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Hôpital en grève

Bordeaux. La blanchisserie du CHU fait grève pour exiger la prime pour tous

Ce lundi les buandiers du CHU de Bordeaux sont en grève, sur préavis de la CGT, afin d'exiger la prime covid de 1500euros pour tous les travailleurs, qui a été distribuée comme une prime au mérite.

lundi 6 juillet

Après plusieurs mois de travail dans des conditions déplorables, les buandiers, « petites mains invisibles » de l’hôpital, sont aujourd’hui une nouvelle fois méprisés avec une prime distribuée de manière aléatoire. En effet, les travailleurs ayant été en poste les 1er et 8 mai se voient aujourd’hui attribuer 1500euros de prime, quand les autres touchent de manière aléatoire 500 euros ou rien du tout, sans avoir même été prévenu de cette sorte de « prime au mérite »

Ce matin, devant la direction de Haut-Lévèque, une trentaine de buandiers en grève revendiquaient la prime de 1500euros pour l’ensemble du personnel, indépendamment du fait qu’ils aient travaillé ou non ces jours fériés parce que c’est l’ensemble des 110 buandiers du CHU qui ont travaillé pendant 5 semaines sans masques, à brasser des tonnes de linges sales et infectés par jour, à mains nues.

« Ça fait des années qu’on est en sous effectif, on ne connait notre planning que la veille pour le lendemain, c’est impossible pour s’organiser, et pendant la crise sanitaire pour pallier au manque d’effectif il nous ont mis des jardiniers dans l’usine. C’était des scènes sur-réalistes, on devait former des jardiniers à utiliser les machines, à 20 cm de distance, sans masques, en pleine crise sanitaire ! » témoigne un buandier.

« La prime ça a été la goutte d’eau, mais avant ça il y a eu la question des masques, on a refusé de nous fournir des masques en nous disant que ça ne servait à rien alors que l’on est en contact direct avec le linge des malades. Et puis il y a pleins de problèmes sanitaires, on a une usine qui date de la fin des années 70, qui est complètement dégueulasse, avec des machines qui tombent en panne tout les quatre matins. Aujourd’hui on envoie dans les services du linge qui est encore mouillé parce que la sécheuse ne fonctionne pas bien, c’est la meilleure façon que des champions et des bactéries se développent dans du linge qui est censé être propre, surtout à l’hôpital.  »

Face à cette revendication de la prime pour tous, la réponse de la direction est de mener des coups de pression. En effet, le préavis de grève posé par la CGT Blanchisserie a été déclaré illégal prétextant que les représentants syndicaux ne s’étaient pas présentés vendredi dernier à un rendez-vous en vue de négocier, fixé en dehors de heures de travail des buandiers par les DRH, alors que l’illégalité du préavis s’est révélée totalement fausse. La pression continue aujourd’hui lorsque la direction envoie la sécurité pour surveiller les grévistes alors qu’ils attendent un directeur pour négocier. C’est après plusieurs heures d’attente que la direction impose des négociations avec une délégation de 4 travailleurs, au prétexte de la distanciation sociale. Finalement, le DRH qui a reçu les grévistes assure qu’ils vont reverront les critères d’attributions de la prime d’ici vendredi.

« Ses critères à lui, c’est les gens qui ont le plus travaillé c’est à dire le linge sale et les vêtements enfants. Nous on est pas d’accords sur ça, c’est 1500euros pour tout le monde et qu’on arrête de vouloir nous diviser. Si on n’a pas ça, on reconduit le mouvement la semaine prochaine ! » affirme Marie Laure, secrétaire générale de la CGT Blanchisserie, après la réunion.

Cette journée de grève de la blanchisserie est à mettre en lien avec la mobilisation des autres services de l’hôpital depuis plusieurs semaines. En effet, de nombreux services sont touchés par cette distribution aléatoire de la prime COVID que les directions tentent de justifier avec des critères toujours plus floues. De ce fait, nous devons exiger que l’ensemble des travailleurs de l’hôpital touchent la prime de 1500 euros mais aussi que l’ensemble des salaires soient revalorisés, qu’il y ait des investissements matériels et humains massifs dans l’hôpital financé par un impôt sur les grandes fortunes. C’est ces mêmes revendications que portent les infirmières en réanimation cardiaque de Haut-L’évêque, en grève depuis plus d’une semaine.




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