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Politique

Technoparade contre Macron

Bordeaux. Plus de 4000 personnes contre la LSG et une jeunesse remarquée

Ce samedi, quelques milliers de manifestants se sont retrouvés à Bordeaux, à l'appel de différentes organisations, contre la loi sécurité globale et les offensives liberticides du gouvernement. Comme dans plusieurs villes françaises, plusieurs collectifs de teufeurs ont appelé à rejoindre la manifestation.

mardi 19 janvier

Crédit photo : ⓒ Fabien Pallueau

Ce sont près de 4000 manifestants, selon SudOuest, qui se sont retrouvés ce samedi à Bordeaux pour battre le pavé contre la loi Sécurité Globale et les offensives liberticides du gouvernement, dans la continuité du mouvement avant les fêtes. Comme dans d’autres villes françaises, des collectifs de teufeurs ont appelé à rejoindre la manifestation, ramenant plusieurs centaines de jeunes à marcher derrière les camions.

À l’appel de plusieurs organisations syndicales et politiques, quasiment 80 appels dans toute la métropole avaient été lancés pour ce samedi. Les collectifs de teufeurs, avec plusieurs sound system mobiles, sont venus pour soutenir les interpellés de la rave de Lieuron (Bretagne), notamment Tristan, organisateur présumé, qui risque jusqu’à 10 ans de prison. Ils dénoncent le deux poids deux mesures des peines, pour des organisateurs de fête qui encourent la prison, en même temps que "les costards restent bien au chaud à la maison". La musique en a étonné plus d’un à la manifestation, mais rappelle les conséquences de la crise pour la jeunesse, à laquelle on interdit de taper du pied, qu’on veut museler, et dont la crise n’a fait qu’approfondir la détresse.

L’occasion de rendre hommage à Steve, décédé par noyade le soir de la fête de la musique en 2019 à Nantes, alors que la police avait opéré une violente charge qui avait fait tomber 14 personnes à l’eau. Tué pour avoir fait la fête, il incarne aujourd’hui un véritable symbole de la jeunesse que le gouvernement veut mettre au pas. La crise sanitaire a été le prétexte pour le gouvernement pour lancer toute une offensive sécuritaire et liberticide, qui aujourd’hui touche particulièrement les jeunes. Chez les étudiants, on assiste à une véritable hécatombe, avec plusieurs tentatives de suicide et suicides ces derniers jours, lié à la précarité grandissante dans un secteur où les contrats sont très précaires, et où la crise économique les impacte directement de ce fait. Mais également le tout numérique et la continuité pédagogique imposée en distanciel, approfondit l’isolement des jeunes, et surtout, accentue les inégalités.

La présence de nombreux jeunes avant les fêtes dans les manifestations contre la Loi Sécurité Globale, et à ce rendez-vous de rentrée dans plus de 80 villes en France, marque la continuité du mouvement pré-fêtes, et montre que la colère est présente, en particulier contre les violences policières, ce qui s’inscrit dans la continuité des mobilisations Black Lives Matter, en juin dernier.

À la manifestation de Bordeaux, on dénonce au micro une gestion scandaleuse de la crise sanitaire, qui n’est faite que par le biais de la matraque, impactant directement la jeunesse et les quartiers populaires. Par ailleurs, le dispositif policier est assez important, bien qu’il ne se soit pas montré pendant le cours de la manifestation, de nombreux camions de CRS attendaient le couvre-feu de 18H pour disperser les manifestants. De même, on dénonce la situation dans le monde de la culture, de plus en plus étouffé par la crise.

Dans l’article de SudOuest ou Rue89, il est décrit que les manifestants ne portaient, ce jour-là, pas de masques, et ne respectaient pas les gestes barrières. En effet, la détresse énorme dans la jeunesse s’est traduite par l’expression d’une “fête” en manifestation ce samedi dans plusieurs villes, comme le besoin pour la jeunesse de socialiser, qui en a marre des mesures restrictives du gouvernement, et qui, à cette occasion, s’est plutôt montrée indifférente au non-port du masque. Mais cette situation de précarité grandissante et d’étouffement de la jeunesse, ne peut pas justifier le non-port du masque, même s’il faut remarquer qu’il n’y avait pas de slogans ou mots-d’ordre anti-masques etc., car cela a tendance à banaliser l’épidémie.

