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Passage en force de la réforme des retraites

Bordeaux. Manifestation devant la permanence d’une députée LREM après l’annonce du 49.3

Comme dans plusieurs villes de France, les manifestants se sont rassemblés à Bordeaux pour protester contre le passage en force de la très impopulaire réforme des retraites, après l’annonce par Edouard Philippe du recours à l’article 49.3

samedi 29 février

A 18h, la place Pey Berland où se situe l’Hôtel de ville à Bordeaux a vu l’arrivée des premiers manifestants. Après un rassemblement le cortège s’est dirigé aux alentours de 20h30 vers la permanence de la députée LREM Catherine Fabre, responsable politique du texte à l’Assemblée Nationale.

La manifestation a par la suite déambulé dans les rues de Bordeaux dans une ambiance déterminée, réunissant près de 500 personnes malgré l’annonce volontairement spontanée du gouvernement de ce passage en force.

Philippe Poutou, ex-candidat ouvrier à la présidentielle pour le NPA était également présent lors de la manifestation. Actuellement à la tête de la liste anticapitaliste aux municipales « Bordeaux en luttes », créditée de 12% dans les sondages, soit devant le parti présidentiel, il a réagi à la manœuvre du gouvernement.

« C’était très important de marquer le coup. On n’est pas tellement surpris, parce qu’on connaît le gouvernement, ses méthodes, son acharnement, sa grossièreté. Alors qu’on ne parle que du Coronavirus ce gouvernement trouve le temps et la préoccupation de s’occuper des retraites et de nous envoyer le 49.3. Cela démontre une forme de violence sociale. […] La riposte va s’organiser dans les jours qui viennent, on espère que la mobilisation sera relancée. »

Riposter immédiatement dans la rue

Des rassemblements avaient lieu ce soir dans plusieurs villes de France. A Paris, ce sont plusieurs milliers de manifestants qui se sont rassemblés devant l’Assemblée Nationale à l’appel de l’UD Paris, FO et Solidaires. A Toulouse, la manifestation a été réprimée par des pluies de lacrymogènes.

Olivier Besancenot, porte-parole du NPA a également réagi dans la manifestation parisienne sur un passage en force qui révèle les faiblesses du gouvernement, isolé dans l’opinion du fait de la mobilisation sociale. « On est là pour dire qu’on va réagir, qu’on ne va pas lâcher, c’est aussi l’occasion d’interpeller une nouvelle fois de manière unitaire toutes les organisations syndicales, politiques, sociales, les collectifs de grévistes, les gilets jaunes. Tous et toutes, on doit se rassembler, on doit se retrouver pour frapper ensemble et retrouver la possibilité de généraliser la grève plusieurs jours de suite et pas seulement sur un calendrier d’action étalé dans le temps. »

Les directions syndicales doivent proposer un plan de bataille !

Le mouvement contre la réforme des retraites a démontré une détermination et une longévité très importante, marquée notamment par la grève reconductible historique des grévistes de la RATP et de la SNCF. Après avoir été affaibli par ce mouvement historique, puis perdu la bataille de l’opinion majoritairement opposée à la réforme, le gouvernement, pourtant majoritaire à l’Assemblée Nationale, a choisi, à dessein un nouveau ce coup de force, cette fois-ci, sur son propre terrain, celui des institutions parlementaires.

Face à « ce coup » dans l’Assemblée en usant d’une des armes des plus anti-démocratiques de la Vème République, il est indispensable de répondre à la hauteur. La riposte du monde du travail et de la jeunesse, qui pour partie reste toujours mobilisés, ou prêt à l’être, doit être immédiate, par les méthodes de la lutte de classes, par la rue et par la grève.

En ce sens, il s’agit d’exiger des directions syndicales, et plus globalement, de l’ensemble des organisations du mouvement ouvrier, de dénoncer cette nouvelle offensive contre les droits démocratiques qui vise à imposer une réforme largement rejetée par la majorité de la population. Plus encore, il s’agit de préparer un plan de bataille à la hauteur de ce coup de force du gouvernement en construisant un mouvement permettant de construire le « tous ensemble » par la grève reconductible.

Pour cela, nous ne pouvons pas attendre une journée de grève de 24h le 31 mars pour une grève nationale de masse. Nous pouvons nous appuyer sur les mobilisations du 5 mars dans l’enseignement supérieur, du 8 mars, du 14 mars pour construire une riposte à la hauteur. Pour penser la riposte, les confédérations syndicales se devraient de déclencher une réunion d’urgence dès ce soir pour penser un plan de bataille à hauteur de l’offensive gouvernementale.