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Bordeaux. 700 manifestants pour « la fin du mépris » sur les bancs de l’école

En plein confinement, l'intersyndicale de Gironde a appelé ce mardi 10 novembre à la grève et à venir manifester. 700 personnels de l’éducation du primaire et du secondaire étaient présents à Bordeaux, dans la lignée de leurs collègues d’Ile de France, mobilisés depuis une semaine contre un protocole sanitaire inconséquent.

mardi 10 novembre

Selon le ministère de l’Éducation nationale, les chiffres de participation à la grève « sanitaire » des profs ce mardi sont de 8,8% en primaire et 10,3% en secondaire. La Snes-FSU a revendiqué près de 45 % de grévistes au collège. Appelée par une intersyndicale (FSU, Fnec-FP-FO, CGT, Éduc’Action, Snalc, SUD et SNCL-Faen), une manifestation a également eu lieu à Bordeaux. Selon l’intersyndicale, 700 personnes ont foulé les rues de Bordeaux, de la Victoire au Rectorat, pour dénoncer le mépris du gouvernement quant à la situation dans les écoles, lycées et collèges. Des classes surchargées, qui à l’heure de la reprise en flèche des contaminations avec la seconde vague, mettent en danger l’ensemble du personnel, des élèves et de leurs familles. Ce qu’ils réclament, c’est la fin du mépris, et surtout des moyens supplémentaires pour faire face à la crise sanitaire dans les bahuts sans lesquels les protocoles sanitaires n’ont aucune utilité.

Alors que les 4 de Melle sont toujours menacés de sanction, les enseignants dénoncent l’hypocrisie du gouvernement et en particulier du ministre Blanquer, dont ils réclament la démission. Alors qu’il brandissait la liberté d’expression il y a quelques semaines en instrumentalisant la mort de Samuel Paty, il muselle les profs qui ont osé s’opposer l’an passé aux réformes du bac et les E3C, en bloquant avec les lycéens leurs bahuts. Des représentants du comité de soutien étaient présents à la manifestation, brandissant des pancartes en leur solidarité.

En plein confinement, la mobilisation dans l’éducation nationale est le premier phénomène subversif qui remet en cause la gestion policière de la crise sanitaire. Et pour cause, en Île-de-France, les lycéens qui ont bloqué leurs établissements se sont fait violemment réprimés par les forces de police qui ont rappliqué en tirant au LBD sur un jeune lycéen à Paris, comme l’a rappelé un manifestant au micro.
Une première à Bordeaux, qui bien qu’elle a réuni plusieurs centaines de manifestants, manquait de lycéens. Ceux-ci se sont pour l’instant surtout montrés dans des blocages successifs en Île-de-France où le virus circule de manière virulente, avec l’appui des profs et des parents d’élèves. À Bordeaux, plusieurs tentatives de blocages ont eu lieu, mais démantelées par la police qui est venue systématiquement sur place pour remettre les jeunes au pas. Vendredi, des lycéens de Montaigne appellent à un blocage sur leur page instagram.

Sur leur compte, ils viennent également de lancer leur propre tribune « Pour une réorganisation démocratique du lycée face à la crise sanitaire » où ils revendiquent
« Des embauches massives d’enseignants, personnels, AED, pour permettre le maintien des cours en demi-groupes avec les moyens sanitaires et humains nécessaires.Blanquer n’a pas tenu ses responsabilités en tant que Ministre de l’Education nationale : il doit par conséquent démissionner de ses fonctions ! »




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