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#JusticeForGeorgeFloyd

Bordeaux. Rassemblement en hommage à George Floyd, contre les crimes policiers et le racisme d’Etat

À l'instar des différentes actions de soutien menées ces derniers jours autour du globe en hommage à George Floyd, africain-américain mort entre les mains de la police dans les rues de Minneapolis (États-Unis) le 25 mai dernier, plus de 400 personnes se sont rassemblées sur le Parvis des droits de l'Homme à Bordeaux, pour dénoncer ce crime policier raciste.

mardi 2 juin

Le rassemblement à l’appel de l’association anti-raciste Mémoires et partages s’est tenu sur le Parvis des droits de l’Homme à Bordeaux, à quelques centaines de mètres de l’Hôtel de ville, théâtre de la violence répressive inouïe qu’ont connu les manifestants lors de la mobilisation des Gilets Jaunes au cours de l’année 2018-2019. Plusieurs associations, partis politiques, mais également beaucoup de jeunes ont répondu présent à l’hommage envers George Floyd, dénonçant le racisme structurel des pays occidentaux et impérialistes. Dans le calme et le respect des normes de distanciation sociale, une minute de silence a été procédée en mémoire de George, suivie d’un agenouillement collectif, symbole de l’oppression subie quotidiennement par les africains-américains aux États-Unis et dans le monde.

La mort de ce quarantenaire à la suite de l’utilisation de la technique du placage ventral -cette même technique qui a provoqué la mort d’Adama Traoré en France en 2016- a suscité une vague d’émotion au Minnesota et dans plusieurs États d’Amérique du Nord. Des soulèvements spontanés et historiques ont eu lieu dans plusieurs grandes villes des États-Unis, déclenchant une crise sans précédent depuis ces quarante dernières années.

Après cette émouvante minute de silence à genoux, plusieurs personnalités sont intervenues, de diverses organisations associatives, partidaires, rappelant le passé colonial de la ville de Bordeaux, d’où partaient les bateaux sur lesquels étaient enchaînés pieds et poings les noirs déportés en Amérique. Le meurtre de George Floyd, qui n’est malheureusement pas un cas isolé, a bouleversé toute une frange de la population au Minnesota et s’est rapidement diffusée à l’échelle nationale à travers des révoltes sociales, raisonnant à l’échelle internationale sur les réseaux sociaux. Les dernières paroles du défunt George Floyd "I can’t breathe" (Je n’arrive plus à respirer), devenues un symbole international, dévoilent la réalité et la brutalité des violences policières systématiques, conséquence d’un racisme structurel, aux Etats-Unis, mais aussi en France et ailleurs. Nombreuses interventions ont rappelé qu’en France aussi, les violences policières et le racisme d’État sont quotidiens.

Marcel, militant du NPA Jeunes/Révolution Permanente, est intervenu pour dénoncer ce racisme d’Etat, qui soumet les populations africaines-américaines, latino-américaines et d’origine immigrée. Une violence que l’on retrouve en France, dans les quartiers populaires où celle-ci est quotidienne, et où le confinement autoritaire et policier a exacerbé la violence, comme en témoignent les derniers événements de Villeneuve-la-Garenne, et la mort de Sabri à Argenteuil. Des agressions policières qui, comme l’a rappelé Marcel, démontrent que nous ne pouvons faire confiance en cette police assassine, pilier de l’Etat, et gardienne de la propriété privée et des intérêts capitalistes.

Aux Etats-Unis, la communauté africaine-américaine, latino-américaine et plus globalement immigrée, connaissent les plus forts taux de contamination et de mortalité face au Covid-19. La cause en est simple : elles font partie des populations les plus paupérisées et précaires, confrontées à des conditions de vie et de travail insalubres. L’énorme croissance de la demande alimentaire témoigne de leurs difficultés. Des communautés qui font aussi souvent partie des travailleurs de la première ligne de la lutte contre le covid-19, et qui ont souvent le moins accès à la santé.

Ces violences qui ont le même caractère autoritaire, raciste et réactionnaire en France, sont les mêmes qui sont utilisées à l’encontre du mouvement social. En témoignent les dizaines de victimes mutilées, éborgnées, ou tuées comme Zineb Redouane lors du mouvement des Gilets Jaunes, ou lors du mouvement contre la réforme des retraites dans lequel la police intervenait pour matraquer les grévistes sur les piquets de grève.

Ce rassemblement à Bordeaux, réunissant plusieurs centaines de personnes autour de diverses interventions émues, de colère contre le racisme structurel, et contre le capitalisme - un système qui perpétue ces violences pour maintenir la soumission des populations immigrées - a montré qu’à l’échelle internationale l’assassinat de George Floyd ne restera pas impardonné. Nous exigeons justice pour George Floyd, et pour tous ceux et celles qui ont payé de leur vie leur couleur de peau.

C’est dans une convergence entre tous les secteurs, à partir des organisations syndicales, des travailleurs, des chômeurs, de la jeunesse, et aux cotés des luttes antiracistes, féministes et LGBTQI, qu’un grand mouvement doit s’initier, contre ce système capitaliste, contre ce racisme structurel d’État et les violences policières !




Mots-clés

#JusticeForGeorgeFloyd   /    Répression policière   /    Anti-racisme   /    Adama Traoré   /    Bordeaux   /    Racisme   /    Violences policières   /    Répression