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Bordeaux. Contre le "virus Blanquer", des milliers de profs, AED et lycéens mobilisés

Ce 13 janvier les professeurs, AED et élèves se sont retrouvés dans la rue pour la fin de la précarisation du système éducatif. À Bordeaux, ils étaient des milliers de manifestants, et était présent un cortège des lycéens du collectif Le Poing Levé.

jeudi 13 janvier

Une journée historique qui selon le ministère de l’Éducation a réuni 38,5% de grévistes, loin du chiffre avancé par les syndicats de 75%. En région parisienne, mais aussi dans de nombreuses villes comme Marseille, Nantes, Bordeaux ou encore Toulouse, des milliers de personnes ont marché en cette journée nationale pour exiger des moyens pour l’éducation et la fin du mépris de ce gouvernement.

À Bordeaux la manifestation est partie de la place de la Victoire aux alentours de midi, où plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées en réponse à l’appel de la SNES-FSU. Plusieurs cortèges syndicaux de l’UNSA, FO, CGT ou encore FSU étaient présents mais aussi des cortèges de lycées ou collèges mobilisés, comme celui de Vaclav Havel qui avait sa propre banderole. La manifestation s’est terminée devant le rectorat avec plusieurs prises de parole d’enseignants syndicalistes ou de lycéens. C’est le cas d’Ulysse, élève en seconde et militant à Révolution Permanente ainsi qu’au collectif Le Poing Levé Lycée, qui a pris le micro pour revendiquer un plan de lutte pour l’éducation : “Nous devons lutter ensemble sur un front commun, de lycéens, de profs, d’AED, pour imposer de véritables protocoles sanitaires dans les établissements, pour imposer des moyens et des embauches.

Mais si tous n’ont pas pu se rendre à la manifestation, de nombreux lycéens ne sont pas allés en cours comme l’avait appelé la FCPE l’association des parents d’élèves. Le collectif Le Poing Levé Lycées a organisé son cortège qui a été remarqué en faisant la une du journal SudOuest, avec sa banderole : "Lycéen.ne.s, professeurs, AED, tous unis contre le virus Blanquer" réunissant des dizaines de lycéens, collégiens et AED.

Les slogans appelaient à l’union du personnel scolaire avec les élèves et leurs parents contre la gestion catastrophique de la crise sanitaire par le gouvernement : "Lycéens, AED, enseignants : tous unis contre le gouvernement !". L’occasion d’ironiser sur les protocoles en carton de Blanquer, annoncés la veille pour le lendemain laissant les directions d’établissement et vie scolaire dans l’improvisation totale face à la rentrée : "Un pas en avant, trois pas en arrière, c’est la politique du gouvernement !".

En effet, les raisons de se mobiliser pour les jeunes sont nombreuses : nous avons pu interroger Colline, une collégienne qui a participé à la mobilisation avec ses amies : “On ne voit pas le protocole changer mais chaque jour il y a de plus en plus de cas.”

Romain, AED, a également pris la parole pour témoigner des conditions désastreuses dans lesquelles sont plongés ces "pions" des écoles, souvent étudiants aux contrats précaires : “À l’internat j’ai fait grève hier soir et aujourd’hui parce que le métier d’AED est ultra précaire, d’ailleurs je ne sais pas si mon contrat va être renouvelé l’année prochaine. Cette pression constante qui pèse sur les AED empêche beaucoup de se mobiliser par peur de la répression de la direction mais aussi par peur de perdre son salaire. La plupart du temps les AED sont des étudiants précaires qui n’ont pas de quoi faire une journée de grève.” L’occasion également de saluer et appeler à soutenir les hospitaliers en grève mardi 11 janvier, qui subissent, comme l’éducation, l’austérité menée par les gouvernements successifs dans l’hôpital public.

En dehors du personnel de l’éducation, des soutiens d’autres secteurs étaient présents, comme des métallos de la CGT Magna, dont l’avenir de l’usine est menacée. Thomas et Gilles, ouvriers à l’usine Magna à Blanquefort et délégués CGT ont tenu à exprimer leur solidarité à la grève de l’éducation, qui touche en premier lieu l’avenir de leurs enfants : “On ne peut pas rester insensible, parce que l’éducation c’est l’avenir de nos enfants, c’est leur émancipation peut-être future, et on voit qu’ils sont en train de gérer l’éducation comme notre entreprise qui est en train de couler. On fera tout pour soutenir cette lutte qui est pour nous aussi importante que la nôtre

La journée a été marquée dans plusieurs villes par une présence importante de la police, qui a parfois même réprimé très violemment des lycéens et profs qui bloquaient leur lycée, comme à Nantes où un lycéen s’est fait renverser par une voiture de police. C’est ce qu’a tenu à rappeler Ulysse au micro : “Il y a une lycéenne à Nantes qui s’est faite renverser par une voiture de police. Nous apportons notre soutien à ceux qui sont réprimés pendant les manifestations”.

En effet, comme à Bordeaux, à Nantes et au Havre, les lycéens se sont joints à la mobilisation où ils ont bloqué leur lycée et ont subi une répression dure de la part de la police. Une mobilisation importante mais qui en appelle d’autres, et surtout un plan de bataille pour lequel il vaille le coup de se battre. Si la colère est bel et bien présente, les journées posées par les directions syndicales ne suffisent pas, il faut un appel clair à réunir les forces des différents personnels de l’éducation et jeunes pour exiger non seulement des protocoles à la hauteur, mais aussi des moyens massifs pour les services publics.



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