays des droits de L’homme"... dans lequel ils n’en ont pas. L’appel est donc lancé dans plusieurs villes en France pour l’acte 4 de la Marche des sans papiers.

A Bordeaux un appel a également été lancé et c’est une environ 200 personnes qui se sont retrouvées place Stalingrad pour apporter leur soutien, écouter les prises de paroles et marcher ensuite en cortège jusqu’à la Place de la Bourse. Des organisations de la gauche politique et syndicale ont répondu à l’appel telles la CNT, Le NPA et le NPA Jeunes, la CGT Gironde, Bordeaux en luttes, la FSU, le syndicat Sud ou encore le CLAP 33. A cela il faut ajouter la présences de jeunes du squat Le Kabako, un lieu de vie et de luttes pour les Mineurs non accompagnés soutenu par un collectif d’associations du même nom.

Plusieurs prises de paroles ont eu lieu dont la plus marquante fut celle d’un sans papiers, qui rappelle dans son discours l’ampleur de la mobilisation de la marche des solidarités en France et interpelle directement à plusieurs reprises Macron, qui malgré tout cela, n’a pas eu un mot pour les sans papiers sur le territoire. Il rappelle notamment “que le 17 octobre dernier malgré le couvre-feu, malgré l’horreur de l’assassinat d’un professeur la veille, malgré le black-out médiatique sur notre mouvement et malgré l’interdiction de manifester dans tout l’Ouest parisien nous étions des dizaines de milliers, ensemble, avec et sans papiers, venues de tout le pays pour la liberté et l’égalité des droits, pour la régularisation de touTes les Sans-Papiers, unies contre le racisme, la xénophobie et l’islamophobie.”.

Il rappelle aussi à ceux qui l’auraient oublié, l’implication de la France dans de nombreux pays, son caractère impérialiste et belliqueux qui est la cause directe de nombreux mouvements migratoires. Il ajoute également à l’adresse des migrants, des collectifs qui les accompagnent ainsi qu’à l’attention des syndicats : “Des collectifs de solidarité existent et se sont mobilisés sur tout le territoire. Sans eux la Marche aurait été impossible. Là où ils n’existent pas encore, il faut les construire. Là où ils existent il faut les développer et multiplier les actions. Syndicalistes et syndicats se sont mobilisés auprès des Sans-Papiers. Nous appelons les Sans-Papiers qui travaillent à rejoindre un syndicat et les syndicats à porter haut la lutte pour la régularisation des Sans-Papiers.”

Des modalités d’organisations qui nous semblent indispensables pour massifier et faire converger les fronts et les luttes dans une période où l’offensive est globale. "Ce n’est pas l’immigration qui crée un dumping social, ce sont les inégalités et la précarisation de toute la main-d’œuvre. Nous appelons à participer aux actions qui seront organisées par les sections syndicales et syndicats et pour lutter contre les attaques dans les entreprises et les différents secteurs, notamment la santé et l’enseignement. Nous appelons à préparer les conditions d’une journée de grève interprofessionnelle pour l’égalité et la régularisation des sans-papiers. Nous appelons à participer aux luttes contre les centres de rétention, pour un logement décent pour tous et toutes et contre les expulsions."

Pour résoudre cette situation seule la mobilisation de l’ensemble des migrants et leur coordination avec les autres secteurs, avec le mouvement ouvrier et syndical, pourra imposer un véritable rapport de force pour exiger l’ouverture des frontières, la réquisition des logements vides et la libre circulation et d’installation des personnes qui fuient vers la France et l’Europe pour en finir avec le carnage en mer Méditerranée. Il est également central d’avancer la régularisation de tous les sans-papiers ainsi que le partage du temps de travail entre toutes et tous, pour en finir avec le chômage et pour un accueil et des conditions de vie dignes. Enfin, nous prenons position pour le retrait de toutes les troupes en Afrique et au Moyen-Orient, contre l’impérialisme français, et pour la fermeture de tous les centres de rétention.




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