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#STOPEXPULSIONS

Bordeaux. Contre les expulsions le combat se poursuit !

Nous relayons le communiqué du Collectif des Migrants de Bordeaux : « Nous continuerons notre combat pour notre dignité, et celle de tous.tes les expulsé.e.s, jusqu'à que toutes les personnes à la rue ait un toit digne et des papiers ».

samedi 3 août

Alors que Fabienne Buccio, préfète de la Nouvelle-Aquitaine et de Gironde, continue d’expulser les squats de Bordeaux, les migrants s’auto-organisent et luttent pour leurs droits.

Dès la prise en charge de son nouveau poste, Fabienne Buccio avait annoncé vouloir « fermé le plus de squats possible ». C’est en effet ce qu’elle fait depuis plus de deux semaines : 4 squats ont été expulsés (Le Gars Rage, La Zone du dehors, Action Group, Hôtel Balzac), laissant environ 400 personnes à la rue. Déclarant que « nous avons une solution pour chacune des personnes », c’est aujourd’hui par eux-mêmes que les migrants, les familles, femmes et enfants, doivent se débrouiller pour survivre dans la métropole bordelaise où plus de 2000 migrants sont menacés d’expulsions.

Ayant constitué le Collectif des Migrants de Bordeaux, ils ont pu s’organiser avec le milieu militant et associatif afin de lutter pour leurs droits, à commencer par un logement décent. Car pour l’instant la plupart sont accueillis à l’Athénée Libertaire et à la Bourse du travail qui ne sont que des solutions à court termes. Ce sont néanmoins des lieux dans lesquels ils peuvent se réunir et s’auto-organiser en AG : les décisions y sont prises telles que les actions publiques ou la formation de commissions presse, communication, etc…

D’autres migrants se sont installés à la Flèche Saint-Michel d’où ils se sont fait expulsés à deux reprises, jeudi dernier à nouveau :

Ce sont donc de beaux discours qui cachent en réalité une politique raciste. Instaurant un climat de peur, sans leur laisser aucune issue puisqu’ils ne peuvent pas travailler ou circuler librement, Fabienne Buccio veut tout simplement les chasser.
Mais fondamentalement nous devons affirmer que les migrants ne sont pas nos ennemis, le problème est bien la politique de la France en Afrique subsaharienne et au Moyen-Orient : le problème c’est notre propre impérialisme. Car si aujourd’hui des migrants sont en France c’est parce que les capitalistes ont pillé leurs pays, volé toutes leurs ressources naturelles, leurs richesses, entraînant des famines, des conflits, des guerres…

Dans cette situation, loin de baisser les bras, le Collectif des Migrants de Bordeaux a publié hier ce communiqué que nous relayons.

[COMMUNIQUÉ DU COLLECTIF]

« 1er août 2019, Bordeaux.

Notre action, qui a débuté il y a 24 jours, commence à porter ses fruits, mais ce n’est ni suffisant, ni acquis. Malgré les tentatives de la préfète, Mme Buccio, de nous faire vivre dans l’indignité en expulsant à la rue des centaines de personnes migrantes, et l’incapacité des différentes institutions politiques de répondre à l’urgence humanitaire d’une telle situation, nous avons pris les choses en main et nos actions les ont obligé à faire bouger doucement les lignes.

En effet, notre organisation en Collectif des Migrants de Bordeaux et la solidarité sans précédent dont nous avons été les bénéficiaires, ont contraint l’OFFI (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration) à appliquer la loi pour certain.e.s demandeurs.ses d’asile. En effet, depuis le lundi 29 juillet, certain.e.s d’entre nous ont reçu des premières propositions de logements. Malgré ce premier pas, cette avancée n’est absolument pas satisfaisante. Les logements proposés sont en dehors de la région de Bordeaux, nous obligeant à partir de l’endroit où nous avons créé une vie et développé des réseaux de travail, administratifs et de solidarité.

Trop peu d’entre nous ont reçu une proposition, 29 en ce 1er août 2019. Nous sommes encore des centaines à la rue.

Ce premier tout petit pas montre que l’organisation collective et la solidarité est une arme qui peut faire changer la situation. Nous continuerons, nous Collectif des Migrants de Bordeaux et ses soutiens, notre combat pour notre dignité, et celle de tous.tes les expulsé.e.s, jusqu’à que toutes les personnes à la rue ait un toit digne et des papiers.

Afin de faire entendre notre voix, merci à toutes les personnes qui partageront ce texte. »

Crédit photo : Thibaud Moritz / Agence APPA)




Mots-clés

Migrants   /    expulsion   /    Bordeaux   /    Logement   /    Réfugiés