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Brexit : la question de la frontière irlandaise ouvre une crise dans le parlement britannique

Suite à des longues et tendues négociations le vote sur l’accord a été suspendu à la dernière minute par la première ministre dans le parlement britannique, le sort de la frontière irlandaise est un point clef des discussions, une sortie de l’UE rétablirait des frontières physiques d’un coté et de l’autre de la frontière et donc une « inspection » des produits provenant du Royaume Uni.

samedi 15 décembre 2018

C’est à ce sujet que la première ministre britannique Theresa May a rencontré jeudi dernier dans un sommet exceptionnel à Bruxeles, les vingt sept membres de l’union, pour demander une renégociation de l’accord de sortie. Mais Jean Claude Juncker le président de la commission européenne, a affirmé qu’une renégociation de l’accord n’était pas possible et que seulement une clarification de l’accord pouvait être effectuée.

Selon la première ministre britannique le principal obstacle à l’accord c’est l’existence d’un « backstop » pour éviter le retour à une frontière physique entre la république d’Irlande et l’Irlande du nord. Un compromis clef pour le processus de paix irlandais. L’accord de paix du Vendredi Saint signé en 1998 à mis fin à trois décennies d’affrontements dans la région. Cet accord efface une frontière physique dans l’ile divisée entre la république d’Irlande et l’Irlande du nord qui appartient au royaume uni.
S’il n’y a pas de consensus et d’autres solutions alternatives ne sont pas trouvées pour éviter la frontière entre la république d’Irlande et l’Irlande du nord, le Royaume Uni devrait rester dans une union douanière avec l’Union Européenne.

Mais cette possibilité est inacceptable pour le camp de Theresa May, les conservateurs les plus déterminés veulent carrément une suppression du « backstop », une motion de censure à été déposé contre le gouvernement May à laquelle la première ministre à survécu par 200 votes contre et 117 pour.

L’ancien premier ministre Tony Blair souhaite pour un nouveau referendum sur la sortie de l’union européenne, tandis que la commission européenne se prépare déjà pour un Brexit sans accord.

La crise ouverte par le processus de sorti de l’UE du Royaume Uni laisse entrevoir quatre possibilités à court terme, la première et plus probable au vu de l’attitude de la commission européenne serait un brexit sans accord, et si la première ministre n’arrive pas à négocier un accord qui puisse satisfaire la majorité du parlement. Le manque d’accord obligerait aux deux Etats à établir des contrôles migratoires et des nouvelles taxes et barrières douanières auxquelles une grande partie des acteurs du Brexit ne sont pas préparés.
La deuxième option serait celle d’un nouveau referendum, appelé par le gouvernement mais pour cela il faudrait déjà que l’UE puisse faire une extension du délai de sortie du Royaume Uni, fixé pour le 29 mars 2019.
La troisième option qui en ce moment, elle prend de plus en plus de force serait finalement un no-Brexit. Car le tribunal de justice européenne a déclaré se lundi qu’un pays peut arrêter son processus de sortie unilatéralement sans le consentement des autres membres de l’union mais avant la fin du processus.
Enfin la quatrième option serait d’appeler à une nouvelle élection générale anticipée, mais pour cela d’une part deux tiers des députés devraient appuyer la manœuvre et deuxièmement l’UE devrait comme dans le cas précédent faire une extension du délai de sortie.

La crise déclenchée au sein du parlement Britannique laisse entre voir les contradictions internes au Royaume Uni où une sortie à la crise par le Brexit n’est pas satisfaisante pour la city et le capital financier Anglo-saxon, mais un retour en arrière pourrait approfondir la crise au sein de gouvernement britannique. Peu importe l’issue de cette crise, c’est sur le dos des travailleurs du Royaume Uni que les capitalistes puiseront pour surmonter leur crise.

L’UE machine de guerre du capital financier européen s’effrite par elle même, rongé par des contradictions intrinsèques pays qui l’intègrent, mais aussi par les contradictions des projets stratégiques divergents entre les Etats nations européens. Notre feuille de route c’est de lutter non pas par une sortie de l’union européenne, ni une dissolution, mais plutôt pour une issue progressive, et donc pour que les travailleurs puissent mettre leur programme en avant.

Crédit photo : Alastair Grant / AFP




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