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Politique

Grève de la faim

Bordeaux. Décès d’un détenu : tou.te.s devant le CRA mercredi pour défendre les droits des migrants !

À l’initiative du NPA-Révolution Permanente et plusieurs associations de squats, ainsi que d’organisations syndicales et politiques, un appel a été impulsé pour un rassemblement devant le Centre de Rétention Administrative de Bordeaux (CRA) le mercredi 28 avril à 14h30 pour soutenir la grève de la faim des détenus et défendre le droit des étrangers, des migrants et sans-papiers comme de tous les travailleurs.

lundi 26 avril

Un détenu est mort au CRA de Bordeaux, cette situation ne peut pas rester invisible. Depuis une semaine, ses co-détenus sont en grève de la faim. Nous soutenons leur mobilisation car les conditions en Centres de Rétention sont infernales. Malgré l’opacité voulue sur cette situation, nous avons pu obtenir ces informations via le site Toulouse Anti CRA qui a relayé leur communiqué.

Ainsi, à l’initiative de Révolution Permanente-NPA ainsi que plusieurs organisations de migrants, syndicales et politiques, un appel a été impulsé pour un rassemblement pour soutenir les détenus en grève de la faim depuis une semaine, ce mercredi à 14H30, devant l’Hôtel de Police dans lequel se trouve, aux sous-sols, le Centre de Rétention Administrative de Bordeaux.

Liste des premiers signataires :
NPA 33, NPA Jeunes-Révolution Permanente, Onzième Thèse, Du Pain et des Roses, Jeunes Insoumis.e.s Bordeaux, Le Kabako, Mémoire et Partage, UCL, On est Là (Sciences Po Bordeaux), Les Maraudeurs, Fack ap !, AC Gironde, Solidaires étudiant.e.s, AIM Bordograd

Historique des Centres de Rétention Administrative : organismes de détention dans des conditions extrêmement dures des migrants sans-papiers

Depuis Mitterrand, en moins de 40 ans on comptabilise par an 38 000 sans-papiers dans des CRA (Centres de rétention Administrative) et LRA (Locaux de rétention administrative) et 48 000 au total avec les colonies françaises en outre-mer. Les conditions de vie sont extrêmes, quasiment pas de soins ni de nourriture, violences de la police, prise de médicaments pour que les détenus puissent dormir avec des effets secondaires…Ils étaient 445 dans les sous-sols de la police nationale de Bordeaux en 2019 ! Pour faciliter le renvoi dans leurs pays, Chirac, Sarkozy, Macron ont rallongé les délais et François Hollande a permis la détention de familles dont mineurs en centres de rétention.

Nous exigeons la fermeture immédiate des centres de rétention administrative ainsi qu’une prise en charge médicale gratuite !

En France, la situation des sans-papiers ne cesse d’empirer, comme on le voit illustré à Bordeaux avec l’alliance Macron-Buccio (la préfète) pour protéger les villes des riches !

Une enquête parlementaire sur les MNA (mineurs non accompagnés) qui se dit “sociale”, réalisée avec la participation de deux députés LREM et Les Republicains, ainsi que le département de Gironde, qui porte en vérité un projet sécuritaire et offensif contre tous les sans-papiers. Pour cause ? Les sans-papiers sont la main d’oeuvre peu chère et surexploitée en France comme dans leurs pays réspectifs par les pays impérialistes comme la France mais ils sont aussi la caution sécuritaire du gouvernement pour maintenir sa légitimité auprès de toutes les classes. Si les Mineurs Non Accompagnés contrairement aux mineurs venus avec leurs familles ne peuvent faire l’objet d’une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français), et donc y être détenus ; ils représentent une main d’œuvre jeune et peu chère pour les capitalistes : ce sont donc ces intérêts économiques et non “sociaux” comme prétendu dans le rapport, qui expliquent qu’ils ne puissent faire l’objet d’une OQTF.

Selon le rapport parlementaire sur les MNA auquel participe le département de Gironde avec à sa tête la préfète Fabienne Buccio, la grande majorité des Libyens pratiqueraient la traite humaine sur soi-disant 10% de MNA d’origine algérienne et marocaine. Toujours d’après ce rapport, ces jeunes pratiqueraient eux même par la suite des délinquances dû à ces violences subies par les libyens dont les villes de Paris et Bordeaux en seraient les premières victimes… Loin de proposer des solutions sociales pour les 10% de MNA comme le prétend le rapport, l’augmentation du nombre de MNA indique au contraire une montée des guerres impérialistes et de politiques libérales qui accentuent la précarité. Aussi, rappelons qu’en plus des mineurs, les femmes sont parmi les plus grandes victimes de ces politiques, avec plus d’obstacles pour passer les frontières.

