^

Jeunesse

Un toit pour tous !

Bordeaux. 200 personnes devant le Crous en soutien aux étudiants expulsés

Ce mercredi, à l’initiative du Poing Levé et de Révolution Permanente, s’est tenu un rassemblement de soutien aux étudiants expulsés de leur logement universitaire par le Crous. A l'appel de quinze organisation près de 200 personnes se sont retrouvées pour revendiquer le relogement des étudiants, et plus largement la réquisition des logements vides afin d’assurer un logement pour tous.

vendredi 16 septembre

Ce mercredi, près de 200 personnes se sont réunies devant le siège administratif du Crous à Bordeaux en soutien aux vingt-trois étudiants qui sont expulsés de leur résidence universitaire depuis début septembre. À l’appel du Poing Levé et de Révolution Permanente, le rassemblement a réuni quinze organisations signataires, parmi elles des organisations politiques (RP, LFI, NPA), des associations (Planning familial, YFC), mais aussi des syndicats du monde du travail avec la CGT blanchisserie, la CGT Magna et la CGT éducation.

Au-delà de ces organisations, de nombreux jeunes ont fait le déplacement pour soutenir les étudiants expulsés. « Je suis présent car je trouve cette situation révoltante, ils ne devraient pas être menacés de se retrouver sous les ponts, ils devraient logés quelques soient leurs nationalités !  » lance un étudiant. «  En tant qu’étudiante à l’université de Bordeaux, je trouve cette situation inhumaine, alors qu’ils devraient étudier, leur priorité c’est de trouver un toit et ce n’est pas normal  », nous répond une autre.

Après de nombreux applaudissements et de slogans de soutien, Aurélien, étudiant en 3ème année d’informatique qui fait face à la politique d’expulsion du Crous, a rappelé les méthodes employées par le Crous pour faire «  déguerpir les étudiants. Ce sont des méthodes d’intimidation où ils font intervenir des huissiers de justice qui viennent pour nous dire que si nous ne rendons pas nos clés, cela aura des répercussions sur notre vie d’étudiant. C’est aussi une mise sous pression psychologique, ils viennent régulièrement frapper à nos portes tôt le matin. Il y a aussi les méthodes illégales employées par le directeur qui consistent à nous couper l’électricité, à changer les serrures, et tout cela est totalement inadmissible.  »

Il a également dénoncé le caractère raciste des expulsions, en effet se sont « seulement des étudiants étrangers qui ont mis dehors par le Crous. » A ce titre également, une ancienne étudiante à la rue venue témoigner de son parcours au micro de Révolution Permanente, explique qu’après avoir intégré « l’association des étudiants marocains et sénégalais de Bordeaux dans la commission sociale d’urgence logement  », tous les jours elle reçoit « des messages d’étudiants et d’étudiantes qui sont à la rue. »

Les cas d’expulsion au village 5 de Bordeaux (logement crous) permettent de mettre en lumière une problématique beaucoup plus large sur le logement et la précarité étudiante. L’enquête réalisé en 2021 par Le Poing Levé (sous le nom Onzième Thèse à l’époque) avait révélé que 47 étudiants se déclaraient sans logements (sur près de 5 000 réponses) et près de 600 avaient quitté leur logement durant la crise, dans l’impossibilité de payer le loyer ou à cause de leur insalubrité.

C’est à titre que Jahan, élu au Conseil d’Administration de l’UBM pour Le Poing Levé affirmait, encore plus dans le contexte de l’explosion des prix de l’alimentation, de l’énergie et du logement : « nous ne devons plus accepter que des étudiants puissent être mis à la rue comme c’est en train d’être fait. C’est des situations inhumaines. Il faut nous battre pour que tout le monde ait accès à un logement digne. A Bordeaux il y a plus de 20 000 logements vides, il faut les réquisitionner pour l’ensemble des personnes dans le besoin est un toit ! »



Mots-clés

Crous   /    Université de Bordeaux   /    Université Bordeaux Montaigne   /    #LaPrecariteTue   /    Jeunesse   /    Bordeaux   /    Précarité   /    Jeunesse