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Politique

Bordeaux. Nicolas Florian commande 800 000 masques, un coup de com’ hypocrite

La commande de 800 000 masques en tissu par le Maire de Bordeaux, en collaboration avec le directeur du CHU de Pellegrin Yann Bubien, n’est rien de moins qu’un coup de communication, alors que les hospitaliers manquent de matériel, 70 sont déjà infectés à Bordeaux.

lundi 13 avril

Le 7 avril Nicolas Florian annonçait prendre exemple sur son pair réactionnaire Christian Estrosi : en annonçant la commande de 800 000 masques pour la population bordelaise, celui-ci croyait peut-être cacher sa politique criminelle. En effet durant 4 semaines de confinement, les hospitaliers ont été et sont toujours en première ligne du risque de contamination dans des conditions sanitaires plus que mauvaises. 

Au CHU de Pellegrin 70 hospitaliers ont été testés positifs au virus sans que cela n’inquiète un seul moment ni Nicolas Florian, aussi président du Conseil de Surveillance de l’hôpital, ou encore Yann Bubien le directeur général, qui ont laissé la situation se dégrader. Ils ont laissé des foyers de contamination se développer, mettant en danger la vie des travailleurs et des patients, dans la continuité de la politique gouvernementale là où plus de 3500 hospitaliers sont contaminés en France. Dans un communiqué de presse publié le 10 avril, SUD Santé déclare : «  nous n’oublions pas qu’hier le gouvernement nous réprimait quand nous demandions des moyens pour la santé, aujourd’hui il nous assassine !  ». 

Dans les hôpitaux, beaucoup de masques sont simplement en tissu, ce qui ne protège pas contre le virus, et ils sont rationnés. Certains services n’y ont pas droit comme les personnels administratifs, les brancardiers, les ASH. Alors plutôt que de fournir des masques FPP2 pour tous les personnels soignants, Nicolas Florian a commandé des masques en tissu pour la population : ce qui reste un coup de communication que dénonce SUD car il n’y a toujours pas suffisamment de matériel à l’hôpital.

Mais le gouvernement et ses représentants en ont bien conscience et savent prendre les mesures nécessaires quand c’est dans leur intérêt. Dans son discours du 9 avril Castaner annonçait la commande de 40 millions de masques, non pas pour tous les travailleurs, mais seulement pour les policiers et les gendarmes !

De la même manière que dans son discours du 23 mars Olivier Véran affirmait que « le coronavirus sera systématiquement et automatiquement reconnu comme une maladie professionnelle et c’est la moindre des choses ». Pourtant aucun décret n’a obligé les directions d’hôpitaux à respecter cet engagement et les maladies professionnelles ont effectivement été refusées au CHU de Pellegrin. Castaner exigeait explicitement dans son même discours que les personnels du Ministère de l’Intérieur, policiers et gendarmes, en bénéficient pleinement. Bien évidemment les corps armés de l’État doivent d’autant plus être privilégiés quand celui-ci fait un tournant de plus en plus autoritaire et répressif. 

Nous devons au contraire revendiquer que le statut de maladie professionnelle soit obligatoirement donné à tous les personnels soignants mais en général à tous les travailleurs, qu’ils puissent être remboursés pour les frais et rémunérés intégralement. Les 800 000 masques de Florian ne sont que des palliatifs visant à redorer son blason, notamment en vue des élections municipales dans laquelle sa réélection s’est trouvée incertaine au vu du premier tour. On est loin des mesures nécessaires à la bataille contre le Covid-19, dans sa dernière allocution Macron a annoncé la mise en place de tests sans plus de précision : ils doivent être massifs et gratuits pour toute la population ! Il faudra produire en quantité nécessaire du matériel de qualité par la reconduction de toute la production non essentielle au service des besoins réels des travailleurs. Loin de cela, les patrons cherchent à faire reprendre le travail pour leur profit, de plus, les quantités annoncées de commande et la prévision de production annoncée par le gouvernement sont loin des nécessités du terrain. Les comités de travailleurs en premières lignes pourraient être à même de décider des mesures à prendre et d’organiser eux-mêmes la lutte contre le virus !

Crédit photo : Crédits : Maxppp - Bonnaud Guillaume




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