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Bordeaux en Luttes : la liste anticapitaliste présente son programme

La candidature menée par Philippe Poutou, ouvrier licencié de Ford, ancien candidat du NPA aux élections présidentielles et désormais candidat de la liste Bordeaux en Luttes à la mairie de Bordeaux, présente son programme incarnant une politique anticapitaliste. Plaçant la lutte au centre de sa démarche, la liste se veut le porte-voix des combats quotidiens sur le terrain électoral.

jeudi 5 mars

Crédits photo : Bordeaux en Luttes

Une liste de lutte contre Macron et le capitalisme

Alors qu’Edouard Philippe a annoncé il y a quelques jours le passage en force de la réforme des retraites avec le 49.3, les militants de la liste revendiquent la lutte comme moyen déterminant pour s’opposer aux politiques néo-libérales. « Nous participons toutes et tous aux grèves, aux manifestations et aux blocages contre la réforme des retraites », disait le texte d’accord initial de la campagne. Une manière de signifier que si les élections permettent de faire entendre une colère sur le terrain électoral, ce sont les luttes à venir qui resteront déterminantes.

La liste Bordeaux en Luttes est composée de travailleurs, militants politiques, associatifs, syndicalistes, gilets jaunes et membres du collectif Bordeaux débout. Soutenus par le NPA, le collectif Bordeaux Debout et la FI, ces militants tous engagés dans les luttes locales, présentent un programme, en toute indépendance de classe, qui s’affronte au système capitaliste et à ses institutions. Ils s’opposent à une mairie qui est historiquement de droite et répressive et qui défend bec et ongles, avec la complicité de la préfecture de la Gironde, les intérêts de la bourgeoisie bordelaise réactionnaire, connue pour avoir amassé sa fortune grâce aux colonies et à la traite négrière au XVIII siècle.

Au-delà des politiques néo-libérales menées localement et au niveau national, c’est le système capitaliste dans son ensemble « qui exploite la majeure partie de l’humanité et de la nature » qui est pointé du doigt. Ce ne sera pas une bonne majorité municipale qui pourra changer les choses, d’autant plus dans un contexte où les collectivités locales sont forcées toujours plus d’administrer l’austérité. Néanmoins, les figures politiques locales ont leur part de responsabilité dans l’ensemble des politiques contre les ouvriers et les classes populaires, à l’image de la politique de gentrification menée par la droite depuis plusieurs années, ou encore des subventions faramineuses données par les collectivités à l’usine Ford Blanquefort où travaillait Poutou, avant sa récente fermeture.

Pour une municipalité en soutien aux luttes ouvrières et populaires

La liste Bordeaux en Luttes dénonce un pouvoir accaparé par la bourgeoisie. Loin d’être une simple formule, ce constat part des politiques menées localement sur la ville et l’agglomération par les élus successifs, qui défendent tous le même camp social. La politique de métropolisation signifie d’allouer l’argent des collectivités au service des plus riches et des grandes entreprises, à travers les politiques de gentrification qui consistent à exclure les classes populaires toujours plus loin du centre, et à créer des conditions favorables pour les grandes entreprises.

Les militants de Bordeaux en Luttes veulent inverser les rôles et mettre la municipalité au service des luttes ouvrières et populaires. La suppression des aides publiques aux multinationales, mais aussi l’expropriation sans indemnisation des entreprises qui licencient, dans l’objectif de mettre l’outil de travail sous contrôle démocratique des salariés, sont autant de mesures qui visent à empêcher les entreprises de faire payer aux travailleurs les frais de leur système capitaliste, basé intrinsèquement sur le profit. La mairie s’engage à subventionner les travailleurs ayant repris leur outil de travail. Pour la liste anticapitaliste, la mairie doit transformer Bordeaux en "une ville qui aide les salariées en lutte". C’est pour cela qu’elle s’engage à soutenir les salariés victimes de violences patronales.

