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Politique

Bordeaux. Une première date de mobilisation inter-professionnelle qui marque le pas d’une rentrée sociale

Un appel à « une puissante journée nationale d’actions, de grèves et de manifestations » été appelé aujourd’hui, à Bordeaux comme dans le reste de l’hexagone, par l’intersyndicale. Une première journée de la « rentrée sociale » qui, sans surprise, ne fut pas à la hauteur des réponses nécessaires aux attaques du gouvernement et du patronat car elle ne s’ancre pas dans un réel plan de bataille de la part des directions syndicales.

jeudi 17 septembre

Ce 17 septembre, c’est un cortège de plus d’un millier de personnes regroupant de larges secteurs de la classe ouvrière et de la jeunesse qui a battu le pavé de la métropole bordelaise, de la place de la république jusqu’à la place de la bourse.
La colère se faisait sentir parmi beaucoup de manifestants après plusieurs mois de confinement et un période estivale marquée par une seconde vague de la crise sanitaire et les conséquences de la crise économique qui se font de plus en plus visible. Des grévistes du secteur de l’automobile, de la métallurgie et de l’énergie ou encore des dockers étaient au côté des travailleurs de la santé et de l’éducation. Parmi eux, les travailleurs de Getrag Ford Transmission qui après une première journée de grève le 10 septembre étaient présents pour exiger le maintien et la pérennité des 800 emplois du site, aujourd’hui menacé par le départ de Ford et aucune perspective proposé par Magna l’unique propriétaire à ce jour.

Des travailleurs de la métallurgie, secteur en première ligne des attaques du patronat à coup de Plan de Sauvegarde de l’Emploi et d’Accords de Performance Collective, étaient au côté des travailleurs de la santé qui, malgré le manque continuel de moyens financiers, matériels et humains est de nouveaux confronté à une recrudescence de la pandémie, lié à l’ingérence du gouvernement.

Après la journée du 12 septembre qui fut marquée par une dure répression dans de nombreuses villes, la mobilisation d’aujourd’hui constitue une première date inter-professionnelle de grève qui peut marquer le pas d’une rentrée sociale mouvementée face aux attaques du gouvernement et du patronat. Localement, c’est dans un contexte sanitaire de plus en plus préoccupant, dont la préfecture s’est servi pour faire pression et tester la détermination des manifestants, qui avaient eux décidé de ne pas baisser la tête, que la manifestation s’est tenue.

Malgré tout, cette date isolée et sans lendemain posée par les directions syndicales n’avaient pas pour objectif de lancer un grand mouvement d’ensemble contre les attaques du gouvernement et du patronat et d’instaurer un réel rapport de force pour affronter les luttes qui s’ouvrent. En effet, outre la gestion catastrophique du gouvernement de la crise sanitaire, à l’heure où des vagues de licenciements massifs surgissent dans de nombreux secteurs, notamment industriels et des services, laissant sur le carreaux des centaines de milliers de travailleurs et que le gouvernement comptent repasser en force la réforme des retraites après une bataille de plusieurs mois cet hiver, la seule réponse des directions syndicales est de poser une date routinière, sans revendication offensive, en attendant le 15 octobre, pour contenir la colère sociale.

Face à cela, nous devons aujourd’hui porter un programme offensif, revendiquant l’interdiction des licenciements, le partage du temps de travail ou encore un financement massif dans les services publics. Ce programme doit être accompagné d’un plan de bataille digne de ce nom, il faut se donner les moyens de réponse aux attaques, à l’image des premiers pas de la coordination de l’aéronautique qui vient de se lancer à Toulouse et pose les premiers jalons de cette stratégie pour faire face à la crise à venir et à ses conséquences pour que ce ne soit ni aux travailleurs, ni à la jeunesse de payer la crise.




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