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Monde

Brésil : un Carrefour dissimule le cadavre d’un employé sous des parapluies et laisse ses portes ouvertes

Vendredi 14 août un employé du Carrefour à Recife, au nord-est du Brésil, meurt d’une crise cardiaque. Alors que le cadavre gît encore au sol, le magasin ouvre ses portes plutôt que d’attendre l’évacuation du corps, qui a alors été couvert de simples parapluies pendant que des clients déambulaient. Une course aux profits honteuse qui atteint ici une violence morbide.

vendredi 21 août

Ce mercredi, le scandale explose sur les réseaux sociaux. En effet l’enseigne Carrefour fait parler d’elle au Brésil pour des raisons particulièrement infâmes.
Vendredi 14 août, dans un magasin Carrefour à Recife (au nord-est du Brésil), un employé de 54 ans meurt soudainement d’une crise cardiaque et s’écroule dans les rayons du magasin. Ce matin là, plutôt que de fermer immédiatement les portes du Carrefour, les employés avaient apparemment pour consigne de ne pas déplacer le corps, pour une raison d’ailleurs inconnue -alors même qu’une assistance médicale était venue et que l’homme avait reçu des premiers secours. Ainsi, les collègues de l’homme décédé ont déployé des parasols pour recouvrir et cacher le cadavre gisant sur le sol du magasin, pour permettre l’ouverture du magasin. Voilà alors une matinée absurde, où de 7h30 à 11h du matin, les clients pouvaient faire leurs courses autour du cadavre de M. Moisés Santos.

Morbide course aux profits

L’enseigne a reconnu les faits dans un communiqué, mercredi 19 août. "Carrefour présente ses excuses pour la forme inadéquate avec laquelle elle a traité le décès triste et inattendu de M. Moisés Santos, victime d’une crise cardiaque, dans le magasin de Recife (Pernambouc). L’entreprise a eu tort de ne pas fermer le magasin immédiatement après les faits, dans l’attente du service funéraire", a écrit la filiale locale du groupe français dans un communiqué.

Mais aucune excuse ne pourra pardonner cette immonde décision, qui fait passer le profit avant tout, quitte à faire des choix morbides. Si la violence du capitalisme n’est pas nouvelle, elle atteint des sommets particulièrement ahurissant depuis la crise sanitaire, qui a engrangé de confinements à travers le monde et donc une crise économique d’ampleur. Pour pallier aux manques de bénéfices dû à un arrêt partiel de l’activité, les différentes grandes entreprises sont dans une course aux profits plus effrénée que jamais : il faut faire rentrer de l’argent et chaque jour, chaque matinée compte. Ici, obsédée par le fait de rester ouvert pour ne pas perdre quelques sous, ce Carrefour semble avoir oublié la vision choquante et bouleversante qu’est un cadavre gisant sur le sol. Pour les clients venant faire leurs courses tranquillement, pour les collègues de cet homme, forcés de recouvrir son corps et de travailler à coté, et pour la famille du défunt, pour qui ce manque de dignité et de respect est intolérable.

Cette crise économique en germe va produire de plus en plus événements horribles comme celui-ci. Entre des licenciements massifs, avec des motifs de plus en plus nombreux, des conditions de travail de plus en plus précaires, avec la perte de certains acquis sociaux, une précarisation qui se fait déjà voir à travers le monde depuis le confinement. Pour soi-disant « sauver l’économie », voilà de quoi est capable le capitalisme, ouvrir un magasin dans lequel se trouve un employé mort.
Nous condamnons fermement cette atrocité. Il est temps que face à cette crise économique, les travailleurs relèvent la tête et prennent conscience de leur pouvoir. Que ça soit dans l’aéronautique, dans l’agro-alimentaire, la vente, ou autres, chaque secteur doit se coordonner entre eux et avec les autres, dans le but d’instaurer un rapport de force avec le patronat, pour que ça soit à eux de payer cette crise.




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