Pour la réquisition des logements vides, et pour des services publics gratuits

Le logement, la santé et le social sont un point essentiel du programme, dans une ville où le taux de chômage est de 8% et où des entreprises comme Ford Blanquefort, dans laquelle travaillait Philippe Poutou, licencient à tout va, avec la complicité des institutions locales. La spéculation immobilière fait grimper les prix des logements, accélérant ainsi la politique de gentrification ; l’accès au centre-ville pour les salariés, étudiants et ménages modestes devient quasiment impossible. Les services publics et les entreprises d’État continuent à subir les politiques austéritaires, de casse du service public et de délégations des services à des tiers prestataires.

Pour lutter contre la pénurie de logements, Bordeaux en Luttes avance la revendication d’un logement digne pour tou.te.s en mettant les bâtiments publics inutilisés au services des personnes sans-abris, mal logées, mais aussi des milliers d’étudiants qui peinent à trouver un logement pour poursuivre leurs études. Dans une ville où 11.000 logements sont vides, la réquisition des logements vacants détenus par les grands propriétaires fonciers et l’encadrement des loyers (indexés sur le revenu) seront des mesures qui visent à ce que plus une seule personne ne dorme à la rue sur la ville de Bordeaux.

Une écologie anticapitaliste

Contre toute logique punitiviste et surtout contre la logique droitière de faire payer la crise écologique aux travailleurs, Bordeaux en Luttes propose une écologie anticapitaliste en opposition aux politiques de capitalisme vert, en étant conscients que la sauvegarde de notre planète devra aller au-delà des luttes écologiques, mais passera par la remise en cause du système capitaliste, cause principal des désastres environnementaux qui dévastent notre planète.

La gratuité des transports collectifs n’est pas juste une mesure sociale, elle est aussi une mesure écologique, pour limiter l’émission des particules, réduire la consommation de carburant et réduire l’utilisation de la voiture. Le réseau de transports de la métropole et le stationnement passera sous régie publique pour empêcher l’enrichissement de sociétés privées, le réseau sera développé dans les zones industrielles et non touristiques. Les parkings relais deviendront gratuits, les parkings vélos et les Vcub publics seront en livre service et développés.

Pour lutter contre les pollutions et préservation des ressources, la gestion de l’eau sera basculée sous régie publique, un volume gratuit de consommation par habitant sera instauré correspondant aux besoins quotidiens. En revanche les gaspillages à grande échelle, dont l’industrie est notamment responsable, seront lourdement taxés. L’usage des pesticides de synthèse sera interdit à fin de protéger les salariées travaillant dans la vigne et les populations habitant aux alentours. Les permis de construire seront refusés pour les grandes surfaces et les grands projets immobiliers, pour éviter l’artificialisation des sols et la spéculation. Les paquebots de croisière utilisant du carburant hautement polluant seront interdits d’amarrage.

Contre une fausse démocratie accaparée par la bourgeoisie

La bataille contre les politiques au service de la bourgeoisie passe aussi sur le terrain démocratique. La liste Bordeaux en Luttes veut dénoncer la fausse démocratie et instaurer un véritable contrôle des élus. Cela commence par la possibilité de révoquer les élus en cours de mandat, mais aussi par la limitation de toutes les indemnités perçues par le maire et ses adjoints pour empêcher autant le cumul de mandats que l’enrichissement personnel des élus à la mairie de Bordeaux.

Ces aspirations démocratiques ont notamment été mises au premier plan par la révolte des Gilets jaunes, pendant laquelle a fleuri notamment la revendication du RIC ou RIC CARL. Si nous avons intégré cette revendication dans le programme de Bordeaux En Luttes, nous sommes cependant conscients que cette mesure ne permettra pas à elle-seule d’offrir une réponse suffisante aux aspirations des plus progressistes à plus de démocratie exigée samedi après samedi par les Gilets jaunes. C’est ce qu’illustre notamment la séquence actuelle où Macron n’a pas hésité à user de l’article 49.3 dans une Assemblée Nationale où il détient les pleins pouvoir pour imposer contre la majorité de la population sa réforme des retraites. Pour répondre à ces aspirations démocratiques, il nous faut plus largement remettre en question cette séparation entre le pouvoir législatif et exécutif, ou encore les institutions de la Vème République, ces institutions qui fondent le monopole du pouvoir politique de ceux qui nous dirigent au service du grand patronat.

