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Jeunesse

Blocage des E3C

Bordeaux. La police devant les salles d’examen pour forcer les élèves à composer

Pour la quatrième fois au lycée François Mauriac de Bordeaux, lycéens et professeurs ont bloqué la tenue des épreuves d’E3C. Toujours aussi déterminés malgré les pressions du rectorat et la répression, la journée a été banalisée !

mercredi 29 janvier

Crédit photo : Révolution Permanente Bordeaux

Depuis le 20 janvier, le rectorat et l’administration du lycée s’efforcent par tous les moyens de maintenir les épreuves d’E3C. Mais c’est sans compter sur la grande contestation qu’ils rencontrent dans la jeunesse et les professeurs partout en France. Il y a d’une part les professeurs, AED et CPE en grève contre la réforme du Bac qui détruit la valeur du diplôme nationalement pour mieux instaurer la sélection, mais aussi contre la réforme des retraites : ils refusent de faire passer les épreuves d’E3C qui détruisent l’Éducation publique et le métier même de professeur. De l’autre de nombreux lycéens refusent eux aussi de passer leurs épreuves, n’ayant que faire d’avoir une note de 0 quand de toute manière le Bac ne leur offrira aucun débouché. C’est ensemble, professeurs et lycéens, qu’ils s’organisent contre cette destruction de l’Enseignement public.

Le Ministère de l’Education Nationale et le Rectorat n’hésitent pas à utiliser les méthodes les plus ignobles pour réprimer et faire rentrer chacun dans le rang. Au lycée François Mauriac à Bordeaux, la police empêchait les professeurs et lycéens mobilisés de rentrer. De plus une vingtaine de policiers étaient dans l’enceinte du lycée, devant les salles d’examen. Dans ces conditions il est évidemment impossible de passer des épreuves normalement, certains élèves y rentraient en larmes, sous la menace des policiers qui les forçaient à rentrer. Pour briser la grève des enseignants, l’administration voulait que les personnels les remplacent, mais ces derniers se sont également déclarés en grève. Le lycée a donc recruté des retraités pour surveiller les épreuves ! Une fois les épreuves terminées, les élèves sont resté enfermés dans le lycée.

Si un dispositif aussi répressif est mis en place, c’est bien qu’il y a derrière des intérêts pour le gouvernement d’appliquer sa réforme et surtout, de tenter d’éteindre toute étincelle qui pourrait éveiller la jeunesse et la sortir en masse dans la rue. En outre instaurer une sélection de plus en plus dure pour entrer dans l’Enseignement supérieur est une priorité pour les classes dominantes dans la mesure où l’Université publique est privatisée. Une privatisation qui ne sélectionnera donc que les enfants de classes aisées, qui exclura toujours plus les classes populaires et les enfants d’ouvriers puisque les coûts pour étudier vont rapidement augmenter. Sur la plateforme Parcoursup, les lycéens ne peuvent avoir accès à certaines formations et informations qu’en payant des frais qui peuvent s’élever à des centaines d’euros. De la même manière, nous avons ce matin appris, lors du blocage au lycée François Mauriac, qu’un élève a été menacé par le rectorat de se voir retirer ses bourses d’aides pour ne pas être allé à ses épreuves d’E3C.

Les lycéens et professeurs demandent le retrait immédiat des épreuves d’E3C car elles sont injustes et inégalitaires. Une conscience forte et radicale est en germe chez une jeunesse qui ne voit aucun avenir dans la société qu’on lui propose. Si elle refuse de passer les épreuves d’E3C c’est qu’elle a bien conscience qu’ensuite, leur Baccalauréat ne leur offrira que des emplois précaires sur un marché du travail qui explose. C’est cette perspective, l’organisation de la jeunesse avec les travailleurs, que pose aujourd’hui la mobilisation des lycéens avec leurs professeurs.




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