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Jeunesse

Démocratie à l'université

Bordeaux Montaigne. Précarité, sélection, chômage : le 7 mai, refusons la sélection sociale à la fac

Dans les conseils de l’UBM, des élus étudiants ont porté la validation automatique : face à un approfondissement de la précarité, la charge de travail qui ne faiblit pas va mettre les étudiants les plus en détresse au-dehors des facs. Pour refuser la sélection sociale, plusieurs organisations étudiantes appellent à un rassemblement à l’occasion du prochain Conseil d’Administration.

vendredi 30 avril

La situation des étudiants depuis le début de la crise sanitaire s’est grandement aggravée. Peine à payer les loyers et à se nourrir, les jeunes se sont retrouvés abandonnés à une précarité grandissante depuis mars dernier. En effet l’explosion des demandes d’aides alimentaires, mais aussi la détresse psychologique, les tentatives de suicides et suicides à répétition, sont autant de symptômes d’une génération sacrifiée par la gestion erratique de la crise sanitaire et économique par le gouvernement : fermeture arbitraire des universités sans moyens, licenciement et casse de l’emploi, hausse du chômage... voilà le dessin que semble prendre l’avenir de la jeunesse, semé d’incertitudes. À cela s’ajoute une politique de sélection sociale à la fac, avec une charge de travail qui ne faiblit pas dans le contexte exceptionnel de la crise sanitaire, mettant sur le carreau l’ensemble des étudiants provenant de secteurs ouvriers et populaires, étrangers, en détresse dans le contexte de la crise.

À l’Université Bordeaux Montaigne une enquête révélait l’ampleur de mal-être et difficultés, et les lourdes conséquences qu’ils impliquent. A titre significatif 66% d’étudiants rencontrant des difficultés pour suivre les cours, parmi lesquels 38% évoquent des problèmes économiques. Ce qui a entraîné des décrochages massifs, dont certains chiffrent alarmants l’illustrent comme 7% d’étudiants se déclarant en burn out.

Face à cette situation, différentes organisations étudiantes, Association des Étudiants Algériens, Solidaires Étudiant-e-s Bordeaux, Wake-Up, NPA Jeunes et le collectif Onzième Thèse-Le Poing Levé ont appelé à un rassemblement à l’occasion du prochain Conseil d’Administration de l’UBM. L’occasion de visibiliser cette situation, mais aussi de rappeler l’opposition à la sélection sociale, alors que sont en train de se terminer les examens, synonyme d’angoisse ou d’abandon pour nombre d’étudiants. Le rendez-vous est donné le vendredi 7 mai à 9H sur le parvis de l’Université Bordeaux Montaigne.

Validation automatique : les étudiants face à l’anti démocratisme de la fac

Il est évident que dans ce contexte l’acharnement à la sélection pour maintenir une année "normale" selon les termes de Frédérique Vidal est absurde. La situation exceptionnelle demande de prendre des mesures à la hauteur pour ne pas laisser sur le bord de la route de larges franges estudiantines. C’est en ce sens que nous revendiquons, déjà lors du grand repas de solidarité du 9 mars sur le parvis de l’université, ou par une motion à la CFVU que la présidence a choisi d’ignorer, la validation automatique pour toutes et tous. Une mesure qui est soutenue par 63% des étudiants comme l’a montré la grande enquête précitée, les instances de direction de l’université ont encore une fois elles-mêmes révélé leur caractère démagogique en ne permettant pas aux élus étudiants d’y porter et défendre leurs revendications en refusant de soumettre au vote à deux reprises une motion signée par diverses organisations élues. À quoi servent les élus étudiants si ce n’est de pantins testimonials qui ne peuvent porter au nom des étudiants leurs revendications démocratiques ? Cet épisode a un précédent, celui de la Sorbonne en juin dernier, où la saisine du Tribunal Administratif avait remis en cause un vote majoritaire à la CFVU pour l’application du 10 améliorable.

À Bordeaux Montaigne, la présidence affiche un profil progressiste, solidaire et dénonçant sur Twitter les politiques du ministère, mais sur le terrain, elle ne remet jamais en cause les carcans d’austérité et de sélection sociale à marche forcée de l’Université imposés par le gouvernement. Si à l’initiative d’un élu Onzième Thèse au Conseil d’Administration, une motion dénonçant la gestion sanitaire et le manque de moyens dans les facs et les services publics a été adoptée, la présidence n’est pas allée plus loin que cette déclaration d’intention. En maintenant les examens coûte que coûte, ou même en contrôle continu, nombre d’étudiants en situation de détresse financière, obligés de travailler pour payer le loyer, se nourrir, ont dû décrocher. Tout comme ceux qui sont en proie à un mal-être psychologique, ou encore avec enfants ou personnes à charge.

Ainsi, le communiqué appelle à se rassembler devant le prochain Conseil d’Administration qui se tiendra dans l’amphi 700 le vendredi 7 mai à 9h.
Une date intermédiaire qui, si elle ne peut imposer la validation automatique, doit être un premier rassemblement pour défendre les intérêts de la grande majorité des étudiants, dans la continuité du 9 mars et des comités de lutte contre la précarité. En effet, cela ne pourra se faire en dehors d’une plus large mobilisation avec les autres secteurs de l’université, BIATTS et enseignants, mais le 7 mai peut constituer un premier point d’appui en ce sens. Construire cette date doit permettre de poser les bases pour la construction du rapport de force nécessaire afin de lutter contre les prochaines attaques que nous promettent le gouvernement et les directions d’universités, sur le terrain des études comme celui de l’emploi.




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