Alors que nous sommes dans une recrudescence de celle-ci, il faut utiliser les moyens qui permettent de se protéger, bien que très rudimentaires pour la 5ème puissance mondiale, tout en dénonçant les aspects restrictifs et répressifs, comme le couvre-feu et le confinement sous contrôle des flics, qui ont montré leur inefficacité comme des méthodes moyenâgeuses. Mais au-delà de porter le masque et respecter les gestes qui peuvent freiner l’épidémie, il faut développer un programme, pour une gestion de la crise au service de la majorité de la population et de nos vies, à l’exact opposé que ce qu’est en train de faire le gouvernement qui priorise le sauvetage des profits du patronat : masques et tests massifs et gratuits pour tous et transparence totale de l’évolution de l’épidémie, investissements massifs en personnel et moyens pour les hôpitaux publics, centralisation du système de santé sous le contrôle des travailleurs de la santé et des usagers, abolition du secret commercial et à la concurrence/nationalisme pour le vaccin, nationalisation des grandes entreprises pharmaceutiques sous contrôle des salariés pour la recherche du vaccin, et une campagne de vaccination à la hauteur. Contre la gestion sanitaire catastrophique du gouvernement, et la culpabilisation individuelle qu’il prône alors que c’est lui le responsable, il faut porter un programme d’urgence alternatif, qui ne peut être imposé que par le rapport de forces dans la rue.

D’autre part, si on est à l’aune d’un potentiel nouveau confinement, le ras-le-bol contre le gouvernement et sa gestion catastrophique de la crise risque de nouveau d’exploser en ce début d’année 2021. Si cette journée de mobilisation samedi en France a marqué un retour dans la rue de plusieurs secteurs, notamment la jeunesse, il faut aujourd’hui un plan d’ensemble contre les offensives liberticides du gouvernement Macron, les vagues de licenciements, et la précarité grandissante. La manifestation de ce samedi, marquée par la présence de nombreux jeunes et notamment des secteurs de teufeurs qui y ont appelé, a montré une faiblesse en terme de revendications claires contre le gouvernement : si vouloir faire la fête, dénoncer les restrictions qui approfondissent la détresse dans la jeunesse, est juste, il faut aller plus loin, et refuser l’ensemble de l’offensive sécuritaire du gouvernement, qui aujourd’hui, main dans la main avec le patronat, cherche à faire payer les frais de la crise aux secteurs du monde du travail, de la jeunesse et des franges populaires. Nous devons le refuser, et pour cela, il faut construire un grand mouvement d’ensemble, en faisant coaguler la colère latente qui existe dans plusieurs secteurs, et porter un programme clair contre ces attaques, et une gestion sanitaire radicalement alternative à celle du gouvernement.

La crise a mis au grand jour les priorités d’un gouvernement, plus préoccupé de sauvegarder les profits des patrons que de nos vies : en ce sens, alors que plusieurs appels par secteur dans le mois de janvier ont été faits, comme le 20 prochain sur la précarité étudiante, il est plus que jamais nécessaire de préparer un plan de bataille à la hauteur, qui devra passer non pas par l’indignation individuelle, mais par une véritable organisation collective dans la rue, pour imposer un rapport de forces.

Si le 4 février une date interpro est appelée, elle reste encore loin, et floue en termes de revendications, et surtout démontre une attitude non seulement passive, mais même totalement absente, des directions syndicales. Pour que ce ne soit ni aux jeunes, ni aux travailleurs, ni aux secteurs populaires de payer les frais de la crise dont les capitalistes sont responsables, il ne faut pas se cantonner aux murs de chaque boîte, ou aux articles d’une loi, il faut construire un grand mouvement d’ensemble pour la riposte à toutes ces attaques !




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