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Notre classe

2 semaines de grève

Bordeaux. Victoire pour les travailleurs en grève de Cerexagri, fabriquant de produits phytosanitaires !

Après deux semaines de grève pour l’augmentation de leurs salaires et l’amélioration de leurs conditions de vie, les ouvriers de Cerexagri ont obtenu quelques unes de leurs revendications et mettent un terme à la grève. A l’usine, l’état d’esprit restait néanmoins combatif : voilà le visage d’un secteur de la classe ouvrière qui relève la tête contre le patronat !

jeudi 15 avril

Crédit photo : Révolution Permanente Bordeaux

La grève durait depuis le 26 mars sur le site de Cerexagri à Bassens. Cerexagri est une filiale du géant mondial UPL spécialisée dans la production de produits phytosanitaires, basée en Inde où le groupe exploite dans des conditions inhumaines les travailleurs et ainsi dégage plus de 63 000 000€ de profits en 2020 dont 7 millions pour Cerexagri.

Ils tenaient alors un piquet de grève, car le PDG Jean-Yves Pape est descendu du siège de Cergy, venu en personne aux négociations de la direction avec les représentants syndicaux pour tenter de trouver un terrain d’entente quant aux revendications des travailleurs.

Parmi ces revendications se trouvaient notamment l’augmentation des salaires, l’amélioration des conditions de travail et de sécurité dans la mesure où des tenues adéquates aux activités de l’usine classée Seveso ne sont même pas fournies. En effet, les ouvriers de Cerexagri travaillent le soufre - matière première dangereuse et inflammable - dans des conditions infernales au sein de l’usine. Pour cause, la direction outrepasse largement les conventions du secteur petro-chimique afin d’imposer son propre fonctionnement, dans l’intérêt de ses profits. Ces pratiques frauduleuses entraînent de lourdes conséquences pour les ouvriers qui, en un an, ont connu 8 accidents aux machines à cause des cadences, et pléthore de problèmes de santé, de brûlures dues au soufre, etc.

Depuis le début de la crise sanitaire, les ouvriers de Cerexagri ont continué de travailler, constituant ces travailleurs en première ligne et n’ont pourtant reçu aucune des primes qui leur avaient été promises. C’est l’ensemble de cette colère qui a fait émergé la grève dans le rang des travailleurs de Cerexagri, pour exiger à la direction ce qui leur revient de droit comme l’attribution de leurs primes mais également refuser de laisser la direction s’attaquer systématiquement à leurs droits : par conséquent en ressort la nécessité de s’organiser, par la grève et le combat contre leurs patrons, pour les arracher.

La filiale possède également des sites à Marseille et Mourenx où les travailleurs étaient également en grève jusqu’au 12 avril. Mais sur ces deux sites comme à Bassens, la grève a pris fin suite a l’obtention des revendications dans les négociations.

Mais la direction n’a pas cédé de bon cœur, au contraire leurs premières propositions dans les négociations étaient seulement d’augmenter les salaires de 8€ brut, puis de 20€… ces sommes dérisoires reflètent en général le mépris de la classe dominante et des capitalistes pour les travailleurs : car du côté de ses profits, Cerexagri a fait 7 millions de bénéfices sur le dos des travailleurs rien qu’en 2020. Voilà qui « met une claque à l’image du groupe ! » nous dit un travailleur sur le piquet.

Ces processus de grèves face à des grandes entreprises comme Cerexagri sont le combat des travailleurs qui relèvent la tête face à l’exploitation capitaliste et c’est par ces luttes que les travailleurs ont arraché leurs revendications à la direction, non par les négociations.

Ainsi, les travailleurs ont obtenu l’augmentation de leurs salaires par la remise à niveau des coefficients de la pétrochimie, des embauches qui ont augmenté de 1300€ net à 1480€ notamment. « Nous allons rester vigilants sur l’application de toutes ces avancées  » confie Nabil Assaini à Sud Ouest. De plus, les revendications n’ont pas toutes été satisfaites, comme par exemple l’embauche et la titularisation d’au moins 10 intérimaires. Pour arracher cette revendication, il faudra continuer le combat et pousser à l’organisation des travailleurs en défense de leurs propres intérêts, par la prise en main de leurs propres luttes contre le patronat et le classe capitaliste !




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