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Culture et Sport

Répression

Bordeaux. La mairie et la direction du Grand Théâtre envoient la police expulser les occupants

Ce mercredi, alors qu’elle durait depuis plusieurs jours, l’occupation de l’Opéra de Bordeaux a été violemment expulsée par la police, mettant dehors les manifestants présents, sur ordre d’une mairie soi-disant progressiste et de la préfecture.

vendredi 26 mars

Crédits photo : Philippe LOPEZ / AFP

En cours depuis le 15 mars, l’occupation de l’Opéra de Bordeaux s’inscrivait dans un mouvement national de lutte des travailleurs de la culture contre les fermetures de leurs lieux de travail, et de dénonciation de la précarité grandissante dans ce secteur d’activité. L’occupation s’était déjà vue mise en difficulté jeudi dernier, lors du départ des organisations syndicales locales (CGT, CGT spectacles, SNAM CGT et de la Coordination Intermittents et Précaires) suite à l’ouverture du lieu au-delà de ce qu’avait accepté la direction de l’Opéra.

Mercredi, les forces de l’ordre sont intervenues alors que la menace de l’expulsion pesait depuis quelques jours. Plusieurs camions campaient devant l’établissement tôt le matin et ont procédé à l’expulsion à 12h, à coups de matraques et gazeuses. Les images révèlent la violence avec laquelle procèdent les policiers lorsqu’ils s’en prennent aux personnes venues en soutien ou encore lorsqu’ils cherchent à enfermer à l’intérieur les occupants.

Comme le montrent les images, il s’agit des policiers municipaux sous l’autorité de Pierre Hurmic, le maire EELV de Bordeaux. Depuis le début de l’occupation, son équipe et la direction de l’opéra ont cherché à contenir le mouvement au travers de négociations avec les travailleurs mobilisés.

Cet ordre d’expulsion relève de l’autorité de Pierre Hurmic, puisque c’est au gestionnaire de l’établissement – à savoir la mairie de Bordeaux – qu’il appartient “s’il considère que la situation le nécessite, de saisir le juge administratif afin d’obtenir un titre exécutoire pour procéder à l’expulsion des occupants. Ce n’est que sur la base de cette décision de justice, et si le gestionnaire des lieux le demande, que la préfète pourra procéder à l’évacuation de l’opéra avec le concours de la force publique.” estime la préfecture d’après 20 Minutes.

La préfecture cherche donc à se dédouaner en arguant que la mairie a accepté d’ouvrir les lieux aux manifestants, ce dont se défend la mairie dans une réponse à la préfecture. Un communiqué de mardi soir la disait « étonnée de la communication préfectorale », et que « les contacts mairie-préfecture sont quotidiens depuis le début de cette situation de crise, qu’elle « continue de gérer avec la plus grande vigilance. » Les discordances dans la communication entre les deux institutions ne cachent pas pour autant la politique menée, qui reste la même, puisque le cordon municipal de la police a mené l’intervention sous l’autorité de la mairie, dont la seule réponse a été la répression, en accord avec les souhaits de la direction de l’Opéra et de la préfète Fabienne Buccio, qui condamnait « avec la plus grande fermeté cette occupation”

Le maire Pierre Hurmic (porté par une liste PS-EELV-PC) se revendique progressiste, écologiste et social, mais essaie de se dédouaner de la responsabilité de premier ordre dans cette expulsion violente. Les seules revendications auxquelles il a finalement répondu sont celles de la droite bordelaise derrière Nicolas Florian (LR, Bordeaux Ensemble) qui demandait dans une lettre aux ministères de l’Intérieur et de la Culture « de faire procéder à la fermeture du Grand Théâtre ». Il n’y encore une fois rien à attendre de cette équipe municipale soi-disant de gauche et qui ne promet que chantage ou expulsion à ceux qui luttent pour leurs conditions de vie et de travail.




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