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Bordeaux. Report de l’expulsion de l’Éclaircie : la mairie recule pour mieux avancer

Face à la pression médiatique et aux mobilisations, l’expulsion des lieux de vie de L'Éclaircie et La vie est belle par la mairie EELV de Bordeaux et la préfecture, initialement prévue ce mercredi 7 juillet, a été repoussée, sans être annulée. Harmonie Lecerf a confirmé à Rue89 qu’elle aurait lieu entre le 7 et 12 juillet. Malgré tout, Hurmic et Anziani s’entêtent à poursuivre l’expulsion motivée par le juteux projet de ZAC Centre-ville de Gradignan.

jeudi 8 juillet

Crédit Photo : Collectif Partout chez elles

Les jours à venir des lieux de vie de L’Éclaircie et La Vie est Belle sont très incertains et soumettent les habitants à un immense stress, qui vient s’ajouter à la difficulté de leur situation. Alors que deux familles, avec des enfants en bas âge, et une soixantaine de personnes n’ont toujours pas été prises en charge, se retrouvant sans proposition de relogement pérenne, la Mairie et la Préfecture s’apprêtaient à expulser mercredi matin ces lieux. Les habitants ont donc passé la nuit dans l’angoisse de se retrouver à la rue.

Pourtant, Harmonie Lecerf déclarait il y a deux jours à Rue 89 que la Mairie et la préfecture étaient “en bonne collaboration depuis plusieurs semaines” pour éviter un autre drame humain, à l’image de la violente expulsion de la Zone libre à Cenon qui a laissé des dizaines de personnes à la rue. Elle affirme que la préfecture va proposer à tous les habitants une solution de relogement pérenne à la suite de l’expulsion. Or, pour l’heure, les seules solutions proposées par la préfecture de Gironde relèvent du dispositif d’hébergement d’urgence, soit du 115, ou de gymnases. Il ne s’agit donc aucunement de solution viables ou dignes, et encore moins pérennes.

Encore une fois, la mairie de Bordeaux se dédouane de toute responsabilité : alors que c’est bien elle qui demande l’expulsion avec le concours de la force publique, elle renvoie la balle aux autres communes dans lesquelles les familles sont domiciliées administrativement, comme si nous parlions ici de linge sale et non d’êtres humains déjà extrêmement vulnérables, par leurs conditions de vie. Voici le vrai visage de cette mairie qui derrière un vernis « écolo » n’hésite pas à mettre plusieurs dizaines de personnes à la rue dans le but de la réalisation d’un projet immobilier de plusieurs millions d’euros, dans la continuité des politiques de gentrification menées dans la ville depuis des dizaines d’années par la droite juppéise.

Ce jeudi matin, un nouveau rassemblement a été organisé devant la mairie, à l’occasion de la venue de la ministre du logement. Une visite ministérielle qui a sans doute repoussé les expulsions, de l’Éclaircie, mais aussi du Kabako. Expulser le jour de la venue de la ministre du logement serait intenable, pour autant la situation reste inchangée.

Alors que le groupe Europe Écologie Les Verts a entamé cette semaine sa campagne des primaires en vue des présidentielles, dont les dépôts de candidatures se dérouleront jusqu’à la fin de la semaine, l’organisation pourrait tenter d’esquiver le scandale d’une telle expulsion. Mais, c’est bel et bien une de leur figure majeure, Pierre Hurmic, qui s’apprête à mettre à la rue toutes ces personnes, ces familles, ces enfants, dont un âgé à peine 9 mois. Nous sommes bien loin du projet social sur lequel il s’est fait élire aux municipales de 2020.

Les seules propositions viables qui doivent être faites aux habitants sont la régularisation de leur situation, que la préfecture est en mesure d’accorder, et un logement pérenne, dont la mairie de Bordeaux pourrait disposer. Rien que sur la métropole, il y aurait plus 24 000 logements vides dont nous revendiquons la réquisition. Sans ce minimum, qui constitue pourtant la base de droits fondamentaux, nous nous opposons à l’expulsion.

Toutes les personnes qui résident dans ces lieux de vie ont fui des situations catastrophiques dans leur pays d’origine, des situations souvent générées par les exactions et interventions du gouvernement français. C’est dans ce sens que nous revendiquons le fait de pouvoir s’installer et circuler librement dans le territoire, mais aussi l’ouverture des frontières, car celles de l’Europe forteresse se sont transformées en un cimetière à ciel ouvert.




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