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Répression syndicale

Bordeaux. Procès des énergéticiens “pour qu’ils ne recommencent plus”

Lundi avait lieu un rassemblement en solidarité avec les grévistes énergéticiens qui ont été assignés par Serval pour avoir bloqué la plateforme Enedis pendant près de deux semaines. Une volonté de serrer les vis et de commencer le bras de fer pour démoraliser les grévistes. 300 personnes ont répondu à l’appel, nous ne lâcherons rien !

mercredi 29 janvier

Ce lundi 27 janvier avait lieu un rassemblement en soutien aux énergéticiens grévistes, gaziers et électriciens. Six d’entre eux avaient été assignés au Tribunal Judiciaire par Serval, avec l’aide d’un huissier qui était mandaté pour venir sur place. Il leur est reproché d’avoir bloqué la plateforme Serval d’Enedis à Floirac. Cette dernière était bloquée depuis près de deux semaines par les travailleurs des IEG qui en ont fait un lieu de lutte et de convergence. Ils s’étaient montrés solidaires envers les autres professions grâce à des actions coups de poings, avec des coupures électriques et gazières notamment dans les lycées afin de bloquer les E3C mais aussi dans d’autres secteurs.

Cette assignation est le reflet de la politique de répression syndicale organisée aujourd’hui pour mettre fin au mouvement, envers les délégués et syndiqués, pour en faire des exemples et démoraliser les travailleurs en lutte. Contre cela, c’est la solidarité qu’il faut construire pour les soutenir et montrer qu’ils ne sont pas seuls face à cette répression, et qu’on ne lâchera rien !

Dans cette perspective, plusieurs centaines de personnes sont venues scander des slogans pour soutenir les six assignés, faisant du bruit jusque dans la salle même. On pouvait entendre les manifestants chanter “solidarité avec les électriciens et les gaziers !” faisant que le juge dû hausser la voix pour se faire entendre.

A l’intérieur de la salle il fut difficile d’entendre au premier abord le juge, tant le soutien se fit entendre à l’extérieur. Après le renvoi de l’intégralité des affaires qui précédaient celle des énergéticiens, il fut décidé par le juge de ne pas renvoyer l’affaire malgré la demande de l’avocate des défendeurs. L’avocat de la partie adverse, venu de Paris pour l’occasion, donna le ton : "Il faut éviter qu’ils puissent recommencer !" Une demande de 1000€ chacun en guise de dommages-intérêts, ainsi qu’une astreinte de 1000 euros en astreinte par jour de blocage à partir de lundi dernier (bien qu’il n’y ait plus de blocage...) mais surtout l’interdiction pour les 6 assignés de se présenter sur le site pendant plus d’un mois pour prévenir toutes nouvelles actions. Lors de sa plaidoirie l’avocate de la défense lança « C’est demander d’instaurer une épée de Damoclès au dessus de la tête des accusés pour ne plus qu’ils fassent grève  ». Si cette demande se confirmait lors de la décision du juge le 29 janvier, elle serait alors inédite !

Des énergéticiens, ouvriers de Ford Blanquefort, cheminots, travailleurs de l’aéronautique (AIA), ainsi qu’étudiants, profs et Gilets Jaunes étaient au rendez-vous pour soutenir les six assignés.

Philippe Poutou, porte parole du Nouveau Parti Anticapitaliste et tête de liste de Bordeaux en Luttes pour les municipales, était présent aussi au rendez-vous, il nous a accordé une interview où il revient sur le mouvement social actuel, la répression syndicale et celle des 6 grévistes de l’énergie assignés suite au blocage.

Finalement, alors que l’avocat de l’entreprise plaide qu’il faut faire grève “sur le côté”, le juge a annoncé qu’il donnerait son verdict mercredi 29 janvier, le jour de la manifestation, qui commencera à 13H à Bordeaux, allées des Tourny.

Toute notre solidarité aux camarades, contre la répression syndicale, nous ne lâcherions rien !




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