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Notre classe

Hôpital en grève

Bordeaux. La blanchisserie du CHU en grève pour plus de moyens !

Ce jeudi 21 janvier, les buandiers de la blanchisserie a l'hôpital Haut-Lévêque de Bordeaux seront en grève pour demander plus d'embauches, la fin des cadences folles au jour le jour et la titularisation de tous les contractuels, toujours plus nombreux dans l'hôpital et l'ensemble du service public. Soutenons les "petites mains" de l'hôpital que la direction méprise et exigeons un plan d'investissement massif dans la santé.

mercredi 20 janvier

Jeudi 21 janvier les buandiers du CHU Haut-Lévèque seront en grève dès 9h30 contre la situation intenable à laquelle ils sont confrontés. Appelée par la CGT Blanchisserie et SUD Santé Sociaux, la grève vise des modifications dans l’organisation du travail à la Blanchisserie, pour des meilleures conditions de travail pour l’ensemble des buandiers ainsi que plus de personnel.

Pour plus d’embauches, une meilleure organisation et la titularisation de tout.e.s les travailleurs

La surcharge d’activité est constante dans le service de blanchisserie, obligé de travailler avec l’effectif minimum par manque de personnel, accentuant la fatigue physique et psychologique des buandiers. En effet, la direction a annoncé qu’elle ne peut embaucher plus d’effectifs, jugeant qu’il n’en est pas nécessaire, alors que dans le même temps onze travailleurs du service sont en arrêt maladie prolongé sans être remplacés, rendant la tâche plus ardue pour les travailleurs d’un des services de l’hôpital les plus précarisé et laborieux. En effet la blanchisserie est une usine dans l’hôpital, avec des machines vieillissantes donnant des pannes journalières que les travailleurs doivent réparer eux-mêmes. C’est pour cela que les grévistes réclament le remplacement des longues maladies par un plan d’embauche dans la blanchisserie.

Les horaires sont décidés comme dans les usines a la chaine : les travailleurs reçoivent leur planning de la veille au lendemain, ne sachant même pas l’horaire d’embauche de leur prochaine journée de travail quand ils viennent d’en finir une. Cela rend très compliquée toute organisation ou anticipation pour les travailleurs dans leur vie de tous les jours, étant soumis au bon vouloir de la direction sur leurs horaires. Méthode d’organisation du travail interdite par la loi stipulant qu’on doit connaître son planning deux semaines à l’avance, c’est pour cela que les grévistes défendent un tableau de service mis à jour toutes les deux semaines.

La précarisation toujours plus grande des services publics par des contrats toujours moins protecteurs et l’externalisation vers le privé pour de nombreux services touche aussi la blanchisserie. En effet, on y compte 12 contractuels dont beaucoup en CDD où qui ont été externalisés comme la maintenance. Cette précarité qui touche l’ensemble de la société et notamment la santé par les coupes budgétaires à répétition par les gouvernements successifs doit être combattue par la lutte. C’est dans ce sens que les grévistes réclament la titularisation de tous les contractuels au sein de la blanchisserie.

En outre c’est pour des meilleurs conditions de travail que se battent les grévistes, dans un secteur de l’hôpital invisibilisé et méprisé par la direction. En juillet, lors de la grève pour la prime Covid de 1500€ pour tous, un buandier témoignait au micro de Révolution Permanente : « Ça fait des années qu’on est en sous effectif, on ne connait notre planning que la veille pour le lendemain, c’est impossible pour s’organiser, et pendant la crise sanitaire pour pallier au manque d’effectif ils nous ont mis des jardiniers dans l’usine. C’était des scènes sur-réalistes, on devait former des jardiniers à utiliser les machines, à 20 cm de distance, sans masques, en pleine crise sanitaire !  ».

Une situation inchangée depuis la dernière grève et le Ségur de la santé

En effet, en juillet les buandiers étaient en grève pour réclamer la prime Covid pour tous devant la direction, qui de manière méprisante l’avait déguisée en prime au mérite dans la blanchisserie. Par la grève, les buandiers avaient obtenu la victoire et les 1500€ promis ont été versés à l’ensemble du service. Cependant, cette victoire n’a pas modifié les conditions de travail au sein de la blanchisserie, ce qui donne lieu aujourd’hui à un ras-de-bol pour une grande partie du service.

De même, les vagues promesses données par Macron lors de la première vague sanitaire et le Ségur n’ont jamais apporté aucun investissement réel dans la santé pour répondre aux problèmes auxquels se confrontent les travailleurs. Le pacte des 6 milliards ne répondant pas aux problèmes structurels de manque de moyens pour l’hôpital public et aucun investissement dans la blanchisserie ne s’est fait ressentir, c’est en effet même le cas contraire par la continuation de la dégradation des conditions de travail. Car, en effet, le plan d’investissement est très en deçà des nécessités pour la santé publique, notamment car la stratégie du dialogue social n’a pas permis d’imposer un rapport de forces nécessaire pour obtenir l’ensemble des revendications des travailleurs de la santé.

Soutenons les "petites mains" de l’Hôpital, pour un vrai plan d’investissement dans la santé

C’est dans ce sens que nous devons soutenir les buandiers du CHU Haut-Lévêque, qui s’organisent par la grève, seule stratégie gagnante pour imposer les conditions des travailleurs qui font vivre l’hôpital quotidiennement. Pour l’ensemble de leurs revendications, mais aussi pour réclamer un plan d’investissement dans la santé à la hauteur, permettant de gérer l’ensemble des nécessités de l’épidémie et de la santé sans que cela se repose sur une fatigue toujours plus grande des travailleurs. Cette dynamique de grève doit s’amplifier à tous les CHU, et pour cela ils auront besoin du soutien le plus ample de la population.

De plus cette journée de grève s’ancre dans la date nationale interprofessionnelle de la santé du 21 janvier, appelée par l’intersyndicale. Un rendez-vous est prévu à Bordeaux à 13 heures au rond point de Charles Perrens. Nous défendons un plan qui vaille la peine de se battre et la grève comme moyen d’action pour accomplir cet objectif. Les journées de mobilisation atomisées, appelées par les directions syndicales, ne pourront pas le permettre, seule l’amplification et la visibilisation de la grève peut y arriver.

C’est dans ce sens que les buandiers appellent à venir les soutenir les plus nombreux possible ce jeudi 21 janvier a 9h30 aàla blanchisserie. Ici le lien de l’évènement Facebook.




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