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Racisme d'Etat

Bordeaux. “Intégration insuffisante” : après 16 ans en France, la préfecture veut expulser la famille Kaya !

La préfecture frappe un nouveau coup raciste en demandant à la famille Kaya, installée à Cenon avec leurs quatre enfants depuis 16 ans, de rendre les titres de séjour qui leurs ont été accordés six mois auparavant, jugeant leur intégration insuffisante ! La Mairie de Pierre Hurmic reste quant à elle silencieuse face à ces expulsions en série.

lundi 4 octobre

Crédit : VB/Rue89 Bordeaux

L’angoisse de l’expulsion : tel est le quotidien de la famille Kaya. En effet comme le rapporte rue89, en novembre 2020, la préfecture de Gironde a fait appel de la décision du Tribunal administratif de Bordeaux qui avait « enjoint la préfète [Fabienne Buccio] à délivrer à Monsieur et Madame Kaya une carte de séjour temporaire, portant la mention privée et familiale ». Une décision déjà bien plus qu’insuffisante, que la préfecture a donc jugé trop généreuse. 

« C’est comme s’il fallait repartir de zéro » : Hakan Kaya, d’origine Kurde et travailleur dans le bâtiment, arrive en France en 2005 pour rejoindre deux de ses frères vivant à Cenon depuis 18 ans, fuyant la répression sanglante du peuple Kurde menée par la Turquie. Après seize ans de vie sur le territoire français, Hakan, ses enfants Ahmet, 9 ans, Eylem, 4 ans, Evinsu, 6 ans et sa compagne Necmiye sont frappés par une OQTF (obligation de quitter le territoire français) depuis le 31 mai dernier, la préfecture souhaitant les renvoyer en Turquie. C’est la Cour administrative d’appel qui a tranché en faveur de la préfecture et décidé de réformer la décision du Tribunal administratif quant à la remise des titres de séjour. En guise de justification, la préfecture juge « insuffisante l’intégration de la famille ». Un discours profondément raciste et inhumain qui plonge dans l’angoisse quotidienne d’une expulsion la famille Kaya, après des années de démarches administratives pour demander la régularisation.

« J’ai des bulletins de paie. Je paye mes factures, mes enfants sont nés ici. Ils ne connaissent pas la Turquie, nous ne pouvons pas retourner là-bas. Ça fait 15 ans que je suis ici, je n’ai plus aucun lien avec le reste de ma famille. »

Une nouvelle opération scandaleuse, parmi une longue liste non exhaustive, de la préfecture qui continue sa campagne raciste d’expulsions, après avoir mis à la rue au mois de juillet dernier les 130 habitants des lieux de vie L’éclaircie et La vie et Belle et plus récemment du Kabako. De plus, elle décide d’aller à l’encontre de la position de la Commission du titre qui avait émis un avis favorable à la délivrance du titre de séjour pour raison humanitaire. Les deux frères de Hakan Kaya, eux, ont obtenu le statut de réfugiés politiques. Une position que tente de défendre l’avocat de la famille : « La préfecture n’a aucunement tenu compte de l’avis favorable donné par la Commission. Le député de la circonscription, Alain David, a écrit une lettre à la préfète. Elle est passée outre aussi. Des associations et des élus se sont mobilisés. Le directeur de l’école a témoigné de la réussite scolaire des enfants. C’est un dossier qui représente le caractère mécanique de l’exclusion, où la justesse des situations personnelles n’est pas considérée par l’autorité administrative. »

La mairie de Pierre Hurmic, qui se ventait devant les caméras d’accueillir des familles de réfugiés afghans au mois d’août dernier pour se vernir d’humanisme, fait preuve une nouvelle fois de complaisance en gardant le silence face aux attaques racistes de la préfecture. Une position hypocrite à laquelle nous a habitué Pierre Hurmic puisque c’est lui qui a ordonné l’expulsion des lieux de vie appartenant à la Mairie de Bordeaux, l’Eclaircie et La vie est Belle, et décidé d’envoyer des dizaines de familles à la rue après une intervention musclée des CRS.

La mairie EELV de Bordeaux montre une nouvelle fois son image : celle d’une mairie qui expulse et facilite les expulsions de familles, sans-abris et migrants dans la métropole bordelaise. D’autant plus cette expulsion s’inscrit dans les offensives racistes et sécuritaires du gouvernement, à l’heure où la campagne présidentielle pour 2022 joue la surenchère sur ce terrain, l’Etat français continue sa chasse aux migrants. 

Face à ces attaques, Révolution Permanente Bordeaux se joint aux habitants de Cenon, aux associations « Réseau éducation sans frontières » et « Collectif égalité des droits », ainsi qu’aux différents élus pour apporter tout notre soutient à la famille Kaya qui est la cible d’une politique raciste et réactionnaire menée par le gouvernement Macron depuis le début de son quinquennat réclamant « une meilleure efficacité des expulsions d’étrangers en situation irrégulière ». 

Plus que jamais, il faut se battre pour la liberté de circulation et d’installation des migrants, la régularisation de tous les sans-papiers, mais aussi la réquisition immédiate des logements vides, qui se comptent par dizaines de milliers sur la métropole bordelaise. Des papiers pour les Kaya, et pour tous !




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