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Politique

Zemmour hors de nos villes

Bordeaux. Contre Zemmour, des centaines de manifestants entravés par un important dispositif policier

Ce vendredi 12 novembre avait lieu un rassemblement contre la venue de Zemmour lors de son meeting, à l'initiative des militants de Révolution Permanente Bordeaux, qui a réuni plusieurs centaines de personnes.

samedi 13 novembre

Crédits photo : Libphoto

Derrière une banderole « Contre l’extrême droite et ses idées réactionnaires et le racisme d’État, riposte de la jeunesse et des travailleurs », plus de 200 personnes se sont mobilisées contre la venue de Zemmour qui organisait son meeting à Bordeaux ce vendredi. S’il n’est pas encore officiellement candidat, cet évènement était l’occasion de continuer de cracher son venin réactionnaire, raciste et islamophobe sous couvert d’une conférence autour de son dernier livre. Pour cette raison, les militants de Révolution Permanente Bordeaux ont appelé à l’organisation d’un rassemblement, relayé par plusieurs organisations locales ; pour exprimer une opposition ferme à Zemmour, l’extrême droite et le gouvernement Macron. Car ce gouvernement, avec ses politiques sécuritaires, racistes et liberticides ont laissé la porte grande ouverte à l’extrême droite et leurs discours réactionnaires. C’est entre autres ce qu’a exprimé Petra au mégaphone, militante à Révolution Permanente : « Aucune confiance en ce gouvernement qui mène ces politiques racistes qui font le lit de l’extrême droite ».

Entre slogans et pancartes, la presse était également au rendez-vous. Plusieurs secteurs de groupes militants sont venus, comme l’association Meuf contre les LGBTQphobies qu’inspirent les discours réactionnaires de Zemmour, mais surtout de nombreux jeunes venus manifester leur colère.

Suite à un premier point de rassemblement, la manifestation s’est lancée, mais après quelques centaines de mètres, un très important dispositif policier s’est interposé pour empêcher le cortège d’avancer vers le Palais des Congrès, où se trouvait le meeting. Bouclant tout le périmètre, plus d’une dizaine de camions CRS et des équipes de la BAC étaient présents au rendez-vous pour intimider les manifestants, venant s’ajouter à la garde rapprochée d’Eric Zemmour dont il s’entoure à présent. Une protection des bras armés de l’État cohérente pour ce candidat issu du pire du système politico-médiatique.

«  Se voulant candidat anti-système, il le représente pourtant à la perfection » explique Petra au mégaphone : candidat soutenu par Bolloré sur le plan médiatique et d’autres milliardaires qui alimentent sa campagne, il défend un programme néolibéral qui correspond aux exigences d’une partie des grands patrons du pays. Augmentation de l’âge de départ a la retraite, refus d’augmentation du SMIC, retrait du RSA et des APL... Pour cette raison, la CGT Blanchisserie du CHU de Bordeaux a appelé à se rejoindre le rassemblement contre la venue de Zemmour et ses idées réactionnaires.

C’est ce qu’a rappelé Marie-Laure Charchar, travailleuse à la blanchisserie de l’hôpital Haut Lévèque et secrétaire générale CGT du service, présente au rassemblement :

Pour cette raison, l’appel était adressé à l’ensemble des organisations politiques, syndicales, et de jeunesse, pour construire une riposte à la hauteur. Si plusieurs organisations avaient dans une premier temps appelé à un rassemblement la veille devant l’hôtel de ville, c’était dans une logique d’interpellation au maire pour exiger l’annulation du meeting : « C’est une illusion de croire que l’on peut faire confiance à ces institutions à un niveau local, de la préfecture, en passant par le conseil départemental à majorité PS et la mairie EELV, dans la mesure où ils ont tous été acteurs d’expulsions scandaleuses de migrants, de familles et mineurs de leurs lieux de vie.  » affirme Petra au mégaphone.

Dans une séquence extrêmement polarisée sur un terrain réactionnaire et marquée par l’omniprésence politique et médiatique des discours sur l’immigration et la sécurité et face à Zemmour qui mobilise un discours raciste pour séduire les classes populaires, il nous faut plus que jamais une alternative de classe capable d’exprimer un antiracisme et un anti-impérialisme clair en lien avec les luttes passées et à venir. Cette perspective doit porter l’union des travailleurs, quelles que soient leurs origines, contre les divisions réactionnaires entretenues par le candidat d’extrême-droite. Pour cela, il nous faut un programme qui donne envie de se battre, et préparer la riposte dans la rue, ouvrière, populaire et jeune. Bien au contraire de la politique des directions syndicales qui ne propose aucune perspective de mobilisation si ce n’est des dates éparpillées et sectorielles.

La nécessité de la construction d’un plan de bataille est d’autant plus urgente que les possibilités de répression pour l’extrême gauche augmentent : que ce soit en manifestation, mais aussi les menaces de dissolution qui touchent directement les organisations de gauche et associatives comme cela a été le cas avec le CCIF. De même les attaques et menaces racistes se multiplient à l’encontre de notre camp social : citons Taha Bouhafs ou encore Danielle Obono. C’est aussi le cas pour Anasse Kazib, plus jeune candidat et premier issu de l’immigration aux présidentielles françaises, qui reçoit régulièrement des menaces de morts.

Si durant cette manifestation plusieurs pancartes faisaient mention à la candidature d’Anasse Kazib et appelaient notamment au meeting organisé avec lui ce 24 novembre à Bordeaux, c’est bien parce que nous pensons que cette candidature peut incarner des perspectives alternatives et permettre de regrouper des forces pour combattre cette vague d’idée haineuse que l’on nous impose à longueur de journée. Les combattre avant tout en amplifiant les ripostes dans la rue, mais aussi en dévoilant l’essence même d’un personnage comme Zemmour qui est bel et bien une pièce maîtresse du système qui nous exploite et nous opprime.




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