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Bordeaux. Semaine de vie scolaire morte, les AED s’organisent

Jeudi 25 mars, le collectif AED et AP de Bordeaux s’est réuni dans un premier temps devant le rectorat de Bordeaux pour manifester pour de meilleures conditions de travail et notamment la création d’un statut d’éducateur scolaire.

vendredi 26 mars

Crédits photo : Page Facebook Collectif AED et AP de Gironde

C’est en décembre que les mobilisations ont réellement débuté avec notamment une audience auprès du recteur adjoint. Après plusieurs semaines sans changements, sans réponses et avec des conditions de travail sans cesse poussées hors du champs de la surveillance et de l’accompagnement éducatif, la coordination nationale a déposé un préavis pour une semaine de vie scolaire morte partout en France. Cette grève est d’ores et déjà historique pour cette profession qui n’avait, depuis 2003, jamais réussi à se coordonner au niveau national ; les pressions hiérarchiques à la ré-embauche étant très forte.

Cette grève a pour objectif de faire reconnaitre cette profession et ses réalités. De plus en plus les AED se retrouvent à porter la casquette du surveillant, de l’assistant scolaire mais également de l’infirmier, du psychologue, de l’assistant social, parfois même du professeur ; et ce sans la moindre formation ni reconnaissance statutaire. Cette profession, malgré le caractère indispensable qu’elle représente à la fois pour les élèves et pour le corps enseignant et administratif n’est pas considérée et se présente comme un simple job étudiant ou alimentaire, l’impossibilité d’exercer plus de 6 ans en étant le parfait exemple. Cette profession, à majorité féminine, reste très précaire avec des salaires tout juste supérieurs au smic (1237 euros par mois), avec plus de 80% de temps partiels contraints et sans rémunération des heures supplémentaires, pourtant nombreuses pour ne pas dire quotidienne.

La crise sanitaire de la COVID-19 est venu empirer ces conditions de travail en y ajoutant des protocoles absurdes, décidé de manière gouvernementale mais sans aucunes analyses de terrain et donc inapplicable la plupart du temps. Les cas positifs se multiplient au fil des jours de même que la fermeture des classes, 2018 à ce jour, sans que rien ne soit proposé ou modifié. L’unique réponse du gouvernement fut d’annoncer une campagne de vaccination à partir de mi-avril mais ne concernant que les enseignants et non les AED, une nouvelle fois oubliés et pourtant en première ligne, en contact permanent avec les élèves, notamment durant les moments les plus risqués comme le self ou les permanences.

L’heure n’est plus à « L’école de la confiance », mais bien à la lutte pour faire entendre les revendications et à l’instauration d’un rapport de force afin que le ministère de l’éducation nationale se charge de ces questions et arrête de faire la sourde oreille, comme c’est le cas jusqu’alors, n’offrant ni réponses ni propositions si ce n’est des discours du ministre Blanquer se voulant rassurant et complétement déconnecté de la réalité.

Les revendications à échelle nationale sont donc les suivantes : La reconnaissance de la profession par la création d’un statut d’éducateur scolaire ; la pérennisation des emplois ; une augmentation des effectifs ; une augmentation des salaires ainsi qu’une véritable formation.

Suite à cette exposition des faits et des revendications qu’un secteur des AED mobilisés jeudi est allé présenter auprès du député de la France Insoumise Loïc Prudhomme à l’occasion d’une conférence de presse lançant la campagne de la liste "On est là" pour les régionales, il ne s’est engagé qu’à écrire une lettre au ministère et à rester en contact, accusant le peu de force dont il dispose, formant parti d’un groupe parlementaire minoritaire. Quant à la candidate au régionales, Clémence Guetté, s’est contentée de prendre quelques notes et de nous souhaiter une bonne mobilisation. Des solutions parlementaires, qui bien que bienvenues, ne seront pas autant efficaces que sur le terrain de la lutte, par la grève, avec des alliances avec d’autres secteurs, pour imposer un rapport de forces jusqu’à obtention des revendications. Pour ce faire, cette grève reconductible pourra tenir avec la constitution d’une caisse de grève, qui permettra aux plus précaires de continuer à lutter.

Cette semaine de vie scolaire morte n’était ni le commencement ni l’aboutissement des mobilisations pour les AED, qui réfléchissent déjà à d’autres actions pour faire entendre leurs revendications. Ce mouvement nécessite le soutien des parents, des élèves, du corps enseignant et des différents agents, et pour obtenir des revendications quant à la fin de ces contrats précaires, c’est aux côtés d’autres secteurs par la convergence qu’il faudra construire la mobilisation.




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