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Brésil. Plus de 4000 ouvriers de General Motors en grève contre les attaques de leur direction

Après une longue période de crise d'approvisionnement et de demande dans le secteur automobile, plus de 29 usines General Motors sont en arrêt de production. Alors que l'entreprise, qui avait bénéficie de subventions de la part du gouvernement, a appliqué des plans de départs volontaires, les travailleurs ont répondu par des milliers qu’ils ne paieraient pas le prix de la crise.

mercredi 6 octobre

Plus de 4000 travailleurs du site de General Motors à Sao Caetano do Sul, dans la traditionnelle région industrielle de l’État de Sao Paulo, sont en grève depuis le 1er octobre. Face à l’importante crise économique au Brésil, les travailleurs ont répondu par une grève illimitée. En effet, les travailleurs et travailleuses du secteur ont été parmi les principales victimes de la crise liée à la pandémie. Ainsi, le secteur automobile a traversé des fermetures et délocalisations d’usines, des arrêts de production dus à la pénurie des pièces, notamment les semi-conducteurs, et la demande en baisse. La goutte de trop a été un énième refus de la part de la direction de leur demande concernant notamment l’augmentation salariale de 5 % et l’indexation salariale de l’inflation, entre autres revendications.

Avec un bilan de 600 mille morts dû à la pandémie, le pays est également enfoncé dans une crise économique, avec une inflation qui va crescendo et un taux de chômage qui a déjà dépassé 14 % dans le premier trimestre de 2021. L’état d’extrême insécurité alimentaire à laquelle ont été livrés 19 millions des Brésiliens a fait la une des journaux, dans lesquels on pouvait voir des photos des personnes accroupies devant des restes de carcasses à l’arrière d’un camion. En ce sens, la grève des milliers des travailleurs de General Motors peut être un point d’appui pour la classe ouvrière dans le scénario brésilien pour penser une réponse de fond à la crise.

Alors que la multinationale américaine a fait un bénéfice de 6,4 milliards de dollars en 2020, elle aurait déjà menacé de fermer ses portes au Brésil en 2019 en contrepartie des subventions faramineuses et récemment, avec l’appui des politiques gouvernementales visant à réduire les salaires et déresponsabiliser les patrons du paiement intégral du salaire de leurs salariés pendant la pandémie, comme la suspension temporaire du travail, mesure très répandue les derniers mois dans l’industrie automobile.

La grève comme réponse aux contre-propositions économiques de la multinationale, qui ne répondent aucunement aux revendications des travailleurs, montre le chemin non seulement contre la misère généralisée et l’inflation au Brésil, mais aussi contre toutes les contre-réformes du gouvernement de Bolsonaro. Une voie d’indépendance de classe face à l’opposition bourgeoise au président brésilien. Une nécessité urgente pour les travailleurs et exploités pour ne pas tomber dans le piège de courants politiques des capitalistes.




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