Ainsi les trois quarts du rapport proposent en vérité une offensive contre la majorité des sans-papiers en proposant la mise en place du projet AEM (Appui Évaluation de la Minorité) qui permet de déterminer qui est mineur de qui ne l’est pas et ainsi mieux contrôler la migration. Comme seules les préfectures peuvent délivrer une OQTF, il n’y a rien d’étonnant à voir la préfète Fabienne Buccio être élue par le ministère de l’Intérieur dans la ville de Bordeaux, championne des OQTF et des expulsions, comme elle l’a montré dans le démantèlement du camp de 6000 sans-papiers de Calais.

D’autre part dans ce rapport, le gouvernement de Macron propose aux autres préfets soit disant réfractaires au projet AEM, une prime de 500 euros pour chaque tête de “faux” MNA. À ce jour, selon les chiffres communiqués par la mission MNA de la PJJ (Direction de la protection judiciaire de la jeunesse), 77 conseils départementaux ont donné leur accord pour le déploiement de ce fichier. Ce rapport toujours sous un discours social cherchant à protéger les MNA algériens et marocains "victimes" de traite humaine en Libye, le gouvernement français s’allie en réalité avec d’autres membres de l’UE dont l’Espagne, l’Italie et la Suède pour faciliter le partage d’informations sur la migration comme la prise d’empreinte digitale obligatoire, avec le déploiement de gardes aux frontières pour mettre en place le projet AEM. 

En parallèle de cela,l’Italie vient de donner des milliards d’euros au président de Libye pour lutter contre la migration dont celle de nombreuses femmes et enfants..

Un projet qui tend à s’étendre dans d’autres villes prétendument victimes de délinquances de MNA elle-même donc victime de réseaux libyens, comme Toulouse, Marseille, Nice et Montpellier.

En dehors du rapport, la récente annonce de 4 nouveaux centres de rétentions dont 140 nouvelles places à Bordeaux sont en construction ainsi que le vote de la loi sécurité globale qui permettra notamment de mettre des caméras dans chaque cellule.

Proposition scandaleuse, alors que les détenus ne peuvent déjà rien faire, à moins que ce soit pour montrer la prétendue violence des détenus après avoir eux mêmes subi plusieurs violences par les policiers. Cela s’inscrit dans l’offensive sécuritaire, qui démontre une nouvelle fois le racisme structurel dans la police, et de l’État.

La préfète de Bordeaux et son gouvernement ne s’arrête pas là, alors que seul l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) à Paris gère les demandes d’asiles pour toutes les villes, elle déclarait pourtant avoir fait diminuer à Bordeaux les demandes d’asile de 24% à 1% en sanctionnant directement les réseaux de “passeurs” !

La préfète qui se revendique d’une politique féministe en rendant visite à des femmes migrantes dans des centres d’hébergement et, alors que le gouvernement nous impose un confinement policier, elle en a également profité pour expulser un maximum de squats de sans-papiers dont “La zone libre” qui comptabilisait 300 familles, sans solutions de rhébergement et avec une violence inouie. La préfète va donc plus loin que son prédécesseur Lallement en empêchant systématiquement chaque ouverture de squat. Elle déclarait il y a un an avoir déjà mis 70 dispositifs policiers sur les 200 squats bordelais.

Nous dénonçons la participation de l’Union Syndicale des magistrats qui soutient le projet AIM mais se taise sur les conditions des mineurs en centre de rétention. Ainsi nous exigeons la fermeture immédiate des centres de rétentions sans distinction d’âge ou d’accompagnement !

Nous exigeons l’ouverture des frontières dont les femmes en sont les plus grandes victimes.

Et contre tout projet sécuritaire à fond raciste et servant les intérêts de l’impérialisme français, après tant d’expulsions sans solutions de rhébergement, nous exigeons la régularisation de tous les sans-papiers et la réquisition de logements vacants pour les mettre à l’abri !




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