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Politique

« Blanquer démission ! »

Bordeaux. Blanquer conspué par une centaine de profs

Après le bras de fer entre Blanquer et les profs en grève pour le Bac, le ministre était en visite à Lormont, dans la banlieue bordelaise. Il a eu droit à un comité d’accueil digne de ce nom. Une centaine de profs l’ont copieusement hué et ont réclamé sa démission.

lundi 8 juillet

Crédit photo : AFP

Jean-Michel Blanquer était à Lormont, dans la banlieue de Bordeaux afin de tenir sa première « permanence ministérielle ». C’est l’une des idées de Macron pour répondre à la crise des Gilets Jaunes : faire en sorte que les ministres aillent sur le terrain pour discuter de la politique du gouvernement. Bien évidemment, avec des élus ou avec des personnes triées sur le volets.

Une centaine de profs sont donc venus « échanger » avec « leur » ministre. Blanquer a été copieusement hué et a été accueilli par des « Blanquer démission ! ».

Visiblement, les profs n’ont pas l’intention de baisser les bras malgré la manière avec laquelle le ministre a contourné la grève et la rétention des notes, avec des actes illégaux et en bafouant l’égalité des chances, à coup de menace et de pression.

Dans la continuité des déclarations de Macron, Blanquer a expliqué que « tous les Français doivent avoir une image magnifique des profs, c’est le plus beau métier de la République. Moi je n’ai pas envie qu’une petite minorité donne cette image-là ». Ces profs qui subissent les attaques du gouvernement avec toujours moins de moyens pour enseigner, avec des salaires dérisoires et qui luttent pour défendre leurs élèves doivent faire face à la morgue habituelle du ministre qui minimise avec dédain la mobilisation des profs : « C’est un petit nombre de personnes qui cherchent à faire du bruit et qui ne sont pas représentatifs de la majorité des professeurs ».

De plus, alors que les enseignants dénoncent le manque de dialogue, Blanquer va jusqu’à dire qu’il a « déjà fait énormément de dialogue, contrairement à ce qui se dit. Cette réforme a été faite en consultation avec des milliers de gens et j’ai très souvent rencontré les syndicats enseignants. Du dialogue, il y en a eu et il y en aura. Ma porte est ouverte. Je dois voir les syndicats ces prochains jours ».
Des mensonges et un dédain qui vont sans doute motiver encore un peu plus les profs à reprendre la mobilisation lors de la prochaine rentrée scolaire. On verra bien alors si Blanquer fait toujours le beau devant les caméras et les micros.




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