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Président des riches

Budget 2020, les 15 % de ménages les plus pauvres le seront encore plus en 2020

D’après l’étude de l’OFCE, les mesures socio-fiscales prises entre 2018 et 2020 font que les 5 % des ménages les plus pauvres ont vu leur niveau de vie baisser de 240 euros tandis que les 5 % les plus riches ont vu le leur augmenter de 2905 euros.

jeudi 6 février

L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) a sorti son rapport intitulé « Budget 2020, du pouvoir d’achat au travail ». Il est question d’analyser les effets des mesures socio-fiscales prises par le gouvernement Macron depuis le début du quinquennat. Sans surprise, le rapport montre que depuis 2017, Macron est bien le président des riches, et que ses réformes paupérisent toujours les plus pauvres.

Cela aurait pourtant pu bien commencer pour Macron, car l’étude dit que « près de 70% des ménages » vont bénéficier des mesures du budget 2020. Mais, rapidement, les limites apparaissent.

« Les 15 % de ménages les plus modestes verront en moyenne leur niveau de vie amputé ». Ils payent directement les réformes des allocations logement et chômage, et la hausse du prix du tabac. D’après l’étude, « 5 % des ménages les plus modestes verraient leur revenu disponible diminuer en moyenne de 45 euros par an (- 0,4 %) ».

Mais « Plus globalement, les ménages appartenant au 20 % les plus modestes, c’est-à-dire ceux ayant un niveau de vie inférieur à 1 315 euros par mois et par unité de consommation (soit 2 370 euros par mois pour un couple avec 1 enfant), devraient perdre en moyenne à la mise en place des mesures du budget 2020, sous l’effet principalement de la baisse des allocations logement ».

Infographie Libération

Quand on parle en termes d’euros, c’est encore plus clair. 5% des ménages les plus pauvres ont vu leur niveau de vie baisser de 240 euros par an. Les 5% les plus riches on dû voir au total leurs revenus grimper de 2 905 euros par an depuis 2018. D’après l’étude, « Sur les 17 milliards d’euros distribués aux ménages depuis le début du quinquennat, plus du quart (environ 4,5 milliards d’euros) l’ont été aux 5% de ménages les plus aisés ».

Le constat est sans appel. Au point que Bercy a tenu à organiser une contre-conférence pour contester les conclusions de l’OFCE. Malgré tout, le ministère de l’Économie et des Finances est d’accord sur l’impact sur les chômeurs ; car d’après eux, c’est le seul moyen de remettre les chômeurs au boulot. « Le travail paie davantage. 40% des chômeurs sont des personnes pauvres, les plus modestes sont bien les premiers bénéficiaires des créations d’emploi et de la baisse du chômage. C’est la meilleure façon de lutter contre la pauvreté ».

Une logique particulièrement représentative du gouvernement Macron. Rendre les pauvres encore plus pauvres les poussera à accepter n’importe quel travail, et permet de les maintenir dans la précarité. Le patronat, fort des Lois Travail, peut surexploiter cette main d’œuvre aux abois. La réforme des retraites va venir accentuer cette tendance à la paupérisation des plus pauvres. Après un an et deux mois de Gilets Jaunes, plus deux mois de mobilisation contre la contre-réforme des retraites, il est plus que temps de renforcer la mobilisation pour en finir avec Macron et son monde.




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