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Destruction du service public

Bordeaux. Les urgentistes de l’Hôpital Saint-André en grève illimitée

Depuis le 13 mai les urgentistes de l’Hôpital Saint-André sont en grève pour revendiquer des conditions de travail décentes et ainsi se battre pour maintenir un service public conséquent. Ils rejoignent le mouvement de grève national en cours dans les urgences.

vendredi 17 mai

Cela fait déjà plusieurs années que les offensives néolibérales détruisent le service public. En outre, et malgré les promesses de Buzyn, l’état de l’hôpital public se détériore toujours plus : la fréquentation des urgences a notamment augmenté de 4% en une année alors que les effectifs diminuent et que les services ferment. C’est dans ce contexte que s’est constituée L’inter-Urgences depuis le mois de mars, elle regroupe les secteurs mobilisés de l’AP-HP (Hôpitaux de Paris) : sur 25 de leurs services d’urgences, 22 sont aujourd’hui en grève.

La mobilisation s’est alors étendue nationalement et à Bordeaux les urgentistes de l’Hôpital Saint-André sont les premiers à s’être mis en grève. En effet le sous-effectif est alarmant : les effectifs de semaine ont été calqué sur les effectifs du week-end qui sont moindres. Cette réduction d’effectifs mobilisés durant la semaine a donc directement mené à des licenciements, détériorant la qualité d’accueil des patients en urgence. De plus les conditions de travail sont absolument précaires : les cadences sont infernales entre 3 équipes de roulement H24, les jours de repos ne sont pas assurés, les primes de nuit ne sont pas attribuées, 25% sont en en contractuel et les salaires restent très bas. Il en est de même pour les patients car si la violence s’exerce sur le personnel, il s’ensuit que les conditions de soins sont indécentes.

Mais si les conditions de travail sont précaires, il existe aussi une restriction de la liberté d’expression et une remise en cause du droit de grève. C’est en effet une répression syndicale que subissent également les urgentistes de Saint-André car la direction générale contraint tout le personnel en grève à un délai de prévenance de 48h, or étant en sous-effectif ils sont de fait assignés à leur poste, les obligeant à travailler afin d’assurer le service minimum de la fonction publique alors même qu’ils sont en grève.

Les urgentistes de l’Hôpital Saint-André sont déterminés à lutter pour un service public efficace et des conditions de travail décentes. Dès lors les revendications sont claires, en voici quelques-unes :

- La reconnaissance de la spécificité du travail d’urgentiste avec une prime de 300€
- Plus de personnel en intégrant le taux d’absentéisme relatif au service
- La titularisation de tous les agents contractuels
- Le passage à temps plein des agents embauchés de manière imposée à temps partiel

Il n’y aura que la lutte collective qui imposera cela. C’est en ce sens que les grévistes de Saint-André en appellent notamment à leurs collègues de Pellegrin et de toute l’Aquitaine, afin de s’organiser et d’agir ensemble. Ils participeront entre autres à l’Assemblée Générale de L’Inter-Urgences le 25 mai à Paris qui réunira 50 services urgentistes du territoire.

Vous pouvez dès à présent signer la pétition en ligne pour revendiquer les droits de chacun, des patients et du personnel : ce qui constituera un premier soutien symbolique et moral pour la lutte.

Crédit photo : France 3 Régions




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