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Monde

Violences policières

Brésil. Après le meurtre de George Floyd, des manifestations anti-racistes réprimées

Les mobilisations aux Etats-Unis ont fait écho à la violence subie par les populations noires et précaires au Brésil. En mai, c’est un jeune de 14 ans qui est mort sous les tirs de la police. Des manifestants anti-bolsonaro ce sont donc rassemblés dans tout le pays pour protester contre les violences policières et le racisme d’Etat. Des mobilisations très violemment réprimée par la police.

mardi 2 juin

Crédit photo : Esquerda Diario

Au Brésil comme aux États-Unis, la polarisation sociale est accentuée à l’aune de la crise. La situation a dévoilé les inégalités très importantes qui structurent le pays. Le nombre de mort lié au coronavirus continue d’augmenter et les premiers touchés sont les habitants des favelas et les travailleurs précaires obligés de continuer leurs activités. Dans certains États comme celui de Sao Paulo les morts sont enterrés à la verticale pour faire de la place dans les cimetières et depuis le début la seule réponse à la détresse des plus pauvres est la répression.

Mi-mai, un jeune noir de 14 ans, Joao Pedro est mort sous les tirs de la police, alors qu’il jouait avec ses cousins dans l’État de Rio. Une figure qui rappelle celle de George Floyd et de toutes les victimes des crimes policiers au Brésil. Après les soulèvement aux États-Unis, le mouvement anti-raciste et anti-bolsonariste a repris des forces et d’importantes manifestations ont eu lieu à Rio ou Sao Paulo.

A Rio de Janeiro c’est donc un rassemblement sous le slogan « Vidas Negras Importam » ou « Black Lives Matter » qui a été organisé. Alors que les meurtres de jeunes noirs par la police se multiplient et que la précarisation des travailleurs continue, des manifestants ont dit stop ce dimanche.

A Curitiba, la nuit dernière des milliers de manifestants se sont rassemblés pour dire stop à la politique de Bolsonaro et à sa gestion de la crise sanitaire. Les manifestants chantaient « Dehors Bolsonaro » ou « les fascistes ne passeront pas » pour dire leur colère. Au Brésil, des milliers de morts sont à déplorer et principalement chez les plus pauvres et la seule réponse offerte c’est la possibilité de régimes toujours plus dictatoriaux.

A Sao Paulo, des heurts ont éclatés entre manifestants pro et anti Bolsonaro. Un rassemblement anti-fascite a ainsi été attaqué par des militants en faveur du président. Une démonstration importante de l’état de polarisation sociale dans le pays.

Des rassemblements très réprimés, alors que Jair Bolsonaro est de plus en plus faible. Lui qui avait participé lui-même à des mobilisations pro-militaires et anti-confinement, a envoyé la police pour réprimer durement ses opposants. Des embryons de lutte et un regain de combativité dans l’avant-garde après les événements aux Etats-Unis. L’espoir d’un possible retour de la lutte autour de cette question si brûlante au Brésil semble possible alors que de nouvelles manifestations doivent avoir lieu dimanche prochain.




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