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Bordeaux. Expulsion d’un camp de 30 sans-abris :« Ces gens sont à la rue et on les expulse de la rue »

Comme chaque année, quand arrive la fin de la trêve hivernale, la Préfecture, main dans la main avec la Métropole et la Mairie de Bordeaux, lance sa « chasse aux pauvres » en organisant une série d’expulsions de lieux de vie. Ce jeudi 7 juillet, ce sont environ 30 personnes sans-abris qui se sont fait expulser du dessous de la passerelle du lac de Bordeaux.

mercredi 13 juillet

Ce jeudi 7 juillet, c’est une trentaine de personnes, d’origines tchadienne, sahraoui, française, polonaise et soudanaise… qui ont vu leur campement de fortune disparaître. En effet, SudOuest rapporte que Bordeaux Métropole a saisi la justice pour obtenir l’autorisation d’expulser le seul « espace de vie » de ces personnes sans-abris.

Certains survivaient sous cette passerelle proche de Bordeaux Lac depuis plus de cinq ans. Suite à cette opération, « Ils n’ont pas retrouvé leurs effets personnels ni leurs documents » rapporte Morti Khalifrat, bénévole de l’association Diamants des cités, dans les colonnes de Rue89.

Tous se trouvaient dans une situation de grande précarité, la plupart « travaillent dans les vignes et le bâtiment » raconte Morti Khalifrat. Ils n’ont trouvé d’autres choix que de s’en remettre aux associations pour tenter de se « reloger ». : une dizaine de tentes quatre places ont été achetées et disposées à quelques mètres de leur ancien lieu de vie, avec l’aide de l’association Les Gratuits - Gironde Solidarité. Une cagnotte également a été lancée par l’association Les Gâteaux Solidaires pour soutenir ces personnes et acheter le matériel qui a été confisqué par la police.

Une coordination des acteurs politiques bordelais pour réprimer la pauvreté

C’est le 2ème adjoint au maire chargé du service public du logement et de l’habitat, Stéphane Pfeiffer, a pris la parole sur le sujet. Il affirme que c’est «  en cassant des groupes, [que] ça permet de ramener la sérénité », ajoutant même que les médiateurs vont pouvoir faire un travail pour « repérer les déplacements de ces personnes  ». Dans Rue89, l’élu ferait référence à deux meurtres ayant eu lieu dans le secteur pour justifier l’expulsion de ce lieu de vie. Une comparaison qui n’a pas lieu d’être pour les associations, n’ayant rien à voir avec le campement, y compris d’un point de vue géographique.

En plus de jouer la carte de l’insécurité pour justifier l’expulsion, la mairie et ses partenaires ne proposent encore une fois aucune alternative crédible. La criminalisation pour faire passer la pilule et un renvoie aux associations pour gérer l’après-répression. Par ailleurs, les différentes autorités publiques ne comptent pas s’arrêter là : ce sont deux nouvelles menaces d’expulsion qui planent sur les lieux de vie « La Mine » au quartier Grand Parc, réunissant 53 personnes dont 24 enfants, ainsi que rue Hortense du côté de la rive droite.

Ces politiques d’expulsions racistes et scandaleuses, sont menées de concert par la Préfecture de Fabienne Buccio, la Métropole, ainsi que la Mairie qui s’accordent ou laisse faire. En menant des expulsions au forceps pour faire la « chasse aux pauvres », c’est sa vitrine de ville prestigieuse et touristique que les acteurs politiques bordelais veulent soigner. C’est une nouvelle fois des méthodes qu’il faut dénoncer, mais qui demande une réponse sur le terrain, en s’organisant, et en exigeant la réquisition immédiate et sans indemnités de tous les logements vides (environ 22 000 pour la métropole bordelaise), mais aussi la liberté de circulation et d’installation, et la régularisation de tous les sans-papiers qui sont de fait plus exposés à ces situations précaires.



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