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Notre classe

Tous unis contre l'expulsion des lieux de vie !

Bordeaux. Buccio et Hurmic main dans la main pour l’expulsion de demandeurs d’asile et sans-abri !

Les lieux de vie de l'Éclaircie et la Vie est Belle sont toujours menacés d'expulsion, celle-ci devient imminente : Hurmic et sa mairie s'entêtent. Une conférence de presse s'est tenue ce jeudi 17 juin, dans le plus grand lieu de vie occupé de l'agglomération bordelaise. Des représentants des associations ont fait un état des lieux de la situation des habitants et des maigres options proposées par Harmonie Lecerf, adjointe à la Mairie de Bordeaux et vice-présidente du CCAS, pour reloger les habitants. En contrepartie le CCAS, propriétaire des lieux, a demandé le concours de la police auprès de la préfecture.

vendredi 18 juin

Malgré le report de l’expulsion, initialement prévue pour décembre 2020, la date du délogement aura lieu au plus tard le 10 juillet, le 1er juin étant trop proche du calendrier électoral. Cela est clair comme de l’eau de roche : la Mairie EELV ne veut pas payer le coût politique d’une expulsion avant les régionales et les départementales, qui pourrait influencer leur électorat.

La destruction du bâtiment devrait commencer fin juillet/début août, et un diagnostic d’amiante se fera mi-juillet. Juliette, du collectif « Partout chez elles » a demandé s’il était possible de prolonger le maintien des habitants sur place lors de ce diagnostic, dans l’attente de solutions de relogement, mais a essuyé un refus de la part des autorités.

Crédits photo : Juliette, du Collectif Partout Chez Elle

Pas d’arbres pour les enfants de ces lieux de vie

Malgré les teintes écologistes et sociales avec lesquelles la mairie EELV veut se repeindre, c’est une toute autre réalité à laquelle font face les enfants, familles, femmes et hommes isolés des deux lieux de vie. Pendant que le maire bordelais célèbre la « fête du vin », une issue catastrophique attend la centaine d’habitants de l’ancienne maison de retraite de La Clairière. Comme le pointe Rue89 Bordeaux, le sort des habitants de l’ancien lieu de vie « la zone libre », est une véritable calamité humanitaire après l’expulsion de cet immense lieu de vie qui accueillait près de 300 personnes.

Seules onze familles sur vingt-trois ont une possible solution de relogement, dont une qui n’est pas pérenne, concernant une femme enceinte qui serait relogée le temps de sa grossesse. Une soixantaine d’hommes et treize femmes se retrouveront sans solution d’hébergement. Mardi dernier, une seconde fois un « diagnostic social » a été mené par la préfecture en lien avec le CCAS de Bordeaux et l’office français d’immigration.

« Une gestion catastrophique du patrimoine foncier qui pourrait être mis à disposition, par exemple pour reloger toutes ces personnes » explique Morgan Garcia de l’association Médecins du monde, poursuivant sur la situation des personnes ayant une obligation de quitter le territoire français « Il faut les régulariser, c’est la solution [...] c’est comme ça qu’on résoudra le problème, pas en se défaussant sur le voisin et sur d’autres échelons de responsabilité ».

« On est en train de criminaliser des personnes alors que c’est vraiment les pouvoirs publics, et au premier plan les services de l’état qui sont défaillants et qui sont criminels » défend toujours le militant de Médecins du monde.

Un enjeu économique et immobilier important

Malgré les promesses d’aménagement du calendrier de la part de la Mairie de Bordeaux et d’Alain Anziani, maire de la commune de Mérignac et président de Bordeaux Métropole, les dates de délogement puis de lancement des travaux sont déjà fixées entre la préfecture, la métropole, le CCAS et la Fab, -chargée de réaliser les travaux-, avec l’excuse de l’ouverture d’un centre scolaire, qui précédera la construction de logements haut de gamme et d’un centre commercial. « Cela démontre qu’on a mis la priorité sur des enjeux immobiliers et pas du tout sur un intérêt humain » rétorque Juliette.

En effet, derrière le délogement de ces lieux de vie, un grand projet métropolitain de 30 hectares de terrain, équivalent à plusieurs millions d’euros d’investissement pressent les représentants des institutions à l’expulsion des habitants. La construction d’un groupe scolaire pour un montant estimé de 12,7 millions d’euros comprenant 17 classes sert d’alibi aux autorités métropolitaines pour avancer le calendrier des ouvrages.

Au delà des arguments avancés par les autorités, la réalité est que sur la commune, trois écoles sont déjà fonctionnelles et seront rasées pour laisser place à ce projet immobilier : « On est dans le domaine du mensonge » assure indigné le représentant de l’association « Gradignan la zac autrement », qui poursuit « c’est une stricte et pitoyable opération de promotion immobilière, on veut vider tous les équipements publics qui sont de l’autre côté de la rue, une très grande école primaire, deux écoles maternelles, une salle de réunion, une salle de sport et une maison des jeunes » poursuit-il ,« mais avant de démolir il faut reconstruire une école et pour la construire, il faut démolir La Clairière et c’est pour ça qu’on rejoint Juliette et son combat ».

Selon les membres des associations présentes à la Conférence de presse, le CCAS de Bordeaux gagnerait dans cette affaire entre 15 et 20 millions d’euros. Cette énorme opération immobilière vise à pouvoir surenchérir les prix de l’immobilier sur la commune de Gradignan, prolongeant le projet de gentrification d’une ville qui s’embourgeoise au fur et à mesure des années.

L’Eclaircie était anciennement un EHPAD à l’abandon (La Clairière), dont la Mairie de Bordeaux est propriétaire, un legs fait à Bordeaux en 1920 par une riche famille industrielle. Un legs d’après-guerre dont l’enceinte abritait l’ancien Château Lafon et sa propriété de 32 hectares, avec en plus de cela 1 million de francs de l’époque. Ce legs comportait des conditions d’utilisation, le lieu devait servir à la création d’une œuvre de solidarité exclusivement réservée à l’accueil des femmes et enfants. Mais rapidement plusieurs ventes contraires aux dispositions du legs ont eu lieu tout au long du siècle. Quand il fut question de détourner les termes du legs pour bâtir une maison de retraite, le projet a dû passer par le Tribunal Administratif pour être validé.

Tous unis contre l’expulsion de la Vie est Belle et L’Éclaircie !!!

Le phénomène du mal logement, des migrants et des sans-abris s’est vu catapulté par la pandémie et la crise sanitaire, précarisant de plus en plus les travailleurs ainsi que les secteurs populaires. L’accès à une propriété digne et salubre devient dans l’agglomération bordelaise une affaire de « gros sous ». Les familles les plus démunies sont obligées de partir dans la périphérie, qui à son tour augmente les prix des loyers, imposant aux familles les plus pauvres de chercher un toit autrement et en dehors de la métropole Bordelaise.

Les gouvernements successifs à droite ont avec toute impunité exalté ces politiques, mais l’arrivée de la mairie EELV n’a pas changé foncièrement le cours des choses, mise à part quelques arbres plantés, que malheureusement les enfants de ces deux lieux de vie ne pourront pas voir grandir. Contre l’expulsion du lieu de vie, pour un toit pour toutes et tous, réquisitions des logements vides et liberté de circulation et d’installation : plus de familles dans la misère ! Venez samedi 19 juin soutenir les habitants de l’éclaircie et signez la pétition que vous pouvez retrouver en cliquant ici.




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