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Politique

Ni peste ni choléra !

Bordeaux. « Contre Le Pen et Macron, la lutte débute pour l’inscription de tous les réfugiés ! »

À Bordeaux, une centaine d’étudiants se sont réunis place de la Victoire ce jeudi pour exiger l’inscription à l’université et la régularisation de l’ensemble des étudiants réfugiés face au tri raciste orchestré par le gouvernement. Le rassemblement a aussi servi de base pour commencer à dessiner le début d’une mobilisation bordelaise contre le second tour Le Pen Macron largement refusé.

vendredi 15 avril

Crédits photo : Live News 33

Ce jeudi 14 avril, une centaine d’étudiants se sont réunis place de la Victoire à Bordeaux suite à l’appel à des rassemblement lancé par quinze organisations nationales, pour l’inscription de tou•te•s les étudiant·e·s fuyant l’Ukraine, et la régularisation de tou·te·s les réfugié·e·s.

En guise d’introduction au rassemblement, Yann, étudiant et militant de Le Poing Levé, rappelle les motivations de cet appel : « Après avoir fui les bombes et vécus des véritables périples, des heures de marches dans le froid, la peur face au traitement raciste aux frontières avec la Pologne que nous avons tous vu, les étudiants réfugiés d’Ukraine mais qui n’en n’ont pas la nationalité, se retrouvent confronté à la politique hypocrite et raciste du gouvernement qui tri les réfugiés. Alors que des centaines de réfugiés voient leur demande d’inscription dans les universités refusés et ont un mois pour quitter le territoire français, comme c’est le cas pour 200 d’entre eux à Paris 8, il est important qu’au travers de la France, un plus grand nombre d’étudiant se solidarisent des réfugiés, exigent leur régularisation et des garantis de la part de l’ensemble des universités pour leur inscription dès maintenant et pour l’année prochaine, mais surtout leur régularisation. »

A ce titre, les étudiants n’ont pas hésité à interpeller la présidence de l’Université de Bordeaux, qui à l’inverse de celle de Bordeaux Montaigne, n’a pas signé la tribune signée par une dizaine de président d’université se positionnant pour la prise en charge de la continuité des études pour l’ensemble des réfugiés quelques soient leur origine.

« Ici à Bordeaux, la toute nouvelle présidence de l’UB n’a pas signé la tribune des présidents d’universités qui représente un premier part vers nos revendications. Au contraire, elle soutient la circulaire du ministère de l’Enseignement Supérieur qui organise ce tri. Nous devons revendiquer et imposer une garantie publique de la possibilité pour tout étudiant réfugié de s’inscrire sans distinction de nationalité ! Cette pression doit tout autant servir à ce que les prises de position de l’UBM se convertissent réellement en acte, à l’image de l’université de Marseille qui a communiqué publiquement ces garanties ! »

En outre, le rassemblement a été très largement marqué par le contexte présidentiel de l’entre deux tours qui a été l’occasion pour la centaine d’étudiants d’affirmer leur opposition tant à Le Pen qu’à Macron.

« Le lien est évident, la lutte contre Macron et Le Pen commence dès maintenant par celle pour l’inscription et la régularisation des étudiants réfugiés. Encore plus que de lutter contre la politique raciste du gouvernement, c’est poser les jalons de la résistance au quinquennat à venir qui s’impose réactionnaire. C’est affirmer que nous le refusons et que nous ne nous laisserons pas faire ».

Pour Jahan, élu au conseil d’administration de l’université de Bordeaux Montaigne pour Le Poing Levé, « la lutte contre l’extrême droite, ne se fera pas au côté de Macron qui pendant cinq leur a déroulé le tapis rouge. Nous devons lutter contre la menace de l’extrême droite en nous organisant dès à présent sur nos lieux d’étude. Cette lutte doit aussi être contre les projets antisociaux qui s’annoncent. »

Les étudiants réunis à Bordeaux, n’ont pas hésité à manifester leur solidarité avec la mobilisation de la jeunesse parisienne qui se faisait réprimer au même moment devant le Panthéon de la Sorbonne.

« La gueule de bois des résultats du premier ne doit pas être source de démotivation, au contraire elle doit nourrir notre rage contre la société réactionnaire qu’on cherche à nous imposer, on doit y puiser notre force pour lutter pour un monde meilleur », lance Yann. « C’est la voie que nous montrent les étudiants à Paris qui s’organisent pour faire dérailler ce second tour et nous devons leur répondre. La répression en cours n’est pas du hasard, ce début de mouvement fait peur au gouvernement et lui rappelle des mauvais souvenirs. Une chose est sûre, nous ne devons pas avoir peur, c’est le gouvernement et la classe dominante qui sont inquiets aujourd’hui. Nous aussi en 2022 nous devons aller chercher notre mai 68 ! »

L’occasion pour les personnes présentes au rassemblement bordelais d’envoyer un message de solidarité aux étudiant•e•s mobilisé•e•s à Paris qui sont réprimé•e•s violemment par la police :

Finissant sur ce ton, il apparait que ce rassemblement n’était qu’une première étape à Bordeaux dans la construction de la mobilisation pour l’inscription et la régularisation des étudiants réfugiés, mais aussi dans le refus du second tour. Dans les universités bordelaises, les organisations de jeunesse et les étudiants révoltés face à ce second tour doivent répondre à l’appel de la jeunesse parisienne, en appelant à s’organiser au travers d’assemblées générales dans les lieux d’étude, afin d’étendre et de massifier le refus de la peste et du choléra ! Le prochain rendez-vous est donné ce samedi 16, à 14h30 place de la Bourse, pour clamer haut et fort que nous ne voulons pas de Le Pen et de l’extrême droite, mais aussi ni de Macron !



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