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Du Pain et des Roses

Bordeaux. 4 colleuses en garde-à-vue pour avoir dénoncé la politique raciste de la préfète

Après l'expulsion de plusieurs squats où vivaient des centaines de familles, en laquelle la préfecture de Gironde est experte en la matière, celle-ci s'attaque cette fois-ci à quatre militantes féministes qui ont fait un collage dénonçant la politique raciste et répressive de la préfète.

mercredi 17 février

Crédits photo : Collages Féministes Bordeaux

Alors que la préfecture de Gironde a lancé de nouvelles offensives contre les secteurs les plus précaires de la métropole, en procédant à plusieurs expulsions, dont la Zone Libre, qui abritait plus de 80 familles, elle s’attaque désormais aux militant.e.s qui dénoncent sa politique raciste et sécuritaire.

Ce sont quatre militantes des collages féministes Bordeaux, qui ont été arrêtées et mises en garde-à-vue pour avoir collé un message "T’en as pas marre de faire pleurer les enfants Buccio" contre la Préfecture.

Le collectif Du Pain et Des Roses a publié un communiqué en soutien aux quatre militantes, contre la politique sécuritaire et xénophobe de la Préfète, et pour l’annulation de toutes les sanctions et amendes envers les colleuses.

Communiqué de soutien aux colleuses arrêtées pour avoir dénoncé la politique raciste et autoritaire de la Préfecture !

Après l’expulsion et la répression des habitants et des soutiens du squat La Zone Libre, d’une violence sans précédent, qui a mis à la rue plus de 350 personnes dont 110 enfants, la préfète de la Gironde, Fabienne Buccio, s’en prend maintenant au collectif féministe des colleuses pour avoir collé des feuilles de papier dénonçant sa politique : “T’en as pas marre de faire pleurer des enfants Buccio”.

Les quatre militantes concernées, déjà précaires de par leur situation comme étudiantes, ont subi 24H de garde-à-vue, et écopé d’une amende de 500 euros chacune. Après avoir été aussi perquisitionnées, elles sont de nouveau convoquées le 11 mars pour une autre amende, et une policière a porté plainte contre une d’elle pour violence.

Une sanction inadmissible qui rappelle la politique autoritaire et sécuritaire du gouvernement, et où dénoncer la politique raciste et répressive de la préfecture devient un délit.

Alors qu’une somme astronomique a été déboursée pour l’expulsion de la Zone Libre, en termes de dispositif policier et pour expulser les migrants dans des centres d’hébergement pour trois jours dans des destinations aléatoires, la préfète, choisie par le gouvernement, perpétue le racisme structurel et la politique sécuritaire. Les expulsions et menaces s’enchaînent sur la métropole, et on ne compte plus les actions de la préfète elle-même, qui n’en est pas à son coup d’essai, et avait déjà démantelé la jungle de Calais.
Une politique cautionnée par la mairie de Bordeaux, qui tout en s’affichant opposée à la préfecture, ne met en place aucun plan de réquisition immédiate des 22.000 logements vacants sur la métropole ni aucune mesure pour accueillir l’ensemble des personnes dans le besoin.

Pour toutes ces raisons, nous dénonçons le deux poids deux mesures et la répression des quatre militantes féministes qui sont sanctionnées durement pour avoir fait un collage, et soutenons leur message contre la préfecture et sa politique raciste. Nous demandons l’annulation immédiate des accusations et des amendes contre les colleuses !

Pour les aider, vous pouvez participer à leur cagnotte pour leurs frais juridiques !




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