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Jeunesse

Pour une université ouverte à toutes et tous !

Sélection sociale. Le Poing Levé vote contre la généralisation du contrôle continu à Bordeaux Montaigne

Ce jeudi 22 septembre, la Commission sur le Fonctionnement et la Vie Universitaire de Bordeaux Montaigne s’est opposée à la généralisation du contrôle continu dans certaines filières de l’UFR Humanité soutenu par la présidence. Pour les élus du Poing Levé, ce vote de rejet contre une méthode d’évaluation qui aggrave la sélection sociale est un point d’appui pour revendiquer une université ouverte à toutes et tous.

vendredi 23 septembre

Ce jeudi 22 septembre 2022, l’Université Bordeaux Montaigne était soumis au vote de la Commission de la Formation et la Vie étudiante (CFVU) les modalités d’évaluations pour différentes filières. Dans l’Unité de formations et de recherche (UFR) Humanités, certaines filières proposaient de faire passer les élèves en évaluation continue intégrale (ECI). L’objectif étant d’évaluer les étudiants tout au long de l’année et sans possibilité de rattrapages, une méthode d’évaluation déjà appliquée dans certains UFR et qui tend à être généralisée. Une proposition soutenu par la présidence de l’université car ces modalités « seraient plus égalitaire puisque les étudiants n’étant plus jugés sur une note en fin de semestre », qui fut néanmoins rejeté par 15 votes contre 12, sur 27 votant.

Les 4 élus étudiants du Poing Levé se sont opposés à la mise en application de ces modalités d’évaluations, tout comme la liste étudiante Étudiants de Bordeaux Montaigne (EBM). Le rejet de la proposition soutenue par la présidence doit être pour Le Poing Levé un appui afin lutter contre tout renforcement de la sélection sociale, et bien plus pour revendiquer une université ouverte et gratuite à toutes et tous. Car en effet, la présidence compte revenir à la charge et à dorénavant annoncé que le vote sera remis à l’ordre du jour de la prochaine CFVU le 6 octobre car « il faut que se soit approuvé, il n’y a pas d’autres solutions ». Si cela est une nouvelle illustration de l’anti-démocratisme universitaire, cela annonce bien plus que le combat contre la sélection sociale n’en est qu’à son début.

Pour cause, alors que plus d’un jeune sur deux est contraint de travailler pendant ses études pour subvenir à ses besoins, que l’explosion généralisée des prix, précarise des franges plus larges de la jeunesse, l’adoption de ces méthodes d’évaluations représentent, dans la continuité de Parcoursup, un saut important de la sélection sociale à l’Université. Le contexte économique tend à exclure, et de plus en plus, les classes populaires des bancs de l’Université, l’affaire des étudiants expulsés de leur logement Crous à Bordeaux vient le réaffirmer. Ainsi, pour nous la question ne réside pas à s’interroger sur les modalités d’évaluations adéquates, mais plutôt sur la défense d’une Université véritablement ouverte, gratuite afin de garantir et étendre l’accès au savoir.

Bien plus, malgré qu’il ait été contraint de reculer sur ses déclarations, Emmanuel Macron ne s’est jamais caché quant à sa volonté de réforme profonde de l’Université qu’il veut élitiste et payante. La crise économique, l’explosion de la dette avec la Covid, ou encore l’inflation qui pèse lourd sur les finances publiques, ne font que renforcer la nécessité d’attaques contre l’Université durant le quinquennat à venir face auxquelles nous devons nous préparer.

Ainsi, à rebours de toute logique qui cherche à la crise objective de l’Université une issue individualiste ou élitiste, nous affirmons avec force que nous voulons un autre modèle d’Université. Une université qui soit véritablement ouverte et gratuite pour toutes et tous, en particulier la classe ouvrière et populaire dont des franges importantes sont toujours restées en marge des études supérieures. Cela commence par abroger Parcoursup et toutes formes de sélection. Et alors que la crise économique entraîne de facto un écrémage social, nous revendiquons un revenu étudiant à la hauteur d’un Smic revalorisé de 300 euros et indexé chaque mois sur l’inflation afin de garantir des conditions d’études dignes pour tous.

Bien plus, nous voulons une Université véritablement au service des intérêts de la majorité de la population, et qui permette de répondre aux défis de société qui se posent en face de nous. A l’inverse de la destruction de l’enseignement supérieur orchestré par le gouvernement, il faut un investissement massif pour des moyens dans l’enseignement et la recherche, le tout financé par un impôt fortement progressif sur la fortune de la minorité d’ultra riches qui s’engraisse sur notre dos et détruit la planète.

Enfin, nous sommes conscients qu’un vote dans les conseils centraux anti-démocratique de l’Université ne sera pas suffisant pour défendre une Université gratuite et ouverte à tou.te.s. Seule une mobilisation étudiante en lien avec les travailleur.euse.s en lutte pour l’augmentation des salaires peut l’imposer. C’est dans ce sens que nous serons présents à la manifestation internationale contre la destruction de la planète ce vendredi 23 septembre, mais aussi lors de la grève nationale du 29 septembre pour l’augmentation des salaires. Nous appelons à y prendre le plus largement part afin d’en faire une journée qui pose les jalons d’un plan de bataille plus conséquent pour faire face aux attaques du gouvernement et ne pas avoir à payer la crise.



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