La lutte contre ce système au service des plus riches passe aussi par la mobilisation contre la répression policière et les violences d’État, et la démocratie de la matraque mise en place par Macron et appuyée par les pouvoirs locaux. En ce sens, Bordeaux en Luttes propose la création d’une commission d’enquête indépendante sur la répression policière lors des manifestations Gilets jaunes, pour faire éclater la vérité à toutes les échelles gouvernementales, face à l’impunité organisé par l’IGPN et la justice de classe. À l’encontre des politiques répressives et sécuritaires la liste, s’engage comme premières mesures à démanteler le réseau de vidéosurveillance et à mettre fin à l’armement de la police municipale.

Contre le racisme, le sexisme et les LGBTIphobies, pour la liberté de circulation et d’installation de tous les migrants

Si la mairie de Bordeaux cherche par des mesures cosmétiques à se faire le héraut de la lutte contre les discriminations, sa politique est en réalité hostile aux populations opprimées. Cela a été particulièrement visible l’été dernier lorsque, en accord avec la préfecture, celle-ci a fait évacuer des centaines de squats où vivaient des réfugiés, ne leur laissant d’autre solution que de dormir dans la rue ou d’être expulsés. Face à cette situation, Bordeaux en Luttes revendique la libre circulation et installation de tous les migrants, comme mesure primordiale pour accueillir les victimes des guerres impérialistes menées par le gouvernement français et ses alliées au Moyen-Orient. C’est une mesure d’urgence minimum face à la politique criminelle organisée par l’Union Européenne aux portes de l’Europe, comme récemment avec les garde-frontières grecs qui ont violemment attaqué des migrants qui tentaient de gagner le continent depuis la Turquie.

La lutte contre les oppressions racistes et patriarcales est indissociables de la lutte contre le système capitaliste. Bordeaux en Luttes sera le porte-voix de la lutte contre toutes les oppressions et s’engagera à faire de Bordeaux une ville contre toutes les discriminations. Comme mesure d’urgence, notre mairie s’engagera à débloquer les moyens financiers et matériels nécessaires pour renforcer les structures qui défendent les victimes des violences sexistes, racistes et LGBTIphobes.

La culture, l’éducation et l’émancipation, sont enfin des atouts primordiaux pour que la jeunesse puisse trouver une place dans la société ; contre les coupes budgétaires dans l’éducation mais aussi la culture, la liste anticapitaliste propose des « maisons de la culture de tous », autogérées par les acteurs de la vie sociale du quartier et au service des travailleurs et secteurs populaires de la société.

La liste soutiendra les projets et les développements des lieux alternatifs et marginaux de vie nocturne. Pour que Bordeaux retrouve sa place comme une ville vivante et créatrice. En inversant les logiques répressives et normatives actuelles, ces initiatives seront soutenues pour que ces lieux puissent accueillir et héberger des animations et spectacles en toute sécurité.

Le 15 mars, voter et faire voter Philippe Poutou et Bordeaux en Luttes

Voici les « grands axes » du programme de Bordeaux en Luttes ; notre liste s’engage à se maintenir au second tour si elle arrivait à franchir la première étape. Si ce n’est pas le cas, Bordeaux en Luttes ne donnera pas de consignes de vote, notre liste étant incompatible avec la démarche des autres candidats bourgeois qui seront présents au second tour. Nous vous invitons à voter et à faire voter Bordeaux en Luttes lors des prochaines élections municipales, le 15 mars prochain, pour faire entendre la voix de la révolte et la colère sociale au sein du conseil municipal bordelais, la voix de ceux qui payent cher la crise, parce nos vies valent plus que leurs profits. Cela sera un point d’appui pour les luttes à venir contre Macron et le système capitaliste.




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