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Politique

Bordeaux. Faisons front commun pour la lutte contre la précarité et l’escalade sécuritaire du gouvernement

Ce samedi à Bordeaux plusieurs manifestations ont eu lieu contre l’offensive sécuritaire mais aussi le chômage et la précarité. Cependant cette journée reste marquée par un morcellement de la colère là où il aurait été nécessaire d’unir force et revendications.

lundi 7 décembre 2020

Après les manifestations massives de la semaine dernière partout en France, un nouvel appel national contre la loi sécurité globale était lancé pour ce samedi. Si dans plusieurs villes les manifestants étaient au rendez-vous, avec des chiffres en hausse pour Marseille ou Caen, à Bordeaux c’est une baisse importante que l’on remarque. C’est notamment un certain manque de coordination qui a pu participer à vider les rues. En effet, un rassemblement contre les lois liberticides avait lieu vendredi soir, rassemblant 300 personnes, un autre à 14h le samedi, avec une petite centaine de personnes, qui a ensuite rejoint la manifestation contre le chômage et la précarité appelée par plusieurs directions associatives et syndicales à 15h. Le rassemblement place de la Victoire atteignait difficilement les 500 personnes, après le départ en manifestation, et l’arrêt de la pluie, le cortège s’est tout de même déployé dépassant certainement le millier, le tout encadré par un dispositif policier démesuré. 

L’artillerie largement déployée répond aux « débordements » de la semaine précédente, tristes vitrines parties trop tôt, qui ont fait la une de toute la presse locale en défense de ces vitrines de Noël des grandes enseignes du centre-ville. Ainsi, ce samedi à Bordeaux le centre ville a été bouclé comme une tentative de « rattraper le coup » de la semaine précédente. Mais le dispositif est également significatif du tournant que veut opérer le gouvernement sur le plan répressif, alors qu’à Paris un de nos camarades jeunes se faisait embarquer pour sa présence à une manifestation.

Mais l’écart des forces à Bordeaux a certainementété creusé par les appels en ordres dispersés et le manque de perspectives commune. Elles ont focalisé leur intervention sur une opposition sur la question de la hausse du chômage ne posant ni les liens avec le tournant autoritaire du gouvernement qui vise pourtant à mieux réprimer les mouvements de luttes des travailleurs et de la jeunesse, ni n’ont interrogé la nécessité d’un véritable plan de bataille pour s’opposer aux conséquences des politiques patronales.

A rebours de ces marathons de petites manifestations, les organisations syndicales, associatives et politiques de la gauche militante bordelaise doivent se coordonner pour porter ensemble les revendications de notre classe. Celles-ci sont tout autant contre le chômage et la précarité que contre les lois liberticides que fait passer malgré une contestation majoritaire le gouvernement.

Mais plus largement c’est à l’échelle nationale que nous avons besoin d’un plan qui nous fasse gagner contre Macron et son monde qui veulent nous faire payer la crise, aux travailleurs, aux jeunes et aux plus précaires. La répression policière n’est pas une nouveauté, mais le renforcement de ce bras armé ne sera que plus utilisé pour faire accepter aux exploités leur sort, en réprimant les manifestations, criminalisant les luttes notamment étudiantes, alors que les licenciements massifs ont déjà commencé, la précarité drastiquement augmenté…et les profits des capitalistes aussi.

Après les dernières manifestations d’ampleur, à un an du début de la bataille intersectorielle contre la réforme des retraites, nous devons converger pour défendre nos intérêts : contre la Vème république dont le caractère anti-démocratique est mis en exergue et le retrait de la sécurité globale et de toutes les lois liberticides, mais aussi l’interdiction des licenciements et des suppressions d’emplois, avec un partage du temps de travail à salaire digne, contre le massacre social dans le monde du travail